vendredi 2 mai 2008

Au nom des hommes

Le meilleur service à rendre à la cause israélienne n'est certainement pas de défendre le nationalisme le plus viscéral et de plaider de manière inconditionnelle pour le Grand Israël. La disparition de facto des Palestiniens serait la pire catastrophe à laquelle serait confrontée l'Etat d'Israël. Elle annoncerait conjointement sa disparition imminente. De manière générale, ce raisonnement mérite d'être étendu au sionisme et au judaïsme. Le meilleurs service à rendre à ces mouvements, cultures et/ou religions est de plaider pour la modération, soit pour le droit à la critique les concernant. Refuser les partis extrémistes et exaltés. Refuser les justifications morales et l'appel au Bien.
C'est dire que tous les partis extrémistes qui s'autoproclameraient défenseurs des Juifs, des sionistes ou des Israéliens sont leurs pires ennemis objectifs. Ce dont ces groupes ont besoin, c'est de vérité, de nuance et de refus de l'amalgame, pas de refus de la critique. Le jour où la critique est déniée au nom d'accusations graves comme l'antisémitisme ou l'intolérance, ce jour maudit, le refus de l'accusation signale que l'on soustraie arbitrairement certaines actions à la critique au nom de leur positivité inconditionnelle. Il s'agit d'un amalgame odieux et criminel, par lequel le refus de la critique signifie la disparition de ces mouvements de la communauté humaine.
En effet, tout ce qui appartient à l'humanité se soumet du même coup à la possibilité de la critique, en vertu du fait irréfutable selon lequel tout ce qui est humain relève de la partie et non du tout. Se substituer à la partie, c'est ainsi se réclamer d'un fondement ou d'une unité qui sont invoquées parfois au nom de Dieu (argument religieux), mais qui ne sont jamais concevables d'un point de vue humain.
D'un point de vue humain, toute action humaine est critiquable parce qu'elle est humaine et finie. Refuser de se soumettre à la critique est de mauvaise augure pour la conception humaine incriminée. Soit c'est de la démesure, sur le mode : l'homme dépasse l'homme et tutoie le divin, et l'on sait ce qui attend les démesurés pour l'âme antique (le châtiment est terrible); soit c'est la revendication implicite selon laquelle la victime du sacrifice a droit à tous les égards avant son châtiment.
Dans tous les cas, le rôle de la critique est d'intégrer les critiqués au champ de la communauté humaine et revient à refuser des conceptions, qui pour être certes glorieuses, puisque ressortissant du statut du divin (mais oui : la victime est bel et bien divinisée avant son châtiment!), n'en sont pas moins particulièrement destructrices et génératrices de souffrances : les conceptions de l'amalgame et de la confusion entre la partie et le tout.

Economiquement incorrect

Le politiquement correct n'a pas fait son irruption dans nos sociétés médiatiques et technologiques de manière inopinée et inexplicable. Au contraire, il s'explique très bien par la conception ontologique qui émane de la Raison et de la modernité. Car estimer qu'on est en mesure de définir le politiquement correct, c'est sous-entendre du même coup que l'homme maîtrise ce qui est correct et ce qui ne l'est pas.
On retombe dans la conception du donné hyperrationnel, dans lequel tous les éléments sont définis et chaque élément fini et défini se trouve à sa place. Cette conception particulièrement connotée se redouble d'une autre conception qui est tout aussi inquiétante et caricaturale. Lorsque l'on use de l'appellation de politiquement correct, on ne sous-entend pas seulement que le jugement humain maîtrise ce qui est correct et ce qui en l'est pas.
Il s'agit aussi d'affronter l'idée que la correction est de nature politique. Car le politique classique signale justement l'effort pour intégrer le donné humain dans le cosmos. Comment intégrer la partie au tout? Comment lier le fini et l'absolu? C'est le rôle du politique que de servir de courroie de transmission entre les aspirations religieuses à l'absolu et la condition de finitude dans laquelle se trouve tout homme.
Mais cette acception classique du politique laisse place à une acception mutante comprise dans le politiquement correct. La différence entre la norme classique et la norme que soumet le politiquement correct, c'est que cette dernière norme se révèle clairement mutante. Dans le premier cas, il s'agissait de lier la correction avec l'absolu. La norme était certes peu fluctuante, mais elle pouvait évoluer, puisque le fin était liée à l'absolu.
Dans le second cas, la mutation veut que al norme n'ait pas besoin d'évolution, puisqu'elle se trouve donnée une bonne fois pour toutes. Le politiquement correct implique une déclaration de guerre de la Raison au changement et à la critique. Si tout est donné, pourquoi changer? Effectivement. Malheureusement, il faut constater que cette conception n'est pas seulement le refus moraliste de la critique et la révélation des normes étriquées de notre liberté moderne. Elle signale aussi la mutation sidérante du politique au nom de la Raison.
Le politique qui est donné une bonne fois pour toutes n'est précisément pas du politique. Ce politique n'est plus lié au religieux, qui se trouve être une aberration de la Raison. Si tout est donné, c'est que la valeur suprême qui régente les valeurs n'est autre que la valeur suprême des échanges et du fini, je pense à l'économique.
Quelle hypocrisie que cette appellation de politiquement correct! Pas étonnant qu'elle débouche sur l'hypocrisie stigmatisée des moeurs et des normes! Car il faudrait dire en fait : économiquement correct. Le politique n'est jamais que l'actualisation de la mutation dans laquelle l'économique est devenu la valeur référentielle suprême. Le politique n'est jamais que le faire-valoir de l'économique et n'a plus beaucoup d'intérêt : si tout est donné, le politique ne fait que valider cette nécessité.
L'expression politiquement correct signale surtout la nouvelle donne dans laquelle le politique n'est correct que parce qu'il est subordonné aux échanges économiques. Il reste à noter que cette normativisation des rapports humains concerne précisément l'interindividuel, soit dénote la valorisation croissante et majeure de l'individu comme norme et fondement. Dans le politiques classique, c'est le groupe qui vaut et prévaut. L'individu seul est condamné à la folie et à la disparition.
Il faut la grande dépréciation de cette conception classique pour que l'individu surgisse ainsi en toile de fond, en tant que valeur fondamentale et essentielle. Non que l'économique promeuve l'individu en tant qu'individu, mais que l'individu soit le siège de la Raison et qu'à cet égard il soit le seul réceptacle digne de représenter la mutation hyperrationnelle. Qu'arrivera-t-il le jour où l'individu sera décrété fondement du réel? Le politiquement correct signalera ce jour que le fondement de l'objectivité est trouvé et qu'il ne reste plus qu'à se conformer à ses volontés - économiques. Je crois bien que ce jour maudit est arrivé et qu'il faut en accepter les conséquences désastreuses : en effet, le politiquement correct annonce l'effondrement systémique prochain.

C'est un scandale!

Que signifie le refus de la critique? Qu'est-ce que le scandale? Le scandale tient précisément au fait de réfuter la critique au nom de son caractère inacceptable. Mais pourquoi se scandalise-t-on? Pourquoi refuse-t-on le principe de la critique - dans certains cas ou dans tous les cas? Bien entendu, il arrive que le scandale et le refus de la critique découlent de la mauvaise foi, mais je ne pense pas que cette acception soit la plus courante.
Au contraire, je pense que la bonne foi des scandalisés est le plus souvent évidente. Elle part à mon avis d'une position assez simple à énoncer : on se scandalise quand le statut de la partie est nié pour lui imputer le statut de l'universel, mais pas de l'universel noble et positif. De l'universel en tant qu'incarnation du Mal après séparation unilatérale.
Autrement dit, le mécanisme de l'amalgame est scandaleux parce qu'il impute à toute partie un statut qui ne saurait être le sien, le statut d'universel hallucinatoire et impossible. J'appellerai désormais universel impossible cette curieuse manière de faire coïncider la partie avec le tout le plus manichéen et contradictoire, un tout qui serait en même temps seulement la moitié du tout et qui obéirait à une logique de séparation simpliste.
Autrement dit encore, on se scandalise à juste titre de l'universalisation de la partie. C'est le piège par excellence que celui par lequel on prétend expliquer l'inexplicable : l'existence de la partie et du tout, de la singularité face à l'unité. Universaliser la partie c'est ainsi nécessairement la réduire à la seule essentialisation à laquelle puisse tendre une partie, soit l'universalisation après séparation.
Car l'universalisation vient de la partie et la partie, du fait de son statut de finitude, coupe ou clive le monde en deux : entre elle et le reste du monde. La partie reproduit la coupure ontologique dans sa représentation. Rien de surprenant à ce que le scandale porte sur l'assimilation de la partie et du tout. C'est effectivement le sacrilège en tant que sacrilège, car l'assimilation de la partie et du tout revient à l'assimilation de la créature au dieu.
Mais il importe de constater que l'amalgame de la partie et du tout désigne tout aussi bien l'amalgame classique que le refus de la critique (amalgame renversé). Refuser la critique, c'est soustraire la condition de la partie à la finitude. Critiquer, au sens de juger et d'évaluer, c'est opérer l'opération de séparation propre au rapport partie/tout.
C'est dire que l'unité que pose le concept d'unité ou l'idée de Dieu (unité entre toutes les parties du réel) n'est pas identique à l'unité induite par l'universel impossible. Autrement dit, l'universel impossible se présente comme l'unité qui nie le principe de séparation, quand l'unité serait ce qui unirait en respectant le caractère omniprésent de la séparation. Amalgamer, c'est bel et bien croire que le fondement est trouvé, ce qui signifie aussi que l'unité existe indépendamment de toute séparation. Ou encore : une fois la séparation radicale et manichéenne posée.
On comprend le scandale : énoncer que l'unité existe et fait fi de la séparation après séparation radicale et unique. On se scandalise de l'erreur qui consiste à croire au mythe de l'unité, comme si les partie pouvaient se regrouper sous une unité ainsi homogène. C'est bien entendu faux et cela renvoie du réel une conception aussi utopique que dangereuse : la possibilité après séparation de distinguer entre le Bien et le Mal.
Mais c'est aussi le signe de la proximité entre l'erreur et la vérité : il est certain que la représentation illusoire de l'amalgame n'opère aussi facilement que parce qu'elle est fort proche du réel. Son erreur consiste à croire dans l'unité et à abolir la séparation, en la pratiquant une bonne fois et radicalement. Or il est impossible d'abolir la séparation et surtout il est fallacieux de représenter l'unité du point de vue de la partie. En effet, l'unité du point de vue de la partie est une unité qui abolit la séparation et qui résout le principal problème de la partie coupée du tout : restaurer cette relation aussi nécessaire que conflictuelle.
La véritable unité est celle qui tient compte de la séparation comme le donné irréfragable du réel, qui loin de nier l'unité ne fait que l'instaurer et la renforcer. Mais cette unité qui tient compte de la séparation est très proche de l'unité qui nie la séparation en ce que l'unité qui nie la séparation pose seulement comme différence ontologique que l'unité homogène et dénuée de séparation existe après séparation radicale et unique, quand l'unité véritable pose que la séparation est un processus continuel et indéfini.
Se scandaliser, c'est aussi se scandaliser de la proximité et de la parenté entre les deux conceptions de l'unité. C'est aussi comprendre que le refus de la critique comme l'amalgame classique tendent à constituer le modèle évident de l'unité impossible. Refuser la critique, c'est poser qu'il existe un fondement et une unité qui soustraient cette fameuse unité à la critique. C'est dire aussi qu'il est scandaleux de critiquer l'unité du Bien ou l'universel du Bien.
Le refus de la critique est bien l'amalgame renversé en ce qu'il est la réponse à l'amalgame classique : l'accusation a d'autant plus droit au lynchage et accès à la destruction qu'il est évident qu'elle s'attaque à l'unité du Mal par excellence. Dans le fond, ces deux amalgames participent du même amalgame en ce que le processus est le même et que les lignes ne sont pas stables. Tout dépend finalement du point de vue de la partie qui soit établit d'autres parties comme l'empire du Mal, soit s'inclut assez logiquement dans l'empire du Bien. Il est tout à fait prévisible que cette distinction demeurera identique pour la partie adverse mais qu'elle s'inversera précisément.
Ce qui compte là encore, c'est que cette réaction d'unité suppose l'unité du Bien et l'unité du Mal, ce qui est fondamentalement à révérer et fondamentalement à attaquer et accuser (pour mieux anéantir). C'est une position intenable, parce que l'unité par définition n'est pas objet d'accusation et de séparation. L'unité est ce qui transcende les séparations, soit ce qui intègre les séparations à son processus au lieu de les exclure.

Critique et amalgame

La proposition : "Les Juifs sont responsables du 911" est une absurdité. Ce n'est pas la première fois que l'on en vient à entendre des rumeurs imputant à une communauté identifiée un peu hâtivement la responsabilité essentielle et fondamentale d'actes qui nécessitent un coupable inexistant. C'est ce que l'on appelle l'amalgame le plus classique : l'appellation "Juifs" recoupe une diversité de groupes et de personnes qui est absolument disparate et qui ne tient pas compte des différences de fond comme de forme.
C'est ainsi que le bouc émissaire permet de prendre sur lui la faute qu'il n'a pas commise. Par exemple, les Juifs sont accusés de la peste. A vrai dire, personne n'est responsable du fléau, mais les Juifs offrent par amalgame un bouc émissaire commode qui calme les ardeurs hystériques du groupe, ainsi que le montre fort justement Girard.
Dès lors, toute déclaration d'amalgame comme : "Les Juifs sont (tous) coupables de tel ou tel événement" est une absurdité amalgamante. En même temps, l'amalgame est autant classique que renversé. Je veux dire : l'amalgame revient tout aussi bien, dans le même processus, à accuser des innocents qu'à empêcher toute critique (au nom du prétexte qu'elle risquerait de créer la confusion et l'amalgame). Avancer que telle mafia ou tel groupe criminel de type mafieux est coupable de tel trafic d'importance dans tel pays ne signifie certainement pas que la critique soit dirigée contre le peuple italien dan son essence. Il en va de même pour la critique contre certains pans du sionsime fondamentaliste et les Juifs comme terme universel prêtant à la généralisation abusive et l'amalgame présomptif.
Il en va de même avec le refus de la critique, qui signale une essentialisation à rebours identique à l'essentialisation fallacieuse et criminelle le plus souvent à l'oeuvre dans l'amalgame classique. Le refus de l'essentialisation est particulièrement compréhensible dans une culture qui a connu la Shoah et qui ne veut plus que des amalgames antisémites révoltants débouchent sur des lynchages infâmes de type génocidaire.
Dès lors, la critique contre des Juifs est tout à fait possible (plus même : nécessaire et salutaire), à condition qu'elle soit du même tonneau ou du même acabit que la critique la plus honnête et juste qui soit en tant que telle : la critique désamalgamée. La critique désamalgamée, c'est le refus de l'essentialisation et le refus de la génération hâtive et présomptive. Mais cette critique qui refuse l'amalgame implique l'acceptation de la critique à condition qu'elle ne procède précisément pas par amalgame.
Le refus de la critique au nom de l'amalgame signale l'amalgame. C'est valable pour l'anathème d'antisémitisme opposé à toute critique quelle qu'elle soit, aussi bien la critique fantasmatique essentialisant tous les Juifs (critique absurde et détestable) que la critique qui distingue et discerne au nom des faits. Si l'on prend le cadre très large et lâche du Mouvement pour la Vérité dans le 911, on trouve deux personnalités aussi dissemblables que Meyssan et Hufschmid accusées d'antisémitisme.
Pourtant, l'accusation ne porte pas du tout sur les mêmes discours et mêmes motifs.
a) Dans le cas de Hufschmid, il semble que notre impétrant ait décidé d'expliquer tous les problèmes du monde par la responsabilité des Juifs, en tout cas des sionistes, ce qui est aberrant et absurde, puisque l'amalgame remplace la nuance, le discernement et la réflexion. Plus grave, il semblerait que notre contestataire contestable remette en cause la Shoah, dans des termes que j'ai du mal à cerner (puisque son site en anglais et les traductions approximatives en français partielles et approximatives ne me facilitent guère la compréhension de sa pensée). Ce qui compte, c'est que Hufschmid est un cas typique et caractérisé d'accusateur par amalgame, sur le mode : les sionistes sont responsables de tous les maux. On peut relever certains faits précis contre certains pans du sionisme ou du judaïsme sans jamais amalgamer ni essentialiser.
b) Dans le cas de Meyssan, il semble que notre essayiste soit surtout victime de l'amalgame renversé selon lequel toute critique systémique engendre le déchaînemnet quasi nucléaire d'anathèmes rédhibitoires. On voit mal en quoi Meyssan est antisémite. Parce qu'il a remis en question la version officielle du 911, spécifiquement concernant la question épineuse du Pentagone?
Mais l'examen sérieux des faits délivre pourtant un verdict au moins parent de celui de Meyssan : effectivement aucun Boeing 757 n'a pu s'écraser dans les conditions décrites par les officiels contre une des façades du Pentagone en créant un trou compris entre 4 et 6 mètres environ. Alors, pourquoi lie-t-on toujours toute attaque contre le système sans rapport immédiat avec la question épineuse de l'antisémitisme à - l'antisémitisme?
Serait-ce l'aveu que la culpabilité de certains pans juifs et/ou sionistes est avérée par les faits et que le seul moyen de réduire les preuves au silence consiste à assimiler la critique nuancée à la critique par amalgame, sur le mode : critiquer certains Juifs ou certains groupes juifs, c'est forcément porter une critique de dénigrement contre tous les Juifs? C'est enfin amalgamer les deux sens de critique : jugement et dénigrement. Pourtant, le jugement ou l'évaluation sont les premiers mouvements de la critique. Le dénigrement ne vient qu'après : il intervient quand la critique mute et se perd en - amalgame.


jeudi 1 mai 2008

L'Esprit en marche

Chose promise, chose, due, Atmoh. Avec le temps, ce que je pense de Zeitgeist, film que j'ai visionné sur Dailymotion. C'est plus que pratique et avant-gardiste, Dailymotion : c'est l'image au service de la volonté humaine, et non plus l'image qui sert de paravent et de guide au mimétisme de la volonté humaine, comme c'est trop souvent le cas dans les images imposées, de la télévision notamment.
Bon, Zeitgeist, au pas de charge : mon problème n'est pas vraiment de commenter ce film, que j'ai trouvé de bonne qualité. Pas même de me demander si l'interprétation du christianisme comme un mythe est correcte. Sans doute les faits sont-ils intéressants, mais je trouve que le principal défaut de ce film est de verser dans une conception du monde qui ne se rend pas compte qu'en louant le rationalisme comme esprit de critique supérieur à l'archaïsme du religieux, elle transforme sa propre critique en esprit à la mode et en esprit du temps.
Je m'explique.
1) Pour commencer, il va falloir m'expliquer la réduction du mythe au mensonge. Malheureusement, les mythes qui sont purement mensongers sont artificiels. Ainsi le 911 entre-t-il dans la catégorie des mythes artificiels qui de ce fait sont appelés à signifier l'échec et le déclin de la culture épuisée qui le porte (l'Occident).
2) Mais surtout l'apologie du rationalisme comme esprit de critique et de synthèse en mesure de dépasser l'esprit du religieux est très simpliste et superficielle. La principale critique que je lui adresserais revient à coopter la propagande de son temps, quelque chose comme l'esprit de son temps. Qu'est-ce que l'esprit du temps?
C'est l'esprit de la modernité, un vent de changement qui souffle depuis la date symbolique de 1492, la Renaissance, soit la mutation de la raison classique et antique en Raison mutante et omnipotente. La Raison décrète soudain que le monde conquis est un monde à portée de vue et de contrôle; que le monde est un donné défini autant que fini.
Ne pas se rendre compte que l'esprit moderne est un esprit fortement connoté qui ne peut mener qu'à la ruine de l'homme, c'est verser dans l'interprétation simpliste selon laquelle l'esprit moderne de la Raison mutante est forcément l'Esprit supérieur, le bon Esprit (dans un sens très connoté par Hegel, en fin de compte). Problème : c'est à l'aune de la critique de cet esprit que l'on comprend véritablement la faillite du monde moderne et que l'on prend conscience de ce que signifie le 911.
C'est un paradoxe que d'interpréter le 911 à l'aune de la mentalité rationaliste moderne alors que le 911 est précisément le produit de la modernité et l'expression paradigmatique des dérives graves que cet esprit produit. Comment comprendre l'esprit du temps si l'on postule qu'il est le bon? Comment surtout comprendre le 911 si l'on part du principe que le rationalisme qui l'inspire et l'engendre est le Bien par excellence?
3) C'est ici qu'intervient la critique du religieux et la principale faiblesse de ce genre d'explication rationaliste au sens où l'on évoquerait à son sujet le tout-rationalisme. Car la modernité accrédite l'idée selon laquelle elle serait sortie de la religion. La raison était inféodée au religieux; mais la Raison dépasse le religieux.
Fort bien : qu'est-ce alors que le 911 si ce n'est le produit de ce fantasme qui consiste à croire que l'on peut sortir de la religion? Du coup, on produit des mythes rationalistes en diable, des mythes qui se veulent suprareligieux, et l'on confond le mythe et le mensonge (soit la croyance dans le fait que c'est la Raison qui gouverne le monde et qui remplace ainsi tel un deux ex machina le démiurge).
La Raison produit le mythe du 911 comme mensonge en tant que l'abolition du religieux, son dépassement n'engendrent jamais plus que le mensonge en lieu et place du mythe. Qu'est-ce que le mensonge? C'est l'idée que la Raison peut remplacer le religieux et que la Raison est ce qui meut le réel en tant que donné fini et défini.
4) Mais plus encore, le mensonge ici ontologique désigne l'illusion selon laquelle on peut sortir du religieux? Qu'est-ce que la modernité, sinon la culture rationaliste de l'hyperrationalité? Mais qu'est-ce que le religieux par rapport à la culture? L'étymologie nous fournit un précieux renseignement : la culture, c'est le culte.
Dès lors, la sortie de la religion est le slogan de la culture qui prétend être sortie de la religion, soit de la religion qui prétend être sortie de la religion. Fumeux mensonge que cette prétention proche de la démesure (antique)! Quel est le culte de la sortie de la religion? Quels sont les rites de cette religion si particulière qui se nie en tant que religion? Je crois qu'à cet égard le 911 nous fournit en tout cas un enseignement et un renseignement précieux quant à la nature des sacrifices qui sont rendus dans le cadre de la religion de la sortie de la religion. J'insiste bien sur un point : le mensonge. Le mensonge qui est au coeur de la religion de la sortie de la religion, puisque sortir de la religion implique un dépassement qui en l'occurrence n'est jamais qu'une fuite en avant.
C'est pourquoi le film me semble d'un optimisme quasi mythique et béat quand il n'affronte pas la vraie question, la seule qui vaille quand on compare une forme religieuse et un mythe mensonger. Peut-on vraiment réduire la religion à l'explication selon laquelle elle est un mensonge auquel des esprits crédules adhèrent par crédulité? Le peut-on vraiment quand on garde bien présent à l'esprit que toute forme de culture est religieuse? En adhérant au postulat rationaliste si particulier de la Raison mutante, auquel nous Occidentaux modernes, sommes si habitués, le film ne passe-t-il pas à côté de la vraie question?
N'est-ce pas le destin de trop d'esprits épris de vérité que de se croire à la pointe du Progrès dans la mesure où le Progrès n'est jamais que la forme d'adoubement de la Raison? Comment contester vraiment si dans le fond on est d'accord avec les fondements du système que l'on prétend remettre en question? Comment comprendre le 911 si l'on adhère au message de la Raison?
Je crois que la meilleure distinction tient dans la différence entre religieux et religion. La religion est une forme religieuse comme il y en eut tant depuis que les hommes existent. Il est certain que la forme religieuse du christianisme disparaîtra tôt ou tard, puisque toute forme religieuse est appelée à disparaître, ainsi qu'en atteste l'histoire des religions. Mais le religieux, lui, désigne le lien de l'homme au mystère du réel. Tant qu'il y aura des hommes, il y aura de ce fait du religieux.
La Raison n'est de ce point de vue qu'une forme religieuse appelée elle aussi à disparaître d'autant plus vite qu'elle sanctionne une crise du religieux en tant que négation du religieux. Il serait alors bon de distinguer entre le mythe religieux, qui consiste à convoquer l'imaginaire pour intégrer l'absolu au fini, et le mythe rationaliste, qui ne peut être qu'une forme de mensonge, puisque la religion de la sortie de la religion repose sur le mensonge et l'illusion que l'on peut sortir de la religion.
Deux types de mythe donc : le mythe religieux et le mythe mensonger. Et la principale illusion, apologue éculé de la paille et de la poutre, se situe dès lors dans les préjugés du réalisateur de Zeitgeist : non de considérer que le christianisme s'inscrit dans une tradition religieuse qui le précède de loin et le suit immanquablement. Mais de croire que le religieux est aboli et que de ce fait il se rapporte au même type de mensonges que ce que l'on nomme les - mythes.

P.S. : un dernier détail : quand je vois l'épuisement qui gangrène le monde moderne, je suis loin d'être persuadé que le christianisme soit une forme religieuse dépassée et que nous nous situions dans des ères postchrétiennes. Il se pourrait de ce point de vue que le mourant enterré trop vite montre des signes de vitalité que les bien-portants eux-mêmes, non seulement ne soupçonnent pas, mais encore dont les ventripotents ne sont pas capables.

Les vrais ennemis sont toujours intérieurs

Il serait temps que les Juifs du monde entier se rendent compte que les plus extrémistes et les plus actifs de leur communauté n'échappent pas à la règle générale universelle selon laquelle les extrémistes sont les principaux ennemis des causes qu'ils prétendent défendre. C'est vrai des islamistes par rapport à l'Islam. C'est vrai des intégristes catholiques par rapport au catholicisme. C'est vrai des fondamentalistes protestants, en particulier de l'ineffable christianisme sioniste (d'ailleurs fermement condamné par les théologiens et les dignitaires catholiques et maronites).
Pourquoi ce fait universel en matière de religieux ne serait-il pas valable pour le judaïsme? A cause de la Shoah? On voit mal pourquoi l'épisode de la Shoah devrait changer les conditions d'élaboration du judaïsme. A vrai dire, le raisonnement qui consiste à interdire toute critique contre les Juifs au nom de la Shoah résulte de l'amalgame le plus grossier. Son efficacité immédiate n'est possible que parce qu'il est assuré de la ruine et du discrédit sur le terme.
Refuser la critique au nom de l'amalgame critique, c'est ruiner sur le terme la représentation du judaïsme en termes de tolérance. C'est réduire la richesse des cultures juives et des formes de religion juive à ses manifestations les plus extrémistes. Ce fait est si important qu'il est systématiquement occulté, insulté, dénié.
On comprend pourquoi quand on mesure qui a intérêt à empêcher la critique et la prise de conscience. Combien de temps faudra-t-il au peuple juif, appellation impropre tant elle recoupe de différences, de nuances et de distinctions, singulièrement à ses factions majoritaires et modérées, pour comprendre que sa soumission aux incarnations les plus dures du judaïsme constitue le vrai noyau du problème juif, je veux dire : le problème qui nuit vraiment au judaïsme et ruine sa réputation?
Au lieu de se disperser en alibis et boucs émissaires disparates et divers quant à l'identité de l'ennemi extérieur, il serait temps que les Juifs comprennent que leur réputation est sapée et entachée durablement par les agissements des extrémistes minoritaires et actifs, qui discréditent ses rangs en prétendant les servir. Il est invraisemblable que l'identification de l'ennemi véritable obéisse ainsi à une hallucination qui consiste à confondre l'extérieur et l'intérieur.
L'ennemi extérieur est après tout le plus faible. Surtout il est relié au véritable ennemi qui est intérieur. Que les Juifs cessent de se voiler la face et qu'ils regardent en face l'identité de leur ennemi. Sans quoi ils se détruiront auprès des témoins du monde et ils terniront leur réputation. Pourquoi faudrait-il en effet que les hommes supportent toutes les actions du judaïsme au nom de la Shoah, alors qu'il est gouverné si visiblement et si explicitement par des groupes fondamentalistes qui manipulent les intérêts véritables du peuple juif pour ne suivre en fait que leurs seuls intérêts privés?
Pourquoi faudrait-il que les Juifs se laissent manipuler par les objectifs de ces extrémistes qui ne servent certainement pas la cause juive, la cause sioniste et la cause israélienne, mais en sont les plus redoutables ennemis? C'est un paradoxe absurde et infect, qui mérite la colère et la révolte en premier lieu dans les rangs juifs, puisque les ennemis profonds du judaïsme sont les extrémistes juifs. Mais cette colère peut s'amplifier et gagner les rangs sionistes, puisque les premiers ennemis du sionisme sont les sionistes extrémistes. Enfin, cette colère trouve son unité et sa cohérence quand on s'avise que les plus redoutables ennemis d'Israël sont les ultranationalistes israéliens.
En fait, il est évident que les vrais ennemis du judaïsme sont les mêmes groupes que les vrais ennemis de l'Amérique. Et quand on voit la liste de ces individus soupçonnés d'influences hasardeuses, voire destructrices, on se dit que le danger véritable et capital est dénié dans la mesure où l'on préfère ne pas le considérer. Il serait faux de croire que les sionistes fondamentalistes ne constituent pas la principale menace contre la pérennité de l'État d'Israël. Mais il est encore plus faux et fourbe de laisser entendre que les agents les plus actifs de ces circuits très activistes et nocifs n'ont qu'une portée fort limitée, mineure et relative. Malheureusement, ces groupes activistes du sionisme fondamentaliste occupent un rôle prépondérant dans les choix de la politique étrangère occidentale, spécifiquement américaine, et il serait bon de revisiter le 911, ses causes et ses conséquences, à l'aune d'une remarque si étayée jusque dans ses moindres détails.

Distinguo chez l'ennemi

Distinguons dans notre effort incessant et inépuisable pour désamalgamer les Juifs, les sionistes et les Israéliens. Ces trois distinctions suffisent à montrer que la question du judaïsme est d'une complexité inouïe. A chaque fois que l'on essaye de procéder à des tentatives de compréhension du mouvement juif, on se heurte à une telle somme de distinctions et de différences qu'elles autorisent à rebours ceux qui ont intérêt à empêcher et à bloquer toute critique à amalgamer la critique pour la faire taire. Grosso modo, il s'agit de laisser entendre que toute critique contre certains Juifs est en fait une critique essentialiste contre tous les Juifs et que de ce fait toute critique contre certains Juifs est antisémite.
Il est évident que l'esprit critique qui veut faire montre de sa tolérance et de son refus de l'antisémitisme doit commencer par établir ces trois distinctions entre les Juifs, les sionistes et les Israéliens. Puis, à l'intérieur de ces mouvements parfois reliés et parfois distincts, donc propices par leurs différences et leur homogénéité à tous les jeux d'amalgame et d'ombre, y compris les plus troubles, l'observateur modéré et nuancé doit introduire la notion de groupuscules.
J'ai proposé et je me tiendrai à l'appellation de sionistes fondamentalistes pour qualifier ces dérives au sein des Juifs, qui touchent au plus près des intérêts d'Israël, de l'Occident et du monde humain. Mais ce n'est pas assez : au lieu d'identifier le noeud gordien du problème dans la mouvance des sionistes fondamentalistes, qui, après tout, ne sont que des fondamentalistes comme on en trouve dans toutes les religions, je propose en plus, pour désamalgamer et introduire de nouvelles et fécondes distinctions, qui empêcheront le lynchage (spécifiquement de nature antisémite), et favoriseront la compréhension de la vérité, de discerner au sein des mouvances du fondamentalisme sioniste un fondamentalisme sioniste activiste, profondément élitiste, mondialisé, occidentaliste, un fondamentalisme que l'on peut relier à certains groupes de pression et d'intervention, notamment aux États-Unis, qui détruisent les intérêts réels des Juifs, des sionistes et des Israéliens.
Bref, distinguons encore au sein des sionistes fondamentalistes, puisqu'à en croire Wittgenstein, on ne distingue jamais assez! Tel est le paradoxe, inaltérable et logique : les actions de ces mouvances sionistes fondamentalistes détruisent profondément ce qu'elles prétendent servir et aider : le judaïsme et Israël. Le pire ennemi des Juifs, des Israéliens, des sionistes, ce ne sont pas ceux qui se montreraient explicitement antisémites, encore moins ceux qui partent des faits pour dresser des criques nuancées, modérées et désamalgamantes (je me targue d'appartenir à ce groupe lucide et en quête de vérité). Le pire ennemi des Juifs, des sionistes et des Israéliens est intérieur et tient à ces groupes fondamentalistes désaxés.
Le grand penseur Leibowitz, qui se situe à un niveau de pénétration et de profondeur bien supérieur à toutes les tentatives intellectuelles que les fondamentalistes pourront oser et produire, ce grand monsieur, cet esprit épris de vérité et pétri de lucidité, cet apôtre véritable du judaïsme, du sionisme et de la cause d'Israël, avait compris que ceux qu'il nommait les Judéo-nazis (quelle formule après la Shoah!) étaient les vrais ennemis d'Israël. Pis, ces défenseurs fanatiques et acharnés d'Israël se réclamaient de causes ultranationalistes et démentes pour constituer en fait le vrai parti en mesure de menacer l'existence, la viabilité et la pérennité de l'État si particulier (au regard de son avènement principalement) d'Israël.
En regard de son histoire et des conditions qui ont présidé à sa naissance (la tragique Shoah), les exactions des sionistes fondamentalistes sont une insulte à l'État d'Israël et la preuve qu'Israël et les États-Unis ont certainement leur destin lié par un fait tragique et souvent trop occulté : tous deux sont atteints par le même mal redoutable de la menace intérieure. Ce sont des Américains qui causent les plus grands torts au peuple américain et aux institutions américaines; de même, ce sont des Israéliens, des sionistes et des Juifs qui causent les plus grands dommages aux intérêts du judaïsme, singulièrement aux intérêts de l'État d'Israël.
On a souvent tendance à présenter la version selon laquelle l'ennemi est extérieur. C'est la thèse caricaturale de Carl Schmitt et des nazis. C'est ainsi que le peuple américain partage la thèse selon laquelle les ennemis de l'Amérique sont extérieurs à l'Amérique : ce sont pêle-mêle les communistes, les islamistes et tous les ennemis de la démocratie et de la liberté. Coïncidence incroyable, les ennemis de l'Amérique se trouvent de plus en plus correspondre aux mêmes figures que les ennemis revendiqués d'Israël.
Ce sont donc les terroristes islamistes, les ennemis de la liberté et les partisans du totalitarisme fondamentaliste tourné contre l'Occident en même temps que contre Israël. La vérité est toute autre pour qui veut vraiment voir : les ennemis de l'Occident et des États-Unis se trouvent effectivement être les mêmes que les ennemis d'Israël dans la mesure où tous deux partagent le même ennemi et que cet ennemi est intérieur. Il se trouve qu'il s'agit du sionisme fondamentaliste qui gangrène l'État des États-Unis et l'État d'Israël conjointement et qui gangrène désormais les institutions occidentales.
Groupuscules et mouvances du sionisme fondamentaliste, Judéo-nazis... : dans tous les cas, ces appellations qui regroupent des mouvances au sein du fondamentalisme sioniste ne débouchent jamais sur une accusation, encore moins une condamnation des Juifs, qu'ils soient Israéliens ou non, qu'ils soient sionistes ou non, qu'ils appartiennent ou non à des communautés dispersées dans le monde. Il s'agit simplement de substituer l'ennemi intérieur véritable à l'ennemi extérieur et étranger fantasmé.
Il s'agit de comprendre que le mécanisme de la projection en germes explique que le profil des ennemis intérieurs correspond en tous points, de manière saisissante, au profil du terroriste fantasmé islamiste. Il se trouve enfin que les faits, les impayables faits, démontrent avec acidité et acrimonie que le terrorisme islamiste existe bel et bien, à condition que l'on comprenne qu'il est étroitement relié à ceux qui s'en prétendent les victimes et qui ont compris depuis belle lurette le parti dévoyé qu'il y aurait à tirer d'un statut de victime transformé en victimisation.
Grâce à l'anathème d'antisémitisme versé devant chaque critique pour faire taire la critique, les fondamentalistes ont trouvé le moyen à court terme d'encourager et d'exciter leurs (ex)actions. Malheureusement, les premières victimes de la victimisation sioniste fondamentaliste sont les Juifs eux-mêmes, d'où qu'ils viennent dans le monde. A terme, les méthodes du sionisme fondamentaliste nuisent profondément aux intérêts qu'ils prétendent servir, à tel point que la parole de Leibowitz risque d'être une prophétie redoutable : ce seront les sionistes les plus enragés qui seront les auteurs de la destruction de l'État d'Israël qu'ils chérissent (apparemment) au point de verser dans le nationalisme démesuré et fervent.
Il reste à répéter que ce sont toujours des groupes internes au sionisme fondamentaliste qui jouent ce rôle funeste de destructeurs travestis en constructeurs de la paix et qu'il n'est pas question d'amalgamer et de provoquer des réactions de rejet et de lynchage, malheureusement déjà bel et bien présentes au sein de certaines populations, non sans raison initiale - et explicable. Il reste aussi dans le même mouvement de pensée à se demander pourquoi la Shoah interdit comme un verrou ou un tabou déformant et fallacieux de voir l'évidence quant aux dérives de certains pans du fondamentalisme juif, quand il est si facile d'incriminer l'islamisme ou les dérives de certains pans d'autres peuples (les Saoudiens ou les Pakistanais en sont deux bons exemples) sans encourir le (même) risque d'accusation de racisme ou autre forme d'amalgame visant à interdire la critique au nom de la liberté.