dimanche 5 décembre 2010

Au nom de la certitude

La position d'Aristote concernant le néant est des plus instructives pour démasquer le nihiliste derrière le métaphysicien. Pas l'ontologue. On devrait distinguer entre un métaphysicien et un ontologue. L'ontologue se préoccupe des discours à propos de l'être, quand le métaphysicien est celui qui s'intéresse aux questions survenant après la physique (puis au-dessus, à l'époque scolastique). Le terme métaphysique est forgé après la découverte des textes d'Aristote qui ne sont pas à classer dans la catégorie de la physique. La métaphysique ne veut rien dire positivement : on philosophe de manière métaphysique quand on aborde les questions qui viennent après la physique.
Cette question de l'après est capitale car l'ontologie est transcendantaliste. Pas la métaphysique. L'ontologie d'un Parménide considère que l'Etre n'intervient pas après l'être; mais que l'Etre transcende l'être. Dire qu'on a tendance à englober l'ontologie dans la métaphysique alors que ce sont deux démarches philosophiques antagonistes! La métaphysique exprime déjà la considération immanentiste au sens où l'Etre métaphysique est la poursuite du plan d'immanence instauré par le physique. L'amalgame vague métaphysique/ontologie est une forfaiture sémantique qui passe par le langage et l'histoire. Dans la mentalité métaphysique, la primauté du physique sur le transcendant implique que les questions situées au-delà de l'Etre se tiennent après - et non au-dessus.
C'est le résultat auquel parvient Aristote quand il définit le réel comme le fini. Aristote représente la subversion de la philosophie ontologique par une nouvelle conception masquée, que l'on nommera métaphysique sans en comprendre l'aspect subversif et nihiliste. Si les partisans d'Aristote ont forgé un néologisme (métaphysique) pour désigner la science qu'a fondée Aristote en opposition à l'otologie, c'est que cette science des sciences n'est pas du même tonneau que l'ontologie platonicienne. Les aristotéliciens ont cherché à la distinguer de l'ontologie en lui attribuant une dénomination différente et bizarre (méta-physique).
Bizarre quoique assez éclairant. Le programme d'Aristote consiste à opérer un compromis entre les sophistes et Platon. Aristote est l'élève de Platon, mais un élève qui se trouve dans un type de désaccord fondamental. La haine sourde d'Aristote à l'endroit de son maître éclate dans de nombreuses pages de son oeuvre : il ne parviendra pas à réfuter la théorie platonicienne - il le sait. Platon est un républicain; Aristote est un oligarque - partisan acharné de la tyrannie. La pire des escroqueries dans l'histoire de la philosophie consiste à ranger Aristote dans le même rayon que Platon, au rayon de la philosophie classique. Cette conception dévoyée indique qu'Aristote a réussi historiquement son entreprise de subversion, qui consiste à intenter uncompromis au sens où l'on compromet.
Mais aussi : cette conception suffit aussi à discréditer l'entreprise de l'histoire de la philosophie qui se présente comme érudite alors qu'elle est inféodée au droit du plus fort. Contrairement aux allégations tendancieuses des historiens de la philosophie, Aristote est tout sauf un ontologue. C'est un savant, qui a compris que l'on ne pouvait imposer la conception nihiliste et oligarchique contre la tradition ontologique et républicaine qu'en rusant. Toute la ruse d'Aristote consiste à laisser entendre que son point de vue philosophique divergerait de Platon, mais qu'il proviendrait d'une conception philosophique fondamentalement commune. Comprenons bien : quand Aristote s'oppose aux sophistes, il ne s'oppose pas en tant qu'il incarnerait un point de vue ontologique qui serait différent de celui de Platon, mais qui serait transcendantaliste. On ne retient que le fait qu'Aristote passe pour un disciple contestataire de Platon suite à son opposition aux sophistes.
En réalité, c'est un sophiste qui est plus rusé que les sophistes dénoncés par Platon, plus prudent que ses prédécesseurs. Le désastre historique des sophistes (leur oubli radical) indique que l'exposé à découvert du nihilisme n'est pas une stratégie viable. Quiconque s'y livre est condamné à l'oubli. Pourtant, les sophistes sont les plus grands savants de leur temps, des érudits et des scientifiques. Le Socrate de Platon n'a d'autre ressource que de leur opposer, non un excès de savoir, mais la valeur supérieure de la connaissance dynamique (ma force est que je sais que je sais peu). Démocrite qui tire son savoir de la Perse (et de l'Inde animée du même courant) a connu le même oubli.
C'est que la thèse nihiliste n'est pas viable : elle produit l'effroi des contemporains, qui se rendent compte que le néant mène à la destruction, alors qu'il proclame adorer la vie, le réalisme et le bonheur. Aristote passe pour celui qui revendiquerait le réalisme, le pragmatisme, la concrétude contre l'idéalisme platonicien. Eh bien, la vérité est qu'Aristote est un sophiste qui a compris qu'il convenait de déguiser le programme des sophistes (le nihilisme antique) sous des atours plus séduisants : la prudence (phronesis), le savoir (la physique et la biologie notamment), le courant majoritaire. Le génie d'Aristote tient dans cette adaptation du sophisme à l'ontologie - nouveauté que ses successeurs nommeront métaphysique.
Du coup, on ne rejettera plus le nihilisme, on l'intégrera dans le giron du savoir en tant qu'il représente l'alternative réaliste et scientifique au transcendantalisme classique fort abstrait et incomplet. Si le transcendantalisme ne reposait pas sur l'erreur du prolongement, jamais le nihilisme sous quelque forme que ce soit, y compris le compromis/compromission dans le cas d'Aristote, n'aurait de chance de fonctionner. Comme le courant platonicien est reconnu comme aussi génial qu'imparfait, Aristote, surfant sur la vague, passera pour l'alternative à Platon dans l'histoire de la philosophie grecque. Pas comme deux opposés inconciliables et étrangers; plutôt deux opposés qui se situent à l'intérieur de l'histoire de la philosophie. La ruse d'Aristote aura fonctionné, car il a compris que le nihilisme ne devenait acceptable que si on le prenait pour du transcendantalisme alternatif.
Avec le temps, certains scoliastes intègrent Aristote dans l'histoire du christianisme, à tel point qu'Aristote passe aujourd'hui pour un modèle de classicisme, de rigueur et de sérieux. Preuve que le courant aristotélicien porte en son sein un message qui importe à l'homme, en particulier le monothéiste : le message du nihilisme remis à la sauce monothéiste, selon lequel le réel est fini. En versant dans le pédantisme, Aristote le savant (synonyme de métaphysicien) a compris que l'approche oligarchique ne pouvait perdurer que si elle se fondait sur un savoir métaphysique qui fonde une autre branche au nihilisme que son expression sophiste trop radicale et explicite - insidieusement, Aristote nie l'ontologie antique telle que l'exprime à son acmé le courant platonicien puis néo-platonicien..
Aristote a saisi que la tentation nihiliste (fonder la certitude sur l'immédiat) est fondamentale chez l'homme perdu dans le réel et qu'elle s'exprime de manière attrayante par la dissociation de la cause et de l'effet. D'une manière générale, le nihilisme consiste à actualiser une intuition irrationnelle : la soif de certitude, le besoin d'immédiat. Aristote définit cet élan destructeur comme le fini; l'immanentisme ira encore plus loin dans cette voie faussement alternative en définissant le réel carrément comme le désir. L'effet nihiliste est attrayant quand il est coupé de sa cause. Du coup, on dénie la cause et on ne retient que l'effet. Quel est cet effet sans cause? On vantera le savoir, la certitude de détenir quelque chose, en oubliant que cette apologie découle de la cause inavouable - la certitude qui prend l'expression sauvage de la soif de domination et qui ne peut exister que dans un modèle nihiliste.
Oubliant l'influence nihiliste, on obtient un résultat sympathique, quoique sans portée. On aura d'autant plus réclamé la réalisme qu'on a dissout le réel dans l'immédiat (le fini chez Aristote). L'aristotélicien nous fait marcher en subtil péripatéticien : il subvertit le nihilisme en ne retenant que la production immédiate du nihilisme et en lui attribuant des causes tout à fait fausses. Aristote a subverti l'histoire du nihilisme qu'il présente comme la critique interne (le coup de l'élève respectueux mais dissident) de l'héritage platonicien. De la même manière que son programme politique oligarchique et contraire au programme républicain platonicien (sans idéaliser ce républicanisme aristocratique), le nihilisme d'Aristote est évident une fois qu'on a compris qu'il se présentait comme dénié.
C'est le déni qui définit l'art rhétorique du compromis aristotélicien. Gorgias compose un traité du non-être, alors qu'Aristote s'oppose au néant pur existe. Gorgias disparaîtra, de même que Démocrite le matérialiste qui explique tranquillement que le vide côtoie les atomes. Aristote dénie le néant en se contentant de n'examiner que l'être. Mais implicitement le nihilisme est toujours à l'oeuvre puisque le réel est défini comme ce qui est fini.
Il faut se montrer de mauvaise foi pour ne pas se rendre compte du tout de passe-passe qu'intente Aristote. Pourquoi ce tour de passe-passe fonctionne-t-il? Précisément parce que le nihilisme n'est pas l'apanage de quelques exceptions isolées, aussi brillantes soient-elles. Le nihilisme ne surgit pas seulement à l'occasion des crises du transcendantalisme - comme dans le passage à témoins entre polythéisme et monothéisme. En réalité, le nihilisme qui est l'attitude originaire de l'homme sera toujours prégnant dans la nature humaine. Il consiste à réfuter la causalité (comme le fera un Hume à l'époque moderne) et à tenir que le seul moyen de détenir de la certitude est de se réfugier dans l'immédiat.
Le culte de l'immédiat, l'acausalité et l'irrationalisme sont liés. L'inclination originaire de la nature humaine la porte vers la quête de certitude qu'elle a identifiée dans l'immédiat. La réaction transcendantaliste consiste à réfuter cet immédiat au nom du fait qu'il se révèle plus incertain que l'incertitude que génère le transcendantalisme. La certitude nihiliste débouche sur l'incertitude négative, bloquée, figée; tandis que l'incertitude transcendantaliste est positive, douée de progrès - dans son imperfection. Le défaut du transcendantalisme, c'est qu'il réclame plus d'effort, de dépasser l'immédiateté, quand son avantage est qu'il est le seul moyen trouvé par l'homme pour échapper à la destruction.
L'attrait de la certitude débouche principalement sur le culte du savoir, qui pousse tant d'esprits à se fourvoyer dans l'académisme et ce genre de confusion (entre le savoir et la connaissance). Au nom de la certitude. En même temps, cette erreur est quasi inexpugnable au sens où elle est originaire : c'est de manière prévisible que l'erreur ressort en période de crise, de déstabilisation, où face à la perte des valeurs, l'homme a tendance à se réfugier vers le plus immédiat, comme le plus certain. De ce point de vue, Aristote exprime une inclination essentielle de l'homme, celle du déni et de l'immédiateté.
Son opposition à Platon peut être considérée comme plus essentielle qu'une divergence de vue entre deux penseurs proches (et contemporains). Comme un célèbre tableau de Raphaël l'indique, Platon et Aristote, parce qu'ils surviennent pendant la crise du monothéisme, expriment les deux oppositions cardinales de l'homme. Platon le transcendantaliste peut sembler plus conservateur et classique alors qu'il est progressiste par son républicanisme; tandis qu'Aristote peut paraître plus réaliste alors qu'il est un farouche oligarque dont l'idéal débouche sur le néant.
Si vous doutez de la position d'Aristote, quelle est son attitude face au néant? Eh bien, pour schématiser, il va proposer une solution qui sera un compromis entre la proposition de Gorgias, qui exprime le nihilisme débridé; et la position de Platon, dont il est élève et qu'il déteste en tant que partisan d'une méthode philosophique et politique aux antipodes. Il en va des nihilistes comme des transcendantalistes. De la même manière qu'il serait simpliste d'estimer que tous les monothéismes sont identiques, alors que leurs différences irradient leur socle commun; de la même manière il faut concevoir que le courant nihiliste à partir de son socle commun proposent plusieurs solutions.
Ajoutons que le nihilisme s'adapte à son rejet historique et qu'Aristote tire la leçon de l'oubli des sophistes et autres atomistes. Aristote représente la solution la plus modérée dans le nihilisme, ce qui ne signifie pas qu'Aristote est modéré, mais qu'il est un diplomate charriant le poison derrière le remède (comme dans le cas de la mort étrange d'Alexandre le Grand?). Que l'on observe sa manière de concevoir par rapport au néant (question centrale, déniée par le nihilisme autant que le transcendantalisme). Pour Platon, le non-être n'existe que sous la forme de l'autre. Le non-être devient explicable par le changement. Aristote ne tient pas au non-être absolu, c'est-à-dire qu'il se trouve en désaccord avec les sophistes (comme Gorgias) ou avec les matérialistes comme Démocrite.
Il trouve une médiation entre Platon et Démocrite. Selon lui, le non-être se dit de plusieurs façons :
1- Le non-être selon les catégories.
2- Le non-être comme faux.
3-Le non-être selon la puissance.
(Je reprends l'analyse que Louis-André Dorion apporte dans son article au sujet d'Aristote dans l'ouvrage commun Le Néant.)
Ces trois significations du non-être recoupent la multiplicité équivalente des catégories de l'être. Logique (au sens où la logique formate le fini) : l'unité de l'Etre platonicien se trouve démantelée par la notion de multiplicité de l'être. Pour apporter l'apparence de la logique, Aristote propose l'innovation conceptuelle (le concept étant l'idée finie) selon laquelle le non-être n'est possible de manière paradoxale et ambiguë qu'avec cette multiplicité équivalente dans l'être et le non-être : le non-être sera multiple pour correspondre à l'être multiple. Le point central de la conception aristotélicienne adapte la position platonicienne au format nihiliste. Dans Le Sophiste, Platon affirme que le non-être absolu n'existe pas, position radicale de Parménide, mais il ajoute de manière capitale que le non-être existe si l'on peut dire sous la forme de l'autre. Colère d'Aristote, car cette position bat en brèche le nihilisme selon lequel l'être est multiple et le non-être existe d'une manière impensable.
Tout l'effort d'Arisote va être de s'opposer à l'opposition parménidienne entre être absolu et non-être absolu de telle sorte que l'on puisse restaurer le schéma nihiliste : multiplicité de l'être, multiplicité du non-être. Le vrai ennemi est Platon qui a résolu (de manière imparfaite mais décisive) la difficulté parménidienne de l'Etre absolu (le monisme) en identifiant le néant comme l'autre (le changement). Pour Aristote, le nihilisme conséquent implique la multiplicité du non-être comme de l'être, ce qui indique l'évolution d'Aristote par rapport à ses prédécesseurs en nihilisme.
Aristote propose un nihilisme compatible avec l'exigence platonicienne, qui implique, non la contradiction frontale avec la meilleure ontologie traditionnelle, la platonicienne, mais le compromis. Le centre de ce compromis tient à la reconnaissance de la multiplicité de l'être comme du non-être. Ce qui énerve Aristote, c'est quand un Platon reconnaît l'être du non-être. Sous-entendu : le non-être nihiliste n'existe pas au sens où il existe sous la forme de l'autre. Il n'existe pas du tout au sens où le non-être existe de manière contradictoire et irrationnelle, dans un schéma où il faut bien que le non-être complète l'être fini.
Ce qui arrange Aristote, c'est qu'on concède que le non-être n'est pas, pas que le non-être est sous quelque rapport. Aristote finit par exhiber son nihilisme virulent, quoique de compromis, quand il explique que l'homme en acte vient de l'homme en puissance, soit que le non-être est en puissance. Cette catégorie du non-être multiple, le en puissance, est l'adaptation du non-être absolu défini par Démocrite. Quand Aristote feint de s'en prendre à Parménide, le maître en ontologie de Platon, il vise en réalité Démocrite, dont il est proche par de multiples aspects de sa personnalité (nos deux savants illustres sont deux zélateurs de l'impérialisme perse).
Si certains commentateurs ont reproché à Aristote sa désinvolture manifeste à l'endroit de Platon, dont il travestit grossièrement la pensée du non-être (comme quand il réduit la définition platonicienne au non-être en tant que faux), la conception par castes du réel selon Aristote (qui engendre une conception oligarchique forcenée, proche du système des castes hindoues le plus intégriste), conception inégalitaire et intrigante, montre à quel point la réputation de rigueur intellectuelle d'Arsitote est usurpée. Aristote manie l'art de la logique en s'ne tend-ant à la surface du réel.
Notre encyclopédique penseur scientifique, qui aime tant à se montrer sous un jour méticuleux, ne cesse de travestir la pensée de Platon (plus que de Parménide). Mais il va plus loin dans la supercherie travestie en logique et rigueur (l'exigence de rigueur est mauvais signe pour la création d'idées) : comment définit-il la multiplicité de l'être, constatation empirique fondamentale à partir de laquelle il définit la multiplicité du non-être? Cette définition est centrale dans la pensée d'Aristote. Si Aristote est ce penseur rigoureux et ardu, la moindre des choses est qu'il étaye sa définition surprenante de la multiplicité de l'être. Il faut en savoir long sur le réel pour prononcer de telles assertions.
Aussi invraisemblable que ce fait puisse paraître, surtout par rapport à la réputation de rigueur scientifique d'Aristote, notre métaphysicien se contente de déduire contre Platon et la tradition ontologique de son temps que l'être est multiple du fait que le terme être est polysémique. Autrement dit, Aristote fonde sa philosophie sur le langage, et plus précisément sur la rhétorique. Telle est la logique présentée comme objective? De ce point de vue, Aristote rejoint la démarche de Gorgias et des sophistes, qui estiment que l'on peut tout démontrer par les armes du langage.
Aristote peut démonter la multiplicité de l'être du fait qu'il existerait selon son parti plusieurs sens de ce mot : que le langage reconnaîtrait que l'être est polysémique. C'est d'autant moins sérieux qu'Aristote passe son temps à user d'arguties d'ordre logique pour montrer que le langage est trompeur et que Platon fait preuve de sophisme dans le Sophiste. Aristote explique avec sa théorie de prédicat que ce qui existe diffère de ce qui est dit. Derrière l'idée de multiplicité du non-être, Aristote tient à expliquer la production du faux, qui selon lui ne peut s'expliquer que par l'existence contradictoire du néant.
Le plus important pour Aristote est de détruire radicalement l'idée d'Etre, soit l'idée que le réel ne se réduit pas à son apparence. Voilà pourquoi il forge cette curieuse conception d'un non-être qui engendre l'être et qui se trouve parée de manière tout à fait indémontrée et péremptoire des mêmes attributs expliquant la multiplicité de l'être. Le raisonnement d'Aristote est inverse à celui qui nous est présenté dans ses écrits posthumes : il ne déduit pas l'être du non-être, mais le non-être de l'être.
Ce faisant, s'il parvient à énoncer catégoriquement la multiplicité de l'être contre l'Etre platonicien, il multiplie de manière exponentielle et désinvolte les problèmes d'incohérence liés à la théorie nihiliste. Non seulement Aristote n'a pas plus défini le néant que ses prédécesseurs (Démocrite assène, Gorgias tachtche); mais de surcroît il y a ajouté l'affirmation gratuite et plus que contestable de la multiplicité du non-être. Si Aristote ouvre des perspectives pour la critique du transcendantalisme, il enterre un peu plus le nihilisme en prétendant le rendre enfin cohérent - et crédible.

4 commentaires:

Louys Jacques a dit…

Très important de ne pas confondre métaphysique et ontologie. C'est un texte très précieux.

Koffi Cadjehoun a dit…

Merci!

gégé a dit…

Aristote est un oligarque - partisan acharné de la tyrannie.
peux tu le prouver ?
merci
Gégé

Koffi Cadjehoun a dit…

Eh bien, tout est dans le Politique notamment.