samedi 9 mai 2009

Hordo ab KO

La question à poser, maintenant que l'on est confronté à la crise, c'est le spectre du chaos. La perspective exacte du chaos. OK? De nombreux analystes ignorés des experts officiels et des cercles institutionnels avaient senti venir la crise. On comprend qu'ils aient été ignorés - des ignares ignorés. L'instrumentalisation de la crise ne fait pas de doute, mais il est lucide de parler d'instrumentalisation interne, soit d'instrumentalisation de la crise qui profite de la crise pour accroître son pouvoir, mais qui ne possède pas le pouvoir de susciter la crise.
La crise provient de méthodes ineptes et délirantes. C'est en gros le projet et le processus du monétarisme : créer de la valeur à partir de rien. Au fait, dites-moi : n'est-ce pas aussi l'une des armes favorites du diable? Le monétarisme est une folie logique évidente, mais il est l'expression en économie du nihilisme moderne (immanentisme). Rappelez-vous : Spinoza commence par imposer le monisme moderne. La preuve que le système de Spinoza surmonte le platonisme et la métaphysique classique, c'est qu'il réconcilie et qu'il propose l'unité quand le platonisme ne dispose que du dualisme (selon l'appellation de Nietzsche).
Las! Si l'on a le courage d'examiner le monisme nihiliste, on se rend compte qu'il cache soigneusement son dualisme véritable en proposant une définition une du réel : c'est le sensible. Autrement dit, la production de définition recoupe le simplisme, puisque le nihilisme se contente de réduire tout le travail transcendantaliste au sensible, soit la constatation empirique première et évidente de la réalité.
Ce n'est pas tout. Le nihilisme ne parvient à l'unité qu'en créant un pendant nécessaire au sensible : c'est le néant. Bien entendu, il convient de cacher le néant, sans quoi la doctrine moniste n'est plus moniste, mais dualiste (sensible/néant). Surtout, le dualisme platonicien revient en fait à une réconciliation (le sensible intégré à l'Un idéal), quand le nihilisme découle d'une opposition (le sensible opposé au néant).
L'erreur nihiliste se double d'une tromperie et d'une dissimulation. Simulation : le nihilisme révèle l'Un. Correction : il révèle plutôt la pomme de discorde véritable, celle que tout l'effort du transcendantalisme consiste à différer. Le nihilisme est opposition en ce que cette opposition ne peut mener qu'à la destruction. Destruction ontologique. La fin du transcendantalisme consiste à transformer le reél non sensible en sensible propice à l'homme. Mais le nihilisme aboutit exactement au résultat inverse : appauvrir le sensible à force d'empêcher la transformation ontologique d'idéal en sensible, dont le sacrifice est la marque de fabrique première.
Le nihilisme part de deux principes :
1) Seule la destruction régénère le sensible par l'adjonction de néant qui se transforme en sensible.
2) Cette théorie fumeuse (et fausse) est compatible avec le refus du principe de dynamique du réel. Le reél demeure statique et immuable.
Dans la conception classique, l'homme possède le pouvoir d'accroissement et d'évolution dans la transformation. C'est ainsi que l'homme a toujours pu faire face au progrès technique et scientifique. Notamment dans la démographie : l'accroissement de la démographie traduit le progrès humain et le fait que l'homme ne cesse de se développer et de se réunir. C'est le processus de mondialisation à ne pas confondre avec l'idéologie du mondialisme.
La conception immanentiste tend plutôt à laisser entendre que l'ordre des choses est stable. On trouve une évocation fidèle de cette conception chez Schopenhauer qui non seulement pense que l'histoire est répétition, mais encore que finalement, c'est toujours la même mouche qui bourdonne (au travers des différentes mouches et de la durée de vie fort réduite d'un individu mouche au regard de l'homme).
Cette conception se comprend avec la définition du reél comme sensible. Si le reél est fini, alors il ne saurait être dynamique. Il est donné une bonne fois pour toutes et c'est en quoi Rosset peut proposer comme synonyme du réel dans un ouvrage de jeunesse le donné. Le donné est donné - une bonne fois pour toutes. Par ailleurs, l'ennemi intime de Rosset, Derrida le Différand, qui eut un différend avec Rosset dans la mesure où tous deux étaient des immanentistes de facture terminale, Derrida donc avoue dans une conversation (narcissique et futile) qu'il est tombé éperdument amoureux de l'expression : une bonne fois pour toutes.
Dont acte. La conception ordo ab chao n'est pas antithétique de la conception nihiliste de réel statique par opposition au reél dynamique. Elle consiste à estimer que la régénération du reél (sensible) est statique, alors que la conception classique du sacrifice tend à concevoir le sacrifice comme le changement dynamique du reél. C'est à l'intérieur de cette conception nihiliste et statique qu'intervient Malthus, qui est plus un (mauvais) économiste qu'un (mauvais) penseur. Malthus est le paradigme dont se réclament tous les libéraux à partir du vingtième siècle.
Le projet de nombreuses factions atlantistes d'obédience anglo-saxonne, dans le sillage de l'Empire britannique, consiste à réduire drastiquement la population humaine sous prétexte qu'elle serait trop élevée par rapport aux ressources naturelles. C'est l'ambition du WWF, mais c'est aussi le rêve des circuits autour de Kissinger dans les années 70 (avant eux, des porte-paroles de ces milieux synarchiques se sont exprimés par l'intermédiaire entre autres de Russell le logicien illogique ou de Wells le fictionniste inspiré par les prévisions des clubs anglais).
Disons-le franchement : Malthus ne serait qu'un piètre économiste et penseur s'il n'avait bénéficié du soutien de la Compagnie des Indes, qui l'emploiera comme professeur dans un collège et lui permettra de développer ses idées impérialistes. Au passage, l'opposition que relaye Wikipédia entre Malthus et le père du libéralisme classique, Smith, est ridicule : outre que l'Empire britannique s'appuie sur différentes branches du libéralisme, Malthus est en correspondance avec Ricardo, un autre libéral classique. En outre, il inspirera les travaux de Keynes, que l'on présente (à tort) comme un libéral progressiste et modéré et dont on se réclame beaucoup aujourd'hui pour juguler la crise par un État plus fort (doctrine perverse du gouvernement mondial).
Malthus exprime simplement une certaine branche du libéralisme, qui est le libéralisme pessimiste : en gros, sa conception statique part du postulat fallacieux selon lequel l'offre et la demande ne s'équilibrent pas. Quelle différence de fond avec celui que Wikipédia présente comme l'opposant idéologique de Malthus - l'optimiste Smith? Smith serait optimiste parce qu'il postule la main invisible comme principe explicatif de l'équilibre harmonieux dans les échanges (entre l'offre et la demande). Smith explique l'équilibre à partir d'un concept de main invisible qui est erroné et qui ne saurait en rien se démontrer.
C'est un peu comme affirmer que l'équilibre s'obtient par enchantement. C'est de la magie. Noire chez Malthus. Blanche chez Smith? Smith et Malthus appartiennent à la même école : tous deux sont des idéologues au service de l'Empire britannique. L'impérialisme, le colonialisme, l'esclavagisme, toutes ces formes ressortissent de la même approche : la domination. Smith travestit la domination sous un optimisme de bon aloi, mais quand on examine le bilan du libéralisme, on subit une impressionnante litanie de faits qui prouve l'implacable élitisme dominateur qui oeuvre derrière l'idéal de liberté.
Le concept de liberté finie implique fatalement la domination, à moins de tomber dans le piège du communisme ou d'autres formes dérivées qui toutes expriment la vision béate de l'immanentisme progressiste. Smith, Ricardo, Bentham, Malthus... : même combat. Le pessimiste a toujours l'avantage sur l'optimiste de se montrer plus lucide, pour la raison qu'il aperçoit forcément dans toute situation les conditions de violence et de destruction. L'optimisme possède sur le pessimisme l'avantage d'accepter le changement. On est peut-être moins lucide, mais on vit mieux aussi.
Schopenhauer distingue les subtilités de l'existence dès qu'il s'agit de discerner leur violence et leur destruction. Par contre, Schopenhauer perd sa lucidité précieuse et précise à partir du moment où il aborde la notion de temps. Schopenhauer est totalement hermétique à la notion de différence/devenir. Au fond, le libéralisme montre son vrai visage quand on comprend que la chute présente du libéralisme (comme de toutes les idéologies), qui avait dégénéré déjà en ultralibéralisme, libère subitement l'espace pour Malthus.
Keynes et Malthus. Keynes sert à rassurer ceux que le manque d'État indispose. Mais Keynes permet en même temps d'imposer l'idée de gouvernance mondiale. Malthus permet d'imposer l'idée de staticité du réel fini. Dans ce contexte, trois carottes pour cinq personnes seront toujours trois carottes - pour cinq personnes. Il ne reste plus qu'à tuer deux personnes. Ainsi de la baisse démographique, consentie non pour satisfaire l'oligarchie en place (les successeurs de la Compagnie des Indes), mais pour sauver l'humanité et la nature.
Au passage, on appréciera la vogue de l'écologie en regard de son adéquation remarquable aux thèses malthusiennes et eugénistes. La seule réponse qui montre la fausseté des thèses d'un Malthus? Le processus dynamique, tel que l'a théorisé notamment un Leibniz. Selon ce processus, une situation donnée n'est indicative que d'un certain moment. C'est faire fi du temps que de calculer arrêté. C'est faire fi du progrès, du changement. Malthus aurait raison si le temps n'existait pas. Si le temps existe, Malthus est au mieux un propagandiste - au pis un dangereux presbyte.
Au lieu de théoriser les capacités économiques et démographiques d'un moment donné, il faut encourager le progrès pour accroître lesdites capacités. Soit l'on suit l'idéologie mondialiste d'obédience malthusienne selon laquelle le progrès humain s'arrête au stade de l'homme-monde; soit l'on part du principe que le principe de globalisation ou de mondialisation est un principe historique irréfutable - et l'on encourage la poursuite de ce principe et la conquête de l'espace.
Ce que l'homme pouvait faire il y a mille ans est totalement disproportionnel et inférieur à ce qu'il réalise aujourd'hui. Ses facultés de créativité lui ont permis des progrès techniques et scientifiques qui ont décuplé le potentiel démographique. Un Malthus surgit quand les thèses d'un Smith s'effondrent. Le pessimisme néolibéral remplace l'optimisme libéral. A vrai dire, les modes eugénistes ont toujours été latentes dans les pays libéraux. Il suffit de constater les dérives des États-Unis lors du vingtième siècle dans ce domaine et sur ce sujet. Smith domine tant que le libéralisme fanfaronne. Plus il devient évident qu'il n'est qu'un passage et plus le versant réducteur et pessimiste de Malthus surgit comme une verrue hideuse et inquiétante sur un visage déformé et dégoulinant de sueur.
Malthus est la vraie réponse à la crise systémique : diminuer la population humaine pour l'ajuster aux capacités de production en baisse. La solution malthusienne est une solution d'ajustement qui considère que la crise est normale, soit que le processus de dégénérescence ou de néantisation est en marche. Il n'y a pas deux solutions : soit progresser et changer; soit régresser et disparaître.
Evidemment, à ce sujet, quand on parle de la crise systémique et de l'effondrement, les gens entendent (ou attendent?) un effondrement subit et spectaculaire. C'est un fantasme remarquable au sens où les fantasmes ne sont pas faits pour se réaliser. En réalité, il faut suivre les politiques eugénistes ou l'idéologie proto-libérale d'un Malthus pour comprendre ce que signifient l'effondrement systémique et l'accompagnement de la crise.
Nos sociétés libérales se caractérisent par la prééminence stratégique des classes moyennes. Le sage Solon aurait inventé cette théorie des classes moyennes comme l'équilibre de la cité. Au juste, j'ignore si Solon est vraiment l'inventeur ou s'il n'a fait que redécouvrir pour la Grèce ce qui existait depuis longtemps ailleurs, mais une choses est certaine : les sociétés de stade terminal, quand la crise commence à affecter leurs capacités comme une maladie qui affaiblit sérieusement le patient, n'offrent pas le spectacle de l'effondrement au sens d'un écroulement radical et foudroyant. Laissons le temps au temps et cessons de vouloir du spectacle de changement.
Les sociétés dégénérées s'affaissent progressivement. Elles se divisent en une élite oligarchique et une masse informe et informelle de pauvres et de démunis. C'est d'ailleurs cette société qu'appellent de leurs voeux les think tanks mondialistes et secrets comme le Bilderberg Group. Si l'on veut une image de ce que peut donner l'effondrement systémique, que l'on consulte l'histoire de l'Afrique, où une infime minorité d'élites corrompues et prédatrices se partagent (avec la complicité de factions financières occidentalistes transversales) les richesses déclinantes et rares, malgré la richesse inépuisable du sol et des populations. En particulier que l'on s'attache à des pays ravagés par les guerres civiles, les famines et les massacres (Liberia ou Sierra Leone) pour constater que la possibilité de cet avènement n'est pas fantasme, mais réalité fragmentaire, appelée à progresser - les mêmes causes engendrant les mêmes effets.
Ces sociétés au bord du gouffre n'ont de possibilité de repartir, comme une plante moribonde, que grâce à la présence tutélaire et revigorante d'autres sociétés humaines environnantes. Tel n'est pas le cas dans un paysage unique et mondialiste, où l'effondrement de la société humaine affecte l'ensemble des individus. La société unique si elle s'effondrait engendrerait la disparition de l'humanité. Nous nous trouvons au bord du précipice, au sens où nous manquons toujours plus de basculer vers ces sociétés chaotiques qui précèdent de manière aléatoire (mais certaine) la disparition totale. La dégénérescence et la déchéance sont les stades qui précèdent le chaos effectif.
La crise systémique n'agira pas comme l'explosion dévastatrice d'une bombe nucléaire ou la rencontre cataclysmique d'une météorite. Elle mène au chaos doucement et sûrement. Il est impossible à une économie généralisée de s'effondrer d'un seul coup, comme un plancher ravagé par un violent incendie qui cède dans un artifice pétaradant de lumières et d'étincelles. Ces effondrements peuvent intervenir à certains points chauds, mais le chaos s'obtient plus sûrement et plus subtilement par une descente manifeste, mais progressive aux Enfers.
Pareille à la grenouille qui refuse d'avouer qu'elle cuit lentement dans une eau de plus en plus bouillante, l'humanité dénie qu'elle se trouve en crise et que la crise emmène vers le chaos. Rappelons les règles élémentaires d'un combat de boxe. On n'y perd pas seulement par KO. Il arrive assez fréquemment que la victoire se décide et se dessine aux points. Je n'ai pas dit : aux poings. C'est à force de donner des coups qu'un boxeur gagne, tandis que l'autre perd à force de prendre des coups. Pas de quoi criser devant l'évidence - du chaos.
Le chaos est moins le subit néant généralisé que la longue suite de destructions qui mènent au final à une destruction particulière. Désolé de réduire l'homme à un réseau pensant, mais la disparition de l'humanité n'engendrerait certainement pas la disparition du réel ou de l'univers. D'ailleurs, aussi sûrement que l'homme n'a pas toujours existé et se trouve par conséquent susceptible de disparaître, ainsi que toute partie de ce reél, le reél par contre ne saurait disparaître.
Il correspond à ce que le Coran et bien d'autres appellent l'Incréé. D'un point de vue ontologique, le chaos n'existe pas. C'est le nihilisme qui croit au chaos. Le chaos humain, c'est avant tout la grande faiblesse des sociétés humaines, l'anarchie humaine, voire la disparition de l'espèce humaine, au sens où une autre espèce fameuse et voyante, les dinosaures mythiques, auraient disparu sous l'action malfaisante et aveugle d'une météorite. La faiblesse du nihilisme, au sens de vice, consiste à prêter au néant des vertus régénératrices et positives.
Plus on détruit, plus on est bon. Le temps ne fait rien à l'affaire. Le néant régénérateur exprime l'idée typiquement nihiliste qu'il faut détruire pour perpétuer le sensible et que la destruction ne mène pas à la disparition. Peut-être même les nihilistes qui mènent le bal dans les circuits mondialistes soit ne se rendent pas compte de leur stratégie mortifère, soit croient vraiment qu'ils ont raison. En tout cas, leur lourde erreur si elle était appliquée durablement mènerait l'homme vers le chaos : l'anarchie, l'agonie, puis - la mort.

vendredi 8 mai 2009

Le Saint-Sauveur

La dernière fois que j'écoutais France Culture, je fus frappé par l'évidence foudroyante (à ne pas confondre avec l'évidence de la foudre) : cette radio intellectualiste et élitiste exprimait en fait directement l'élitisme occidentaliste derrière son vernis d'objectivité experte. Le mensonge et la propagande traduites en savantes pédanteries et subtiles distinctions. Pour commencer, nous eûmes droit en guise de hors-d'oeuvres informatifs à un discours bien connu : nous étions en 2009 et nous nagions certes en pleine crise. Heureusement, des signes irréfutables annonçaient la sortie de cette crise pour 2011 ou 2012, peut-être même 2010!
Joie et liesse! Attendez : entendez. En 2007, c'était la crise des subprimes. En 2008, la crise était plus grave que prévue (par qui?), mais elle se finirait d'ici quelques mois. En 2009, vous recommencez à nous resservir la sauce. Pourtant, un seul chiffre suffit à vous démentir : vous avez déjà donné des milliers de milliards de dollars pour renflouer les systèmes monétaires et bancaires, mais l'ensemble des titres toxiques et fictifs dépassent en produits dérivés le million de milliards de dollars.
La fête est finie - et la dette n'est pas remboursable. Le système économique de type libéral mondialiste est terminé. Overdose = over. Dose. Le système immanentiste d'application oligarchique s'est effondré. Déjà. Il faudra du temps pour contempler la fin, mais le début de la fin a sonné. Ne vous en déplaise. Vaguement irrité par le déni que nous offrent ces informations culturelles (à la sauce idéologique de type Arte?), je tombe ensuite sur une rubrique comme le journal de la crise, avec l'intervention d'un philosophe qui prétend que le seul moyen de sauver le système de la crise est de recourir à Spinoza.
Je sursaute. Je me promets de ne plus jamais écouter la radio en conduisant. Le risque d'accident automobile serait-il en effet proportionnel au surgissement d'accidents systémiques financiers? D'emblée : Spinoza pour guérir de la crise, c'est un peu comme recourir aux empoisonneurs pour guérir du poison... Notre expert en philosophie, qui pense aussi mal qu'il maîtrise à la perfection l'histoire de la philosophie, commence par contredire vigoureusement les propos rassurants qui ont été tenus et qui émanent d'experts pour qui le ridicule ne tue pas.
J'apprendrai plus tard que ces prévisions erratiques deviennent compréhensibles si l'on s'avise qu'elles émanent des cercles de conseillers en économie comportementalistes qui entourent le président Obama. En gros, notre intervenant spinoziste propose rien de moins que de remplacer l'irrationalité qui expliquerait la crise systémique économique par la théorie du désir qui permettrait de rationaliser more geometrico les échanges humains. En gros, selon lui, le libéralisme est mort; vive le spinozisme.
Là, je me dis que c'est une farce et un coup de force. Si un maoïste vous explique que le remède pour guérir le maoïsme ne réside ni dans le maoïsme, ni dans le stalinisme, mais dans le communisme, vous vous dites que le déni s'accompagne d'une carence en logique causale. On fait mine d'identifier une solution différente de la cause aux problèmes, alors que l'on ne fait que reculer la cause d'une case et que la cause que l'on identifie comme la bonne cause différente de la mauvaise cause est en fait une cause antérieure qui non seulement est la cause de la cause, mais au surplus se retrouve arrière-cause de la mauvaise cause.
Cause toujours. Proposer Spinoza pour guérir des maux de l'ultralibéralisme, et donc Spinoza contre le libéralisme historique des Smith, Bentham ou Ricardo, c'est proposer de guérir les conséquences de l'immanentisme par les causes de l'immanentisme. C'est un dédoublement assez inquiétant et tout à fait fantasmatique. Je rappellerai aux oreilles des distraits que Spinoza le saint de l'immanentisme est celui qui théorise le nihilisme moderne contre Platon et la tradition religieuse. Ceux qui aujourd'hui encensent Spinoza comme un prodigieux maître à penser sont des immanentistes explicites, de facture dégénérée et terminale.
Il suffit pour constater l'évidence douloureuse de s'aviser du cas attristant du commentateur à la mode de Spinoza, un certain Misrahi, professeur de philosophie, présenté de manière désinvolte comme l'un des grands philosophes contemporains, alors qu'il n'a rien pensé du tout et que les quelques prolongements à Spinoza qu'il prop-ose en guise de commentaires déguisés en pensée originale sont d'une banalité risible et affligeante (c'est selon). Misrahi se distingua après le 911 par un livre de soutien à la bucolique islamophobe Fallaci, proche journaliste des milieux néo-conservateurs.
Misrahi a-t-il pâti de ce soutien pour le moins contestable et sulfureux dans les médias? Que nenni. Au contraire, je ne l'ai jamais autant entendu que depuis 2001. Il est intervenu dans les colonnes de l'ancien hebdomadaires satirico-libertaire Charlie-Hebdo, fameux pour sa publication des caricatures de Mahomet (appellation impropre de Mohamed en langage islamophobe) et sa proximité idéologique avec certaines circuits proches des néo-conservateurs. Il est célébré comme un philosophe important de l'époque, supercherie maintes fois consacrées, si bien qu'un sioniste défendant des positions islamophobes n'encourt pas les mêmes problèmes qu'un métis critiquant le sionisme et accusé d'antisémitisme.
Une simple question : Misrahi serait-il sioniste? Sa proximité idéologique avec Fallaci la catholique italienne dévote est en tout cas sidérante. Je cesse de musarder et de batifoler en chemin pour revenir à Spinoza. Spinoza contre le libéralisme et les dérives de l'ultralibéralisme. Au moins est-il reconnu que le libéralisme ne peut mener qu'à l'ultralibéralisme en tant que catastrophe et dégénérescence prévisibles, comme il est reconnu que le plus noble des communismes n'est pas viable et mène au stalinisme, au maoïsme et à l'impéritie totalitaire. Cependant, notre expert ès-Spinoza oublie l'essentiel : s'il est bon de relier l'ultralibéralisme au libéralisme, quoique ce lien ne soit pas des plus malaisés à établir, il convient cependant de pas opposer deux causes identiques (seulement différentes par leur degré d'antériorité logique) entre elles.
C'est pourtant ce que fait notre bon historien chroniqueur en proposant de remédier à Smith et consorts par Spinoza et ressorts. Et pourquoi pas Fallaci pour sortir du terrorisme et de l'intolérance? Une bonne vieille liqueur traditionnelle à la poire pour sortir de l'alcoolisme au whisky? Il serait temps de comprendre que la centralité des libéraux repose sur l'évacuation du problème métaphysique. Face à un problème, évacuez le problème : devise de tout nihilisme qui se respecte. Nos libéraux se contente de tout expliquer chez l'homme par l'opposition du plaisir et de la douleur. A la bonne heur!
C'est d'un mécanisme à faire pâlir d'envie un diablotin aspirant en nihilisme : le plaisir et la douleur, c'est tout bonnement l'expression de valeurs intégralement finies et immanentistes. Le seul reél est ainsi décrit comme l'univers sensible. Le raisonnement libéral consiste à dire : seul ce qui est connu est reél. Le seul reél connu est le sensible. Donc le seul réel est le sensible.
Evidemment, c'est un raisonnement scabreux et stupide, mais là n'est pas le plus intéressant. Il est savoureux de relier le simplisme du libéralisme de l'ancêtre spinoziste. Je ne dis pas que le spinozisme est simpliste (encore que); je dis qu'il est faux. Le spinozisme est bien la doctrine moderne qui aboutit à opposer le plaisir à la douleur en tant que la joie est le contraire de la douleur. La théorie du désir chez Spinoza est censée nous fournir une approche plus profonde que le positionnement libéral ultérieur, dont l'effondrement traduirait l'erreur. En gros, le libéralisme aurait trahi le spinozisme et il faudrait en revenir au spinozisme pour sauver la modernité dans son projet rationnel conçu pour l'homme.
Je veux bien, mais : le désir selon Spinoza produit une théorie de l'homme qui est immanentiste, réduite à la puissance (conatus) et à son accroissement - dans le cadre de la nécessité ontologique. C'est la théorie du désir qui conduit le plus sûrement au libéralisme, par les médiations conceptuelles que nous venons de nommer. L'opposition de deux contraires est explicitement dualiste, ce qui fait que la dénonciation du dualisme platonicien par Nieztsche est fausse. Plus exactement : de mauvaise foi.
Le monisme spinoziste repose sur l'opposition de deux contraires, le sensible et le néant. C'est contre le nihilisme que le platonisme s'oppose. Le dualisme platonicien intégrait le sensible à l'intérieur de l'idéal, ce qui fait que la scission dualiste de type platonicienne réintègre l'unité au final; tandis que le monisme proclamé de type nihiliste cache en fait l'opposition duelle. A la vérité, il fait concevoir deux dualismes : l'un nihiliste qui oppose; l'autre transcendantaliste qui réunit. Le nihilisme est bien opposition sans réunion, quand le transcendantalisme est réunion avec opposition.
Le propre du spinozisme est de congédier la métaphysique classique et l'ontologie platonicienne pour proposer en lieu et place du transcendantalisme la forme moderne du nihilisme : l'immanentisme. Dans ce cadre ontologique, le libéralisme n'est qu'une conséquence, une sous-branche de l'immanentisme, dont l'intérêt est moins ontologique et philosophique que pragmatique, économique et commercial.
Le libéralisme s'empresse de congédier les considérations métaphysiques qui assoient (même de manière masquée) sa théorie économique de type capitaliste pour mieux aborder ce qui l'intéresse : dresser une théorie de légitimation et de propagande de l'échange marchand et commercial. Ramener la politique à l'économique : ce geste révolutionnaire (adieu la politique classique) consiste à aller jusqu'au bout du geste ontologique initial, qui rend le reél fini (en occultant que le nihilisme oppose le sensible au néant). Dans le finalisme immanentiste, le spinozisme mène aussi sûrement au libéralisme que le libéralisme mène à l'ultralibéralisme - de la même manière que l'on peut dire que le marxisme mène au communisme et que le communisme mène au stalinisme et à ses suites dégénérées.
Comprend-on maintenant l'aberration du raisonnement de notre expert en spinozisme? En proposant de remédier à Friedman ou Hayek par Spinoza, notre penzeur propose tout bonnement de guérir des conséquences immanentistes par l'adjonction des causes - immanentistes. L'absurdité de ce raisonnement n'est pas seulement finaliste. Elle est aussi chronologique, puisqu'on ne revient jamais en arrière et que l'on peut seulement adapter les produits du passé aux réalités du présent. Ce n'est certainement pas de l'ancêtre empoisonneur dont on a besoin pour guérir l'empoisonné en stade terminal, quand bien même ce chef empoisonneur aurait eu l'outrecuidance de poser une question quasi médicale : que peut un corps?
Question célébrée par toute la clique postmoderne, Deleuze en tête, comme la question géniale par excellence. Malheureusement, Spinoza n'est qu'un symptôme, comme Nietzsche après lui. Spinoza annonce l'immanentisme, quand Nieztsche annonce l'immanentisme tardif et dégénéré - la fin de l'immanentisme. Nieztsche clôt la prophétie que Spinoza avait ouverte. Spinoza et Nieztsche : symptômes géniaux peut-être, mais symptômes de l'immanentisme.
Et dans cette hiérarchie symptomatique des symptômes, force est de constater que tous les symptômes ne se valent pas : le libéralisme est très inférieur au spinozisme, et l'ultralibéralisme est une caricature franchement décadente et grossière - que les libéraux classiques dénoncent avec théâtralité. Il est vrai que le processus immanentiste mène au néant et que le chemin du sensible vers le néant implique fatalement (dans tous les sens du terme) la dégradation qualitative des idées et des productions matérielles. Dans ce jeu de dupes, nous en sommes à la phase terminale : où l'on propose de guérir d'un effet par sa cause.

Hordo ab KO

La question à poser, maintenant que l'on est confronté à la crise, c'est le spectre du chaos. La perspective exacte du chaos. OK? De nombreux analystes ignorés des experts officiels et des cercles institutionnels avaient senti venir la crise. L'instrumentalisation de la crise ne fait pas de doute, mais il est lucide de parler d'instrumentalisation interne, soit d'instrumentalisation de la crise qui profite de la crise pour accroître son pouvoir, mais qui ne possède pas le pouvoir de susciter la crise.
La crise provient de méthodes ineptes et délirantes. C'est en gros le projet et le processus du monétarisme : créer de la valeur à partir de rien. Au fait, dites-moi : n'est-ce pas aussi l'une des armes favorites du diable? Le monétarisme est une folie logique évidente, mais il est l'expression en économie du nihilisme moderne (immanentisme). Rappelez-vous : Spinoza commence par imposer un monisme. La preuve que le système de Spinoza sur monte le platonisme et la métaphysique classique, c'est qu'il réconcilie et qu'il propose l'unité quand le platonisme ne dispose que du dualisme (selon l'appellation de Nietzsche).
Las! Si l'on a le courage d'examiner le monisme nihiliste, on se rend compte qu'il cache soigneusement son dualisme véritable en proposant une définition une du réel : c'est le sensible. Autrement dit, la production de définition recoupe le simplisme, puisque le nihilisme se contente de réduire tout le travail transcendantaliste au sensible, soit la constatation empirique première et évidente.
Ce n'est pas tout. Le nihilisme ne parvient à l'unité qu'en créant un pendant nécessaire au sensible : c'est le néant. Bien entendu, il convient de cacher le néant, sans quoi la doctrine moniste n'est plus moniste, mais dualiste (sensible/néant). Surtout, le dualisme platonicien revient en fait à une réconciliation (le sensible intégré à l'Un idéal), quand le nihilisme découle d'une opposition (le sensible opposé au néant).
L'erreur nihiliste se double d'une tromperie et d'une dissimulation. Simulation : le nihilisme révèle l'Un. Correction : il révèle plutôt la pomme de discorde véritable, celle que tout l'effort du transcendantalisme consiste à différer. Le nihilisme est opposition en ce que cette opposition ne peut mener qu'à la destruction. Destruction ontologique. La fin du transcendantalisme consiste à transformer le reél non sensible en sensible propice à l'homme. Mais le nihilisme aboutit exactement au résultat inverse : appauvrir le sensible à force d'empêcher la transformation ontologique d'idéal en sensible, dont le sacrifice est la marque de fabrique première.
Le nihilisme part de deux principes :
1) Seule la destruction régénère le sensible par l'adjonction de néant qui se transforme en sensible.
2) Cette théorie fumeuse (et fausse) est compatible avec le refus du principe de dynamique du réel. Le reél demeure statique et immuable.
Dans la conception classique, l'homme possède le pouvoir d'accroissement et d'évolution dans la transformation. C'est ainsi que l'homme a toujours pu faire face au progrès technique et scientifique. Notamment dans la démographie : l'accroissement de la démographie traduit le progrès humain et le fait que l'homme ne cesse de se développer et de se réunir. C'est le processus de mondialisation à ne pas confondre avec l'idéologie du mondialisme.
La conception immanentiste tend plutôt à laisser entendre que l'ordre des choses est stable. On trouve une évocation fidèle de cette conception chez Schopenhauer qui non seulement pense que l'histoire est répétition, mais encore que finalement, c'est toujours la même mouche qui bourdonne (au travers des différentes mouches et de la durée de vie fort réduite d'un individu mouche au regard de l'homme).
Cette conception se comprend avec la définition du reél comme sensible. Si le reél est fini, alors il ne saurait être dynamique. Il est donné une bonne fois pour toutes et c'est en quoi Rosset peut proposer comme synonyme du réel dans un ouvrage de jeunesse le donné. Le donné est donné - une bonne fois pour toutes. Par ailleurs, l'ennemi intime de Rosset, Derrida le Différand, qui eut un différend avec Rosset dans la mesure où tous deux étaient des immanentistes de facture terminale, Derrida donc avoue dans une conversation (narcissique et futile) qu'il est tombé éperdument amoureux de l'expression : une bonne fois pour toutes.
Dont acte. La conception ordo ab chao n'est pas antithétique de la conception nihiliste de réel statique par opposition au reél dynamique. Elle consiste à estimer que la régénération du reél (sensible) est statique, alors que la conception classique du sacrifice tend à concevoir le sacrifice comme le changement dynamique du reél. C'est à l'intérieur de cette conception nihiliste et statique qu'intervient Mathus, qui est plus un économiste qu'un penseur. Mathus est le paradigme dont se réclament tous les libéraux à partir du vingtième siècle.
Le projet de nombreuses factions atlantistes d'obédience anglo-saxonne, dans le sillage de l'Empire britannique, consiste à réduire drastiquement la population humaine sous prétexte qu'elle serait trop élevée par rapport aux ressources naturelles. C'est l'ambition du WWF, mais c'est aussi le rêve des circuits de Kissinger dès 1970 (avant eux, des porte-paroles de ces milieux synarchiques se sont exprimés par l'intermédiaire entre autres de Russell le logicien illogique ou de Wells le fictionniste inspiré par les prévisions des clubs anglais).
Disons-le franchement : Malthus ne serait qu'un piètre économiste et penseur s'il n'avait bénéficié du soutien de la Compagnie des Indes, qui l'emploiera comme professeur dans un collège et lui permettra de développer ses idées. Au passage, l'opposition que relaye Wikipédia entre Malthus et le père du libéralisme classique, Smith, est ridicule : outre que l'Empire britannique s'appuie sur différentes branches du libéralisme, Smith est en correspondance avec Ricardo, un autre libéral classique. En outre, il inspirera les travaux de Keynes, que l'on présente (à tort) comme un libéral progressiste et modéré et dont on se réclame beaucoup aujourd'hui pour juguler la crise par un État plus fort (doctrine perverse du gouvernement mondial notamment).
Malthus exprime simplement une certaine branche du libéralisme, qui est le libéralisme pessimiste : en gros, sa conception statique part du postulat fallacieux selon lequel l'offre et la demande ne s'équilibrent pas. Quelle différence de fond avec celui que Wikipédia présente comme l'opposant idéologique de Malthus - l'optimiste Smith? Smith serait optimiste parce qu'il postule la main invisible comme principe explicatif de l'équilibre harmonieux dans les échanges (entre l'offre et la demande). Smith explique l'équilibre à partir d'un concept de main invisible qui est erroné et qui ne saurait en rien se démontrer.
C'est un peu comme affirmer que l'équilibre s'obtient par enchantement. C'est de al magie. Noire chez Malthus. Blanche chez Smith. Smith et Malthus appartiennent à la même école : tous deux sont des idéologues au service de l'Empire britannique. L'impérialisme, le colonialisme, l'esclavagisme, toutes ces formes ressortissent de la même approche : la domination. Smith travestit la domination sous un optimisme de bon aloi, mais quand on examine le bilan du libéralisme, on subit une impressionnante litanie de faits qui prouve l'implacable élitisme dominateur qui oeuvre derrière l'idéal de liberté.
Le concept de liberté finie implique fatalement la domination, à moins de tomber dans le piège du communisme ou d'autres formes dérivées qui toutes expriment la vision béate de l'immanentisme progressiste. Smith, Ricardo, Bentham, Malthus, même combat. Le pessimiste a toujours l'avantage sur l'optimiste de se montrer plus lucide, pour la raison qu'il aperçoit forcément les conditions de violence et de destruction. L'optimisme possède sur le pessimisme l'avantage d'accepter le changement.
Schopenhauer distingue toutes les subtilités de l'existence dès qu'il s'agit de leur violence et de leur destruction. Par contre, Schopenhauer perd cette lucidité précieuse et précise à partir du moment où il aborde la notion de temps et de devenir. Schopenhauer est totalement hermétique à la notion de différence. Au fond, le libéralisme montre son vrai visage quand on comprend que la chute présente du libéralisme (comme de toutes les idéologies), qui avait dégénéré déjà en ultralibéralisme, libère subitement l'espace pour Malthus.
Keynes et Malthus. Keynes sert à rassurer ceux que le manque d'État indispose. Mais Keynes permet en même temps d'imposer l'idée de gouvernance mondiale. Malthus permet d'imposer l'idée de staticité du réel fini. Dans ce contexte, trois carottes pour cinq personnes seront toujours trois carottes - pour cinq personnes. Il ne reste plus qu'à tuer deux personnes. Ainsi de la baisse démographique, consentie non pour satisfaire l'oligarchie en place (les successeurs de la Compagnie des Indes), mais pour sauver l'humanité et la nature.
Au passage, on appréciera la vogue de l'écologie en regard de son adéquation remarquables aux thèses malthusiennes et eugénistes. La seule réponse qui montre la fausseté des thèses d'un Malthus? Le processus dynamique, tel que l'a théorisé notamment un Leibniz. Selon ce processus, une certaine situation donnée n'est indicative que d'un certain moment. C'est faire fi du temps que de calculer arrêté. C'est faire fi du progrès, du changement. Malthus aurait raison si le temps n'existait pas. Si le temps existe, Malthus est au mieux un propagnadiste - au pis un dangereux niais.
Au lieu de théoriser les capacités économiques et démographiques d'un moment donné, il faut encourager el progrès. Soit l'on suit l'idéologie mondialiste d'obédience malthusienne selon laquelle le progrès humain s'arrête au stade de l'homme-monde; soit l'on part du principe que le principe de globalisation ou de mondialisation est un principe historique irréfutable - te l'on encourage la poursuite de ce principe et la conquête de l'espace.
Ce que l'homme pouvait faire il y a mille ans est totalement disproportionnel et inférieur à ce qu'il réalise aujourd'hui. Ses facultés de créativité lui ont permis des progrès techniques et scientifiques qui ont décuplé le potentiel démographique. Un Malthus surgit quand les thèses d'un Smith s'effondre. A vrai dire, les modes eugénistes ont toujours été latentes dans les pays libéraux. Il suffit de constater les dérives des États-Unis lors du vingtième siècle dans ce domaine et sur ce sujet. Mais Smith domine tant que le libéralisme fanfaronne. Plus il devient évident qu'il n'est qu'un passage et plus le versant réducteur et pessimiste de Malthus surgit comme une verrue hideuse et inquiétante sur un visage déformé et dégoulinant de sueur.
Malthus est la vraie réponse à la crise systémique : diminuer la population humaine pour l'ajuster aux capacités de production en baisse. La solution malthusienne est une solution d'ajustement qui considère que la crise est normale, soit que le processus de dégénérescence ou de néantisation est en marche. Il n'y a pas deux solutions : soit progresser et changer; soit régresser et disparaître.
Evidemment, à ce sujet, quand on parle de la crise systémique et de l'effondrement, les gens entendent (ou attendent?) un effondrement subit et spectaculaire. C'est un fantasme remarquable au sens où les fantasmes ne sont pas faits pour se réaliser. En réalité, il faut suivre les politiques eugénistes ou l'idéologie proto-libérale d'un Malthus pour comprendre ce que signifient l'effondrement systémique et l'accompagnement de la crise.
Nos sociétés modernes libérales se caractérisent par l'équilibre des classes moyennes. On entend souvent répéter que le sage Solon aurait inventé cette théorie des classes moyennes comme équilibre d'une cité. Au juste, j'ignore si Solon est vraiment l'inventeur ou s'il n'a fait que redécouvrir pour la Grèce ce qui existait depuis longtemps ailleurs, mais une choses est certaine : les sociétés de stade terminal, quand la crise commence à affecter leurs capacités comme une maladie qui affaiblit sérieusement le patient, ne constituent pas un spectacle d'effondrement.
Elles s'affaissent progressivement et se divisent en une élite oligarchique et une masse informe et informelle de pauvres et de démunis. C'est d'ailleurs cette société qu'appellent de leurs voeux tous les think tanks mondialistes et secrets comme le Bilderberg Group. Si l'on veut une image de ce que peut donner l'effondrement systémique, que l'on consulte l'histoire de l'Afrique, où une infime minorité d'élites corrompues et prédatrices se partage (avec la complicité de factions financières occidentalistes transversales) les richesses déclinantes et rares. En particulier que l'on s'attache à des pays ravagés par les guerres civiles, les famines et les massacres pour constater que la possibilité n'est pas un fantasme, mais une réalité fragmentaire, appelée à progresser - les mêmes causes engendrant les mêmes effets.
Ces sociétés sont au bord du gouffre et n'ont de possibilité de repartir, comme une plante moribonde, que grâce à la présence tutélaire et revigorante d'autres sociétés humaines environnantes. Tel n'est pas le cas dans un paysage unique et mondialiste, où l'effondrement de la société humaine affecte l'ensemble des individus humains. La société unique si elle s'effondrait engendrerait la disparition de l'humanité. Nous nous trouvons au bord du précipice, au sens où nous manquons toujours plus de basculer vers ces sociétés chaotiques qui précèdent de manière aléatoire (mais certaine) la disparition totale. La dégénérescence et la déchéance sont les stades qui précèdent le chaos effectif.
La crise systémique n'agira pas comme l'explosion dévastatrice d'une bombe nucléaire ou la rencontre cataclysmique d'une météorite. Elle mène au chaos doucement et sûrement. Il est impossible à une économie généralisée de s'effondrer d'un seul coup, comme un plancher ravagé par un violent incendie. Ces effondrements peuvent se dérouler à certains points chauds, mais le chaos s'obtient plus sûrement et plus subtilement par une descente manifeste, mais progressive aux Enfers.
Pareille à la grenouille qui refuse d'avouer qu'elle cuit lentement dans une eau de plus en plus bouillante, l'humanité dénie qu'elle se trouve en crise et que la cris emmène vers le chaos. Rappelons les règles élémentaires d'un combat de boxe. On n'y perd pas seulement par KO. Il arrive assez fréquemment que la victoire se décide et se dessine aux points. Je n'ai pas dit : aux poings. C'est à force de donner des coups qu'un boxeur gagne, tandis que l'autre perd à force de prendre des coups. Pas de quoi criser devant l'évidence du chaos.
Le chaos est moins le subit néant généralisé que la longue suite de destructions qui mènent au final à une destruction particulière. Désolé de réduire l'homme à un réseau pensant, mais la disparition de l'humanité n'engendrerait certainement pas la disparition du réel ou de l'univers. D'ailleurs, aussi sûrement que l'homme n'a pas toujours existé et se trouve par conséquent susceptible de disparaître, ainsi que toute partie de ce reél, le reél par contre ne saurait disparaître.
Il correspond à ce que le Coran et bien d'autres appellent l'Incréé. D'un point de vue ontologique, le chaos n'existe pas. C'est le nihilisme qui croit au chaos. Le chaos humain, c'est avant tout la grande faiblesse des sociétés humaines, l'anarchie humaine, voire la disparition de l'espèce humaine, au sens où une autre espèce fameuse et voyante, les dinosaures mythiques, auraient disparu sous l'action malfaisante et aveugle d'une météorite. La faiblesse du nihilisme, au sens de vice, consiste à prêter au néant des vertus régénératrices et positives.
Plus on détruit, plus on est bon. Le temps ne fait rien à l'affaire. Le néant régénérateur exprime l'idée typiquement nihiliste qu'il faut détruire pour perpétuer le sensible et que la destruction ne mène pas à la disparition. Peut-être même les nihilistes qui mènent le bal dans les circuits mondialistes soit ne se rendent pas compte de leur stratégie mortifère, soit croient vraiment qu'ils ont raison. En tout cas, leur lourde erreur si elle était appliquée durablement mènerait l'homme vers le chaos : l'anarchie, l'agonie, puis - la mort.

jeudi 7 mai 2009

Chaînes et digues

Je laisse l'article tel quel malgré quelques fautes de syntaxe. Sur le fond, il est très intéressant. L'implication (d'après l'article) de réseaux anglo-saxons (via le pion Cheney) dans le terrorisme signé par des circuits israéliens indique pour qui veut comprendre la connexion entre Israël et l'ancien Empire britannique, ayant muté en factions financières, dont la City est la première place mondiale. LaRouche appelle cet Empire financier empire hollando-anglo-saoudien. Il serait bon de comprendre que les actions d'Israël sont rendues possibles par la complicité des factions occidentales qui les manipulent, et non pas parce que Israël ou le sionisme domineraient le monde. D'ailleurs, qu'est-ce que le sionisme? Une idéologie inspirée par les hérésies protestantes anglo-saxonnes, importées aux États-Unis depuis la métropole anglaise. Qui est Cheney? Un ancien cadre du CFR, think tank dictant la politique étrangère américaine depuis la Seconde guerre mondiale, dont le fonctionnement est calqué sur le modèle du RIIA anglais.

http://www.alterinfo.net/Cheney-est-derriere-une-serie-d-assassinats-politiques,-dont-Rafic-Hariri_a32243.html

"Cheney est derrière une série d’assassinats politiques, dont Rafic Hariri...

Dick Cheney, un nom dont on évoque beaucoup ces derniers temps dans les médias américains… ET pour cause, le nom de Dick Cheney, un des plus féroces faucons dans l’administration de Bush, semble désormais affilié aux crimes d’Etat ou aux assassinats politiques graves perpétrés dans le monde, surtout au Moyen-Orient.
Ghada Houbalah


Notez


Cheney est derrière une série d’assassinats politiques, dont Rafic Hariri...
En effet, Cheney a eu sa propre unité d'escadron de la mort au sein de la CIA dont il dirigeait à partir de la Maison Blanche. ET c’est par ses ordres de que son unité a assassiné l'ancien ministre libanais Rafic Hariri le 14 Mars 2005 et le chef des Forces libanaises Elie Hobeika, le 24 Janvier 2002 à Beyrouth.
Des informations rapportés par le réputé journaliste d'investigation Wayne Madsen, connu pour ses liens étroits avec les milieux actifs dans la CIA.
Madison qui s’exprimait à la chaîne de télévision russe Russia Today a révélé que la même équipe qui avait assassinée Hobeika, en coordination avec le bureau de l'ancien Premier ministre israélien, a également assassiné Hariri.
«C'est quelque chose que j'ai entendu il ya environ cinq ans à partir de sources de la CIA", a déclaré Madsen.
ET de préciser : "J'ai signalé en 2004-2005 que l'unité de la CIA liée à la Maison Blanche était chargée d’arranger les assassinats au Liban de l'ancien leader chrétien Elie Hobeika et aussi de l'ancien Premier ministre libanais Rafik Hariri, et que cela a été fait en étroite collaboration avec une unité semblable à celle de la CIA, mais liée au bureau de Jérusalem dirigée alors Premier ministre Ariel Sharon ".
En 2002, Hobeika devait se rendre à La Haye pour témoigner contre Sharon sur les massacres de Sabra et Chatila en 1982.
Par contre, en 2005, l'assassinat de Hariri était destiné à déclencher une situation exceptionnellement favorable pour déstabiliser le Liban, en provoquant le retrait des forces syriennes du Liban et construire une base américaine dans le nord du Liban, un prélude pour mettre un terme aux mouvements de résistance dans la région, à savoir le Hezbollah , la hantise de Sharon.
Il n’est pas surprenant que les révélations de Madsen ont suscité une vague de réactions exigeant la poursuite en justice de Dick Cheney.
Madsen a fondé ses révélations sur des informations découvertes par la journaliste d'investigation américain Seymour Hersh.
Le 3 Mars dernier, au Minnesota, Hersh a révélé une unité de commandos secrète la Delta Force connue sous le nom de «assassinations Wing » avec pour mission exclusive d’exécuter des assassinats politiques dans le monde, sans passer par le Secrétaire de la Défense et même sans une partie du Pentagone, mais seulement via le bureau de Cheney.

«C'est une unité spéciale chargée de mission spéciales et qui agit de façon autonome. Ses membres ne rendent compte à personne, sauf sous l’administration de Clinton et Bush, où ils rendaient des rapports directement au bureau de Cheney ... C'est exclusivement une unité d’assassinat exécutive et elle opère depuis toujours, a affirmé Seymour Hersh.

Mais encore Madison ajoute : " Les révélations de Hersh ne laissent aucun doute sur le fait que Dick Cheney est à la tête de cette structure. Et j’avais en 2004-2005, que Karl Rove, un des hauts conseillers politiques du président George W. Bush était impliqué dans le scandale de l’Iran Contras, tout autant le conseiller pour la sécurité nationale de Bush, Elliot Abrams, il a été impliqué et a été inculpé dans ce scandale, mais il a été gracié par l'ancien président George W Bush. "
En 2005, Madsen laissé tomber une bombe, citant une «source importante» dans son rapport , il a déclaré qu’ "un certain nombre de sources de renseignement ont signalé que les assassinats de dirigeants étrangers, comme Hariri et Hobeika ont été indéniablement autorisés par deux fonctionnaires-clef dans la Maison Blanche, le sous-chef d'état-major Karl Rove et le vice-conseiller à la sécurité nationale Elliot Abrams.
En outre, Abrams est la clé de liaison entre la Maison Blanche et le bureau de Sharon pour ces opérations clandestines, y compris les assassinats politiques et Abrams est l’homme vers lequel les Israéliens s’adresse".
Nul doute que ces nouvelles révélations ont l’effet d’une bombe au Moyen-Orient et surtout au Liban à quelques semaines des élections législatives. Car non seulement elle permet d’élaborer de nouvelles prospectives sur les assassinats qui ont ravagés le Liban pendant plus de quatre décennies mais elles posent d’autres hypothèses que le bloc du 14 mars pro-américain refusent toujours de considérer - principalement en ce qui concerne l'assassinat de Rafic Hariri – et que le secrétaire général du Hezbollah Sayyed Hassan Nasrallah a évoqué au cours de sa dernière allocution télévisée, à savoir ne pas exclure la piste israélienne

Jeudi 07 Mai 2009
http://www.almanar.com.lb http://www.almanar.com.lb"

http://www.voltairenet.org/article159944.html

"Dick Cheney aurait commandité l’assassinat de Rafic Hariri




Dans un entretien à la télévision Russia Today, le journaliste états-unien Wayne Madsen a confirmé les informations de son collègue Seymour Hersh sur l’existence d’escadrons de la mort US placés sous la direction exclusive du vice-président Cheney, de 2001 à 2008, et lié à une structure israélienne équivalente.

Prolongeant ces révélations, Wayne Madsen a déclaré avoir recoupé diverses sources et être en mesure d’affirmer que Dick Cheney avait ordonné l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais, Rafic Hariri (14 février 2005). Cette information surgit quelques semaines après l’installation par l’ONU du Tribunal spécial pour le Liban, principalement chargé de juger ce meurtre.

L’existence de plans pour assassiner des leaders politiques dans le monde entier a été évoquée par Bob Woodward dans le Washington Post dès janvier 2002. Wayne Madsen avait alors révélé le nom des premières cibles (le leader papou Theys Eluay, le ministre de la Justice du Nigéria Chef Bola Ige, le gouverneur de la province d’Aceh Abdullah Syaffi, et le chef des milices chrétiennes libanaises Elie Hobeika). La stratégie de ces escadrons de la mort avait été précisée un mois et demi plus tard par Thierry Meyssan dans L’Effroyable imposture 1 (chapitre 10). Le réseau logistique ayant préparé l’assassinat de Rafic Hariri a été détaillé dans L’Effroyable imposture 2."


mercredi 6 mai 2009

L'intrus ment

Pour résumer mon propos, le plus fidèle est encore d'écouter un chanteur ivoirien, qui est tragiquement bien placé pour connaître d'expérience les résultats de la politique oligarchique de type impérialiste, colonial et occidentaliste. Résultat des courses : le balayeur balayé. Leçon de vie en chanson.

Quand on entend parler de la crise systémique terrible qui secoue le monde et qui menace tout simplement de l'emmener vers le déclin démographique et la régression créatrice, sur le modèle stupide et borné d'un Malthus, économiste typique de l'impérialisme colonial occidentaliste, on commet souvent l'erreur de type complotiste (soit monodéterministe et faisant du complot l'explication finale et finaliste) de croire à l'assertion suivante : la crise serait purement et simplement instrumentalisée, par des gens puissants (banquiers et financiers) qui maîtriseraient totalement le système.
Ce préjugé véhicule l'idée selon laquelle l'instrumentalisation de la crise signifierait et impliquerait le contrôle total du reél par les personnes qui dominent le système. Le problème dans l'analyse tient moins à l'évidence de l'instrumentalisation de la crise qu'à la conception et la définition de l'instrumentalisation. Instrumentaliser ne signifie pas forcément détenir le contrôle global et total sur l'ensemble de la situation. L'instrumentalisation peut aussi désigner un contrôle partiel, voire fragile sur une certaine situation ou sur une partie de la situation.
Si l'on examine les exemples historiques d'instrumentalisation, on constate que les cas d'instrumentalisation, comme de complot, sont légions, mais que l'instrumentalisation suit nettement la courbe de l'instrumentalisation partielle et s'éloigne de l'instrumentalisation totale. Ce pour une raison précise, qui est au fond rassurante : de la même manière que les complots sont appelés à échouer dans leurs prétentions finalistes (ce qui ne signifie pas que les comploteurs n'existent pas ou que l'accusation de complotisme soit délirante), l'instrumentalisation ne saurait en aucun cas s'appliquer sur l'ensemble du reél.
Quel esprit dément oserait affirmer que l'homme maîtrise l'ensemble du reél, même l'homme le plus puissant, si tant est qu'un tel homme existe? Rappelons :
1) qu'il n'est pas possible de produire une définition du reél.
2) que dans le cadre de l'identité morcelée et différante de l'immanentisme, le principe de responsabilité et de fondement ne saurait certainement pas être assumé par un seul homme, mais au contraire subit le poids de l'affaiblissement fragmentaire.
Dans le cas de la crise systémique actuelle, dont on insinue de manière comique qu'elle serait tous les ans en voie de se finir, on peut appliquer ces quelques critères à la question de l'instrumentalisation de la crise. L'instrumentalisation est évidente puisque certaines puissances (financières) profitent de la crise et que ces puissances se trouvent au coeur du système. Elles devraient par conséquent être touchées par la crise. Non seulement ce n'est pas le cas, mais en plus c'est explicitement l'inverse.
Mais pour révoltant que soit ce phénomène dont la négation s'apparente à du déni ou de la mauvaise foi, l'instrumentalisation présente ressortit de l'instrumentalisation partielle et certainement pas de l'instrumentalisation totale. Je veux dire que les gens qui dominent le système occidentaliste, système mû par l'ultralibéralisme et le mondialisme, ne sont pas des manipulateurs qui maîtriseraient entièrement le système politique de type économique dont ils ont la charge.
Ils instrumentalisent seulement ce qui correspond à leur (petit) pouvoir. Pouvoir limité et définissable du fait de sa limitation, contrairement au réel (qui ne se définit pas parce qu'il n'est pas limité) : pouvoir interne au système, c'est-à-dire qui ne contrôle pas l'ensemble du système et qui n'est pas extérieur au système. Cette limite suffit à montrer le caractère partiel de l'instrumentalisation en question. Le pouvoir des factions financières mondialistes est limité en ce qu'il n'est pas capable de dépasser le caractère de finitude inscrit dans le programme même de l'économie.
La limite de ce programme se révèle notamment dans la faiblesse insigne de la valeur philosophique (ontologique et métaphysique) contenue dans la philosophie libérale : le libéralisme repose sur le mythe de la main invisible, qui est une fuite en avant et un antiprincipe. Soit : un faux principe qui fait mine d'expliquer pour mieux ne rien expliquer du tout. Dès lors qu'on comprend que la position exacte des dirigeants du système immanentiste de type occidentaliste est interne au système, que contrairement à leurs prétentions démesurées ils ne sont pas des démiurges, mais des financiers fort limités, alors on prend la mesure du caractère exact de l'instrumentalisation : partielle et interne.
Prenons une image pour expliquer ce qui se passe avec la crise, l'instrumentalisation de la crise et le contrôle de cette crise : un parasite infiltre une poutre de bois. Le fonctionnement finaliste du parasite revient à dévorer de l'intérieur la poutre. Arrive forcément le moment où la poutre se trouve si affaiblie par l'action du parasite qu'elle menace de s'écrouler - ou qu'elle s'écroule tout bonnement. Dira-t-on de ce parasite à la lumière de son action catastrophique qu'il a instrumentalisé (de manière totale) la crise?
Son instrumentalisation est partielle puisqu'elle revient à subir un fort désagrément et que de ce fait elle n'est pas conséquente du début à sa fin. Pour des raisons qui dépassent l'entendement, force est de constater que la plupart des modes de vie ne reposent pas sur la rationalité, mais sur des principes d'équilibre qui transcendent (avec bonheur) la rationalité. Le parasite ne se pose jamais la question de son devenir après la disparition de la poutre dans laquelle il vit. Sans doute n'a-t-il pas conscience de l'existence de cette poutre en tant que poutre. Il se reproduit en détruisant - et c'est ainsi qu'il perpétue son espèce et que son action transcende l'absurdité qu'un Schopenhauer détecte dans les actions issues de la volonté.
Il en va de même pour l'action du financier actuel, dont on notera avec profit que l'activité est souvent décrite comme proche du parasite. Le financier n'a pas le choix de changer de comportement : son comportement immuable de financier conditionne la destruction du système qui le contient. Il ne perçoit pas cette destruction, sans quoi il n'aurait jamais détruit. De même que le recours conceptuel à la main invisible est d'une faiblesse hallucinante, de même la compréhension exacte des évènements par un parasite, littéral ou figuré, est forcément très déformée et peu perspicace. Toutes mes confuses envers un David Rockefeller.
Loin d'être un intrumentalisateur global, doté d'un pouvoir si puissant qu'il se rapprocherait du pouvoir que l'on prête à Dieu (le Tout-Puissant), l'instrumentalisateur de la crise est comme les parasites : c'est un instrumentalisateur partiel, limité et interne. Au fond, son instrumentalisation n'instrumentalise pas la crise, mais lui profite. Son fonctionnement (instrumentaliser la crise) contribue directement et fortement à cette situation de crise, comme le fonctionnement du parasite engendre l'effondrement prévisible de la poutre.
L'instrumentalisateur de la crise actuelle ne cherche qu'à accroître son pouvoir à l'intérieur de cette crise, soit à se servir de cette crise pour accroître son pouvoir. Il n'a pas de pouvoir sur la crise, parce que ce sont ses méthodes ineptes qui ont amené à la crise et que ce sont toujours ses méthodes ineptes qui mèneront à l'aggravation de la crise. A ce titre, l'instrumentalisation (interne) de la crise signifie rien de moins que l'aggravation de la crise. Loin de maîtriser la crise, l'instrumentalisateur la subit et tente de la catalyser et de la contrôler. Dans sa folie fatale (mentale), il ignore visiblement que l'on ne peut pas canaliser de l'intérieur une crise systémique, soit une crise qui affecte l'ensemble du système.
De manière comique, la conjuration interne de la crise ne peut qu'entraîner son aggravation. C'est ce que fait l'instrumentalisateur et c'est en quoi l'on peut affirmer que l'instrumentalisateur interne est un des maillons de la chaîne de l'instrumentalisation. L'instrumentalisation interne est en tant que telle une illusion d'instrumentalisation, voire une instrumentalisation de l'instrumentalisation : loin de maîtriser et de contrôler la crise, le financier tant honni ne fait que l'aggraver et appartient à la catégorie (grotesque) de ceux qui aggravent la crise en prétendant la réguler - ou la guérir. L'instrumentalisateur instrumentalisé. L'empoisonneur empoisonné. Le balayeur balayé.

mardi 5 mai 2009

Your Popper Fucker!

J'apprends avec effarement la démission de la rédactrice en chef du journal scientifique qui a révélé la présence d'explosifs dans les poussières du WTC. On notera que cette scientifique émérite démérite en ce qu'elle manifeste une mauvaise foi insigne. Cette mauvaise foi se traduit par le mécanisme de la projection : elle reproche en gros aux auteurs de l'étude d'avoir produit un article politique et non scientifique. Dans ce cas, il est très facile pour un scientifique de démontrer scientifiquement le caractère non fondé d'une étude scientifique. A ce que je sache, la spécificité de la science se rapporte au critère de la falsifiabilité énoncée par Popper : si l'étude n'est pas scientifique, on peut la réfuter. Tel n'est pas le cas. Notre savante se contente de dénoncer le caractère politique de cette étude, ce qui constitue ironiquement une preuve de partialité toute politique. Il faut le faire! Au lieu de démontrer en quoi l'étude de nos chercheurs n'est pas scientifique, notre experte se contente d'ajouter un demi mensonge à sa mauvaise foi partiale et partielle : elle prétend n'avoir pas les compétences requises pour juger de cette étude. Il faudrait savoir : soit notre rédactrice est incompétente et elle n'a rien à dire alors; soit elle est compétente et son attitude est alors anti-scientifique, mensongère et clairement politique. Nul besoin d'être à la pointe de la physique chimique pour se rendre compte que la deuxième option est la bonne et que le Danois Harrit oppose la seule critique qui vaille : "S’il y a des erreurs dans notre étude, nous serions heureux d’entendre ses critiques." Je crains fort que les critiques en question n'arrivent jamais et que l'omerta pseudo-scientifique rappelle que l'origine du tabou est religieuse. En l'occurrence, il est impensable pour un institutionnel de critiquer le fonctionnement, fût cet institutionnel un scientifique soumis aux lois de la science. La science plie devant les enjeux systémiques d'ordre politique et religieux. Après l'affaire JFK, la preuve avec le 911.

http://www.reopen911.info/News/2009/04/30/demission-de-la-redactrice-en-chef-du-%C2%AB-open-chemical-physics-journal-%C2%BB-suite-a-la-publication-de-larticle-sur-la-nanothermite-retrouvee-dans-la-poussiere-du-world-trade-center/


"Démission de la rédactrice en chef du « Open Chemical Physics journal » suite à la publication de l’article sur la nanothermite retrouvée dans la poussière du World Trade Center

La rédactrice en chef de la revue scientifique Open Chemical Physics Journal a démissionné suite à la publication de l’article concluant à la présence de nanothermite dans les poussières du World Trade Center. Le professeur à l’Université Pierre et Marie Curie Marie-Paule Pileni n’aurait, selon elle, « pas été informée de la publication. »

En réponse à un mail envoyé par le site Videnskab.dk pour lui demander quel était son avis de scientifique sur la teneur de l’article, elle a répondu « Ils ont imprimé l’article sans ma permission, donc lorsque vous m’avez appelé, je ne savais pas que l’article avait été publié. Je ne peux pas accepter cela, et par conséquent j’ai écrit à [l’éditeur] Bentham que je démissionnais de toutes mes activités avec lui. »

Madame Pileni est également choquée par le sujet de l’article : « Je ne peux pas accepter qu’un tel sujet soit publié dans mon journal. Cet article n’a rien à voir avec de la chimie physique ou de la physique chimique, et je veux bien croire qu’il y a un point de vue politique derrière sa publication. Si quelqu’un m’avait demandé, j’aurais dit que cet article n’aurait jamais dû être publié dans ce journal. Point final. »

La scientifique souligne par ailleurs que le sujet est en dehors de son domaine d’expertise et qu’elle ne peut donc pas juger de la qualité de l’article en lui-même. Pourtant, en examinant l’impressionnant CV de Madame Pileni, on apprend qu’elle a travaillé au Laboratoire des matériaux mésoscopiques et nanométriques et fut consultante pour la Société Nationale des Poudres et Explosifs Elle a en outre été membre de l’équipe éditoriale du Journal of experimental nanosciences et du Journal of Physical Chemistry.

Madame Pileni est une scientifique à la pointe de la recherche en nano-matériaux et fut, entre autre, membre de l"Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale" (IHEDN) ainsi que de l’Institut des Hautes Etudes de Sécurité Intérieure” (IHESI), voici quelques une de ses nombreuses compétences:

TOPICS OF RESEARCH

  • Nanomaterials : synthesis, characterisation and physical properties
  • Chemical modification of enzymes
  • Physical chemistry in condensed matter
  • Colloids sciences
  • Solar energy
  • Photochemistry in gas phase

OTHER ACTIVITIES

  • 2006: Chair of a scientific committee of the enginering and material sciences division of the European academy of sciences.
  • 2006: Vice-Chair of the committee for professional equality between woman and man in academia and research.
  • 2001-2004: Member of the board of “Institut Universitaire de France”.
  • 1991-1999: Member of the Education National Comity.
  • 1991-1992: Member of the “Institut des Hautes Etudes de Sécurité Intérieure” (IHESI)
  • 1990-1992: Chairperson on workshops related to the French Defense research.
  • 1989-1992: Consultant at the Minister of Recherche concerning the National Defense 1989: Member of the “Institut des Hautes Etudes de Défense Européenne”.
  • 1987-1988: Member of the ’“Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale” (IHEDN)1984-1986: Member of National exam in Chemistry

CONSULTING EXPERIENCE

  • 1985-2001: Nuclear Center, C.E.A. D.S.M, Saclay, France.
  • 1995: Procter & Gamble, Cincinnatti, USA.
  • 1990-1994: Société Nationale des Poudres et Explosifs, SNPE, France.
  • 1990: Toyota (Japan), Aventis (France), EADS (France).

Il étonnant qu’une experte en nanotechnologie et ancienne consultante dans le domaine des explosifs n’ait pas les compétences pour commenter, un article sur des explosifs nanothermitiques.

Madame Pileni a également fortement critiqué le jeune journal Open Chemical Physics. Le fait que les autres journaux scientifiques ne l’aient pas encore cité est, selon elle, le signe que le journal est mauvais et ne présente aucun intérêt. Elle dit avoir accepté d’être rédactrice en chef de ce journal scientifique en libre accès car il donnait l’opportunité à de jeunes chercheurs de se faire connaitre. Elle le regrette aujourd’hui : « On ne devrait pas être autorisé à faire n’importe quoi, tout ça ce sont des absurdités. J’essaie d’être une chercheuse sérieuse, et je ne veux pas que mon nom soit associé à ce genre de chose. »

Il semble que l’enjeu politique dépasse de loin l’aspect scientifique. Car si elle déclare ne pas avoir les compétences pour juger l’article elle a pourtant déjà sa conclusion: ce sont des "absurdités".

Le chimiste danois Niels Harrit, un des auteurs de l’article (qui a présenté les conclusions de l’étude sur la télévision danoise) a jugé regrettable la décision de Madame Pileni

« J’ai été surpris, bien sûr, et je trouve cela regrettable si notre travail s’en trouve discrédité. Mais son départ ne change pas nos conclusions, car c’est une affaire purement personnelle qui l’a mise en colère. Je reste convaincu que nous avons fait de la physique chimique et s’il y a des erreurs dans notre étude, nous serions heureux d’entendre ses critiques. » a réagi le Maitre de Conférence à l’Institut de chimie de l’université de Copenhagen.

Source : http://www.911blogger.com/node/19963"

vendredi 1 mai 2009

Sclérose en ploucs

Bien sûr, l'on peut se montrer ébaubi par l'incroyable passivité des peuples d'Occident. C'est oublier que les Occidentaux sont les membres du système occidental et qu'à ce titre il serait curieux que ceux qui ont cautionné les crimes et les agissements qui leur profitaient soudain se retournent contre des méthodes que jusqu'alors ils approuvaient. Au moins en silence. Quand c'était en Afrique que les méthodes de prédation oligarchique étaient employées, dans l'ancien Empire colonial français par exemple, quel Français a protesté? Une poignée de justes, comme toujours, dont l'impressionnant Verschave, poursuivi comme de juste en justice par la clique des Pasqua et consorts pour avoir osé la vérité - factuelle. Tu pèles?
Au mieux, les Occidentaux sont les complices consentants d'un système qui leur rapporte (gras). Ils ne vont commencer à râler pour de bon qu'en apprenant que le système qui les servait plutôt se retourne à présent contre eux. Avant, le monstre demandait les gosses des étrangers en dessert. Maintenant qu'il n'en a quasiment plus dehors, il demande aussi les gosses de son territoire...
Chacun sa poire. En même temps, on éprouve une certaine compréhension matinée de compassion envers ces Occidentaux. Commisération qui s'éprouve vis-à-vis du pauvre hère en proie à la misère et à l'exclusion, y compris quand il s'agissait auparavant d'un arrogant bête et méchant. Cynique et stupide. Cupide. Putride. Fétide. L'Occidental est peut-être un bon profiteur hypocrite et de mauvaise foi, mais force est de constater que la responsabilité du citoyen en régime démocratique ne coule pas de source. Finalement, le citoyen occidental semble dépassé par les évènements démocratiques contemporains, comme le sujet français ignorait manifestement des crimes de la traite négrière et autres exploits fomentés par des marchands vénaux et leurs commanditaires outrageurs, les aristocrates et le régime monarchique.
Pourquoi cette impression mitigée et ambigüe oscillant entre la condamnation définitive et l'empathie? Serait-ce que le bourreau confine toujours quelque peu avec la victime? C'est tout simplement que l'Occidental inspire de la peine quand on voit qu'il ne jouit d'avantages que dans la mesure où il est appelé à subir de plus grands et considérables désagréments encore. Je m'explique : l'Occidental se comporte d'une manière telle qu'il est incapable d'envisager un problème qui ne ressortisse pas de la sphère privée ou individuelle.
On condamne souvent l'individualisme comme l'un des maux de l'époque actuelle. C'est oublier qu'il est la conséquence simple et logique d'une époque qui considère que le fondement ontologique de l'homme tient dans l'individu. Kierkegaard déjà annonçait cette évolution inquiétante avec son existentialisme anti-hégélien ou proto-protestant. L'immanentisme a répondu à la question métaphysique d'un Aristote en désignant le fondement dans l'individu.
Dès lors que l'individu est le fondement ontologique de l'homme, l'individualisme n'est pas seulement une conséquence inévitable et prévisible : le principal inconvénient de cette situation réside sans nul doute dans l'incapacité absolue pour l'individu à répondre aux maux terribles que suscite son positionnement comme fondement. Au départ, l'individu-fondement est grandement avantagé par son parti-pris explicitement nihiliste (immanentiste) et fini. Matérialiste et consumériste.
L'individu est l'expression de la conception ontologique selon laquelle le réel se borne au fini. Inexorablement, cette conception épuise le fini et le détruit. L'individu se montre alors incapable de réagir : d'empêcher la face sombre et conséquente du déroulement des choses. Alors que le seul moyen d'empêcher l'effondrement systémique consisterait précisément à répudier le postulat aberrant de l'individu-fondement, l'individu se trouve démuni et sans ressource pour rappeler l'évidence - que le fondement est toujours collectif. L'individu-fondement vit pour satisfaire les fins et les besoins de l'individualité.
C'est dire que l'individualisme n'est que la caricature et l'exacerbation d'une conception plus générale, qui est religieuse : l'immanentisme. L'individu qui croit vraiment que son individualité se résume à des fins privées n'est pas seulement un mouton qui suit aveuglément les stéréotypes de son temps, les conceptions dominantes et les broutilles à la mode; cet individu est empli de tares et de médiocrité. Entendons-nous bien : ce n'est pas bricoler, cuisiner ou décorer qui sont des tares. C'est le fait de penser que ce sont des fins pour l'homme. La médiocrité se vautre dans le travestissement de l'individu-fondement.
Dans cette conception où ne fait sens que ce qui est individuel, toute la grandeur de l'homme disparaît. Adieu arts, politique, religieux! Place aux les occupations de l'Individu(el), jamais au groupe, jamais à ce qui relie l'homme au reél. Adieu le sacré. Vive le sucré. Les pseudo-idées surgelées qui descendent du libéralisme. Maintenant que l'on a compris l'étrange apathie qui saisit l'Occidental soi-disant dominant et dominateur au moment où il appert avec évidence que son système de valeurs s'effondre et que l'Occident va disparaître, comme une Babel moderne ou un Empire du même acabit, il est temps de rappeler aux oreilles des générations futures, puisque les présentes sont sourdes et frappées de léthargie, que l'individu-fondement repose sur une supercherie ontologique qui est la conséquence politique de la supercherie immanentiste. Que l'on n'ait jamais défini l'immanentisme avec acuité et conséquence dans l'époque moderne n'est pas surprenant.
À partir du moment où l'on identifie l'immanentisme, on le détruit. L'immanentisme ne prospère qu'en temps d'invisibilité. L'immanentisme se trompe lourdement en promouvant le nihilisme pour succéder au transcendantalisme. L'immanentisme ne se rend pas compte qu'en définissant le reél, il constitue un Progrès ineffable : il ne fait que réduire la définition du réel au monde de l'homme, ce qui précisément est l'inverse de toute l'effort religieux depuis que l'homme existe.
La médiocrité des buts de l'individu-fondement sont évidents. Ils culminent dans la représentation emblématique de la télévision comme média dominant. On peut exhiber cette médiocrité dans l'invraisemblable nullité des contemporains, qui au mieux se présentent comme des experts et qui sinon amalgament et réduisent les idées à l'histoire des idées. Le philosophe est ainsi devenu l'historien de la philosophie. Il est tout à fait normal que le philosophe immanentiste soit un pur répétiteur (dans tous les sens du terme) qui répète les idées d'autrui sans jamais en produire aucune, ou alors de minables et de risibles, comme c'est le cas d'un Deleuze.
Une pincée de nomadisme? Une purée de rhizome? Il est temps de nous déterritorialiser puisque notre territoire est disparu. L'Atlantide immanentiste n'est plus. Finalement, il faut traiter avec une certaine mansuétude les réactions typiquement nihilistes et égocentriques (au sens de médiocres et dégénérées) comme les ritournelles : "On ne peut rien (y) faire" ou : "Détournons le regard". Encore l'impuissance nihiliste caractéristique et affichée signale une certaine franchise. "On ne peut rien y faire" signifie en effet : "Nous sommes impuissants en tant qu'individus-fondements à affronter tout problème reél, d'ordre religieux ou politique". Dont acte.
Quant à ceux qui détournent le regard, on sait depuis Œdipe quel destin les attend. Ce sont sans doute ceux qui ne supportent pas de voir des évènements trop durs et qui préfèrent oser que l'insupportable est l'invisible ou que l'invisible n'existe pas. Ces sires de cire expriment la médiocrité ambiante qui estime que tout ce qui n'exprime pas le désir humain n'existe pas ou en tout cas n'existe qu'à l'état de quantité négligeable ou de folie méprisable. Quand on arrive à ce niveau impressionnant et vertigineux de déni, de délire et d'autisme, il ne faut pas s'étonner que le désir se venge avec usure de votre démesure et vous inflige un salutaire retour au reél. En général, ce retour contraint et forcé se manifeste par une sévère correction dans tous les sens du terme : bastonnade et changement. C'est ce que j'appelle avec dérision et sourire le syndrome de la sclérose sans plaques. Je veux dire : à côté - de la plaque.