samedi 11 avril 2009

Compotisme

Une des principales objections contre le complot, qui cautionne l'absurdité passe-partout de l'appellation orientée et partiale de complotisme, c'est l'idée qu'aucune volonté humaine, aucun groupe, aussi influent soit-il, ne peuvent diriger l'ensemble du réel. C'est vrai : le reél ne peut être seulement manipulé par des hommes. Mais des actions humaines peuvent changer la face réelle. D'où il appert que les complots existent.
C'est ce que le complotisme voudrait occulter : dès qu'on crie au complot, l'expert-ès-complot répond doctement : complotisme. Et si l'on crie au loup, y'a de la joie? Maintenant, pour ceux qui prendraient conscience que les complots existent et qu'en démocratie ils sont inacceptables (d'où le complotisme), annonce rassurante : les complots sont toujours voués à l'échec. Je le tiens d'un atlantiste forcené, Karl Popper. Pas parce que les complots n'existeraient pas. Au contraire, l'histoire atteste qu'ils sont nombreux, à tel point qu'ils appartiennent à la mentalité humaine. Se constituer en groupes secrets pour commettre des actions répréhensibles, du moins pour les intérêts du plus grand nombre, est un acte typiquement humain, qui n'est possible que parce qu'il renvoie à la faculté d'accéder au secret en tant que figure du religieux.
Le complot n'est possible qu'adossé à la mentalité dominante connexe. Le complot se développe toujours par rapport à une mentalité donnée. Sans cette mentalité qui dépasse de loin la volonté individuelle ou factieuse, le complot ne serait pas possible. Le complot serait trop faible. Il ne dépasserait jamais la sphère privée. La dimension publique et politique du complot atteste de sa connexion avec la mentalité d'une période. Avec la mentalité dominante selon son point de vue. Ou plutôt : avec la mentalité qu'il croit déceler comme dominante et qui ne l'est pas toujours. Quelques distinctions.

1) Si le complot s'adosse à la mentalité dominante, celle-ci est condamnée à disparaître.
a) Soit le complot est démasqué par la majorité, auquel cas le complot rate et la majorité n'est pas si faible qu'elle ne puisse déjouer un complot. Dans ce cas, le complot signale une crise qui peut être surmontée momentanément. Le ver est dans le fruit, mais l'arbre est vigoureux.
b) Soit le complot est réussi par la faction, ce qui implique que la majorité soit dans un état de grande faiblesse pour ne pas démasquer le complot. Si la majorité cautionne le complot qui lui est défavorable, c'est qu'elle cautionne la destruction qui finit toujours par l'autodestruction de son cas.
Dans les deux cas, le complot avorte.

2) Si le complot ne s'adosse pas à la mentalité dominante, autrement dit s'il définit une fausse mentalité, il rate.
a) Soit il n'est pas démasqué par la mentalité dominante, mais les buts qu'il poursuit sont étouffés par des principes explicitement antithétiques. La mentalité différente de l'esprit du complot surmonte le complot en tant que finalité.
b) Soit il est démasqué, ce qui donne lieu à des jugements retentissants et souvent des exécutions. Reste à poser la question de l'avènement du complot : si complot il y a, quid de la crise qu'il signale et que l'on préfère occulter?

(Le 911 est à ranger dans la catégorie 1 a.)

Il est capital de réfuter comme complotiste, soit comme délire monocausal utilisant le complot comme prétexte et symptôme, tout raisonnement qui estimerait un peu hâtivement que la volonté humaine a le pouvoir proprement démiurgique ou divin de décider du réel, soit de son devenir. Le complot entre dans la catégorie subversive du changement intenté par l'homme en ce qu'il s'adosse sur une mentalité qu'il prétend majoritaire et qui ne l'est pas toujours. Les partisans du complotisme feignent d'isoler le complotisme comme maladie du complot omniprésent en ne posant jamais la question des conditions d'avènement du complot. Jamais les complotistes ne relient le complot à la mentalité dominante. Cette question et cette démarche permettraient pourtant de révoquer dans la plupart des cas l'accusation infamante et absurde de complotisme.
Le comploteur (terme qui suffit à indiquer que les complots existent) ne complote que parce qu'il estime que ses buts minoritaires rejoignent d'une manière ou d'une autre les buts majoritaires de son groupe. Ceux qui in fine ont commandité le 911 l'ont ainsi fait en tuant des Occidentaux; mais ils ne l'ont fait que pour sauver l'Occident. Ils ont occis des Occidentaux en tant qu'Occidentaux. Se sauver en premier lieu, mais aussi sauver l'Occident, puisqu'ils sont occidentaux.
L'adjonction de la mentalité montre que c'est au sein des mentalités que se façonnent les complots. Les complots surviennent toujours pour prétendre sauver les mentalités, dans une atmosphère de danger pour la survie de cette mentalité. Si les mentalités sont assez solides, elles déjouent le complot et s'y opposent. Si les mentalités sont trop faibles, elles sombrent et ne voient rien venir. C'est le déni actuel, le prétexte passe-partout du on ne peut rien faire, ce n'est pas intéressant, c'est loin, etc. Dans tous les cas, le complot qui prétend sauver tue. Le complot est un signe de destruction en ce qu'il détruit toujours ce qu'il prétend sauver.
Le complot rate toujours en ce qu'il engendre des effets qui ne sont pas ceux qu'il escomptait. L'avènement d'un complot dans un mentalité signale toujours un problème pour cette mentalité. Soit cette mentalité cautionne, ce qui démontre que la crise couvait depuis un moment et que le complot la révèle. Soit cette mentalité ne cautionne pas, ce qui implique que le complot sera démasqué. Le complot indique soit son échec et la survie de la mentalité; soit sa réussite et la mort de la mentalité.
Le complot est mortifère. Il est un assez bon indicateur de l'état de santé de la mentalité dans laquelle il survient et sans laquelle il ne pourrait survenir. Pas de complot sans mentalité, mais seulement des mentalités délabrées avec des complots. Raison pour laquelle l'accusation automatique et stupide de complotisme, qui situe le niveau mental de propagandistes comme Taguieff, ne tient pas debout. Son rôle sert à dénier la vrai question : si complot il y a, c'est que notre mentalité va mal.
Problème : nous sommes censée évoluer dans la période la plus heureuse pour l'homme et la région la plus favorisée pour l'homme. L'Occident, la libéralisme, la démocratie, la laïcité... N'en jetez plus! La fin de l'histoire est arrivée? La fin de l'histoire? Je crois bien. La fin de la démocratie. Le jeu est fini. Rentrez vous reposer. L'appellation de complotisme n'est pertinente que si elle cherche à cacher que la démocratie est absolument incompatible avec les complots.
Double fragilité donc : fragilité de la mentalité subissant le complot; et fragilité de la mentalité démocratique subissant le complot. Double fragilité rédhibitoire : comment surmonter un complot alors que le complot est absolument contre-indiqué. C'est l'histoire de la double peine. Pas au sens juridique - encore que. Au sens premier de peine et de fardeau. De mythe de Sisyphe. Et si la démocratie n'est vraiment pas compatible avec le complot, on comprend quel non-dit l'appellation de complotisme vient bloquer. Sweetest taboo. Le complot est le poison fatidique pour la démocratie. Pas de démocratie avec complot. Pas de démocrate sans complotisme, donc.

lundi 6 avril 2009

Around the word



Poursuites des tribulations du sémillant Docteur Kissinger. Docteur Folamour. Docteur Jekyll. Cette fois, c'est l'actuel dirigeant démocrate du NSC le général Jones qui s'y colle. Lors d'une conférence publique prestigieuse, notre militaire yankee avoue tout de go qu'il tient ses ordres du républicain Kissinger. Tout va bien : en matière de sécurité nationale, depuis Nixon, à l'époque où c'était Kissinger à la tête du NSC, les choses n'ont guère changé. Donc pour ceux qui en doutent et qui n'ont pas compris, peu importe qui gouverne, ce sont les intérêts oligarchiques, les factions bancaires et financières derrière Kissinger qui s'occupent de la politique diplomatique, sécuritaire et stratégique des États-Unis. Détail qui compte : les liens entre les généraux américains et les diplomates comme Kissinger sont explicites. On notera que les relais entre Kissinger et Jones sont nommés : Scowcroft, le général si proche de Kissinger et Berger, qui était à la tête du NSC sous Clinton entre 1997 et 2001. Ne cherchez pas de divergences politiques : démocrates et républicains sont des étiquettes interchangeables et peu signifiantes. Scowcroft lui avait déjà dirigé le NSC entre 1975 et 1977; puis entre 1989 et 1993. Ce fut Condoleeza Rice qui succéda à Berger sous W. Condoleeza est une protégée de Scowcroft et de Kissinger. Aucun doute possible depuis les tribulations de Kissinger en Russie et en Chine : le boss de la diplomatie US, c'est Kissinger. Diplomatie, sécurité, stratégie, géopolitique, renseignements... : telles sont les attributions de Kissinger depuis les années soixante-dix. La citation (édifiante) qui suit est tirée du site Internet du CFR, ce qui prouve que les think tanks mondialistes ne cachent pas leurs intentions. Kissinger est proche de David Rockefeller, le banquier oligarque membre du CFR, de Greenberg Sr., l'ancien grand manitou d'AIG proche des services secrets américains, de Chatham House (RIIA), le pendant britannique du CFR. Kissinger est le diplomate de l'oligarchie anglo-saxonne et mondialiste. Rappelons à ce sujet trois têtes de cette oligarchie qui sont proches des démocrates :
- Félix Rohatyn, banquier issu des intérêts Lazard, de Lehman Brothers et autres circuits bancaires comme les Rothschild;
- Soros, spéculateur patron du Quantum Funds, proche de la City et des Rothschild;
- Warren Buffett, autre spéculateur faramineux (Berkshire Hathaway) et homme le plus riche des États-Unis (officiellement).
Petite remarque subsidiaire : soyez certain que le 911 provient plus de circuits et d'influences de cet acabit que des montagnes paradisiaques d'Afghanistan. La preuve : qui fait le NOM? Oussama le fantôme - ou les oligarques atlantistes?

http://www.cfr.org/publication/18515/remarks_by_national_security_adviser_jones_at_45th_munich_conference_on_security_policy.html


"U.S. National Security Adviser Jones gave these remarks at the 45th Munich Conference on Security Policy at the Hotel Bayerischer Hof on February 8, 2009.
"Thank you for that wonderful tribute to Henry Kissinger yesterday. Congratulations. As the most recent National Security Advisor of the United States, I take my daily orders from Dr. Kissinger, filtered down through Generaal Brent Scowcroft and Sandy Berger, who is also here. We have a chain of command in the National Security Council that exists today."

"Le Conseiller à la sécurité nationale des États-Unis Jones a fait ces remarques lors de la 45e Conférence de Munich sur la politique de sécurité à l'hôtel Bayerischer Hof le 8 Février 2009.
"Merci pour ce merveilleux hommage à Henry Kissinger hier. Félicitations. En tant que plus récent Conseiller de la Sécurité Nationale des États-Unis, tous les jours je prends mes ordres de M. Kissinger, filtrés à travers le Général Brent Scowcroft et Sandy Berger, qui est aussi ici . Nous avons une chaîne de commandement dans le Conseil national de sécurité qui existe aujourd'hui."

dimanche 5 avril 2009

Coup de farce

Avis à la population : Enthoven Jr. est un mauvais philosophe. Un piètre penseur. Que dis-je? Censure-je? Sombre-je (par ressentiment) dans la haine et les mauvaises manières? En préambule, j'aimerais définir le parcours d'Enthoven Jr. : notre brillant journaliste est normalien de la Rue d'Ulm, agrégé de philosophie, et c'est sans doute ce parcours académique irréprochable qui l'autorise à intervenir pour proférer des absurdités risibles et incoulables.
L'académisme : en philosophie, cela s'appelle l'histoire de la philosophie. On connaît des centaines d'exemples d'agrégés qui récitent sur le bout des doigts leur Platon, leur Kant ou leur Hegel et qui n'en sont pas pour autant philosophes ou penseurs. Pour penser, il faut produire des idées. Nos historiens de la philosophie sont des perroquets parfois impressionnants (d'érudition), mais des mimes qui ne dépassent jamais leur irréprochable savoir. Pas une goutte de pensée. Des tonnes de répétition.
Tel est le cas d'Enthoven, qui aurait dû se dispenser de distribuer son avis de facture nihiliste (en termes ontologiques) et oligarchique (en termes politiques). Enthoven est du côté du pouvoir, et c'est sans doute l'élément le plus attristant de son académisme forcené. Le moins étonnant aussi. Le monde parisianiste est petit, nous l'allons vérifier. D'où parle Enthoven Jr.? Depuis le magazine réputé de gauche l'Express, qui est dirigé par un proche ami d'Enthoven, Christophe Barbier. Barbier de Gaza. Tout comme Enthoven Jr., Barbier le Juste se distingue par un parcours prestigieux de normalien d'Ulm et par un engagement de gauche très tendance. Barbier le Résistant s'est manifesté récemment par ses envolées sur les crimes de guerre d'Israël ou contre les insurrections des Antilles au nom du travail (un thème éminent de la droite des affaires ultralibérale).
L'alliance est criante. On peut ajouter pour la touche people que Barbier a recueilli les confessions passionnantes de Carla B. quand celle-ci a annoncé qu'elle était tombée sous le charme impérissable de Sarkozy (chez le génial Séguéla, encore un modèle de probité intellectuelle et politique). Enthoven Jr. est l'ancien compagnon de Carla B. Carla B. se réclame aussi de la gauche et partage avec Barbier les mêmes positions sionistes. Enthoven Jr. est le fils de Sr., qui est l'éditeur de BHL. BHL est un sioniste enthousiaste qui ne se cache pas et qui s'est montré aussi intransigeant lors du massacre de Gaza que Barbier. BHL est de cette gauche caviardée, la gauche financière, la gauche milliardaire, la gauche mondialiste, la gauche atlantiste, la gauche ultralibérale. On se souviendra que ce petit milieu artistico-intellectuel qui prend la défense de DSK correspond en tous points à la mentalité de DSK, l'ultralibéral de gauche sioniste et atlantiste devenu directeur du FMI sous Sarkozy. Coïncidence? Nul besoin de rappeler à quelle gauche se rattache ce petit clan de cancans, au sens où Proust dépeint (avec férocité? méchanceté? ironie? humour?) le clan des Verdurin.
Concernant l'intervention d'Enthoven Jr. : notre brillant philosophe de salon reprend la méthode du paradoxe frivole pour présenter sa pensée. Il procède par renversements faux et faussement inattendus, ne ne se rendant pas compte que ses paradoxes n'en sont que pour lui. Je veux dire : ses paradoxes l'amènent à réhabiliter le pouvoir, ce qui est un geste d'une subversion paradoxale. Enthoven du côté de DSK l'institutionnel, c'est un peu comme Barbier du côté d'Israël ou du travail : deux ultralibéraux de gauche, deux soutiens de DSK, deux supporters de gauche du pouvoir de droite. Manipulation très prévisible et très fin de règne.
Enthoven Jr. le croquemort de la pensée est du côté du pouvoir au sens où l'on se situe du côté de ce qui est mort. Rabelais parle joliment et justement de parole gelée pour qualifier les pédants qui oublient la vie pour se concentrer sur la transmission de l'écrit. Sans doute est-ce ainsi qu'il fait interpréter l'intervention d'Enthoven Jr. dans le champ de l'opinion : un croquemitaine des idées au service des pirates de la politique économique. Hic! Tic du toc : Enthoven est de la gauche caviar, de la gauche Saint-Germain, de la gauche Neuilly, de la gauche si proche du président Sarko. Au passage, question proximité inacceptable, souvenons-nous de la liaison quasi incestueuse qu'Enthoven Jr. entretint avec Carla Bruni, la compagne du Président, dont la rencontre chez un publicitaire ressemble à s'y méprendre à un arrangement au sommet.
Plus que de longs discours, cet épisode décadent montre qui est Enthoven Jr. en tant que figure archétypale de la dégénérescence morale (au sens classique) de notre époque épique. Si je voulais oeuvrer dans le calembour populacier, dont les délicates papilles d'Enthoven fuient les abominables relents, j'oserais que devant l'article que nous pond Enthoven Jr., je suis comme Carla devant une partition : sans voix. Le plus savoureux est que l'intervention presque népotique d'Enthoven Jr. soit relayée sur Internet par un média qui s'appelle Pure people. Mérite de l'ironie : sa franchise. Enthoven est un people de gauche, qui parle au nom des people de gauche, pas du peuple français, de gauche ou de droite. En ce sens, on peut parler d'imposture intellectuelle, comme le firent deux physiciens pour qualifier les délires amphigouriques des philosophes postmodernes (dont Deleuze et Guattari).
http://www.scooppeople.fr/article-5237-raphael-enthoven-tacle-stephane-guillon-dans-l-express.html
Notre Enthoven Jr. serait-il philosophe à la ville comme Cottard est médecin chez Proust et comme Molière convoque des philosophes vaniteux et vains? Des sorbonnards descendants d'Aristote et de la tradition de la scolastique figée et sclérosée? Contre qui s'élève Rabelais si ce n'est contre la démarche (postérieure) d'un Enthoven? Qui trahit Enthoven Jr. quand il se réclame de l'académisme pour n'en retenir que l'aspect le plus conservateur et le plus gelé? Enthoven Jr. se réclame ainsi de l'héritage (indirect) d'un Rabelais pour trahir Rabelais et se servir de Rabelais contre la vraie contestation. Rabelais aurait-il défendu DSK du FMI?
A croire que les cercles germanopratins de gauche sentent la gauche la moins orthodoxe : ils l'infiltrent, mais en fait ils se trouvent du côté de l'atlantisme. Barbier tient des propos ultraconservateurs. Val est un néoconservateur de plus en plus explicite. DSK charrie les effluves du sionisme ultralibéral. Nul socialisme, nul progressisme logiques dans ce fatras idéologique. Comprend-on les réseaux intellectuels qui attaquent Guillon le clown censeur? Comprend-on pourquoi Enthoven Jr. prend la plume comme on lève le coude? Qui est Enthoven Jr.? Réponse : un propagandiste bien plus qu'un penseur ou un honnête homme. Propagandiste : relayer des discours déjà prêts et finis.
Ce n'est plus du savoir gelé. C'est de la parole congelée. Qui fond quand on la vérifie à l'air libre. Je ne dis pas que les interventions de Guillon sont impérissables, tant s'en faut, mais il est clair que les productions d'Enthoven Jr. sont pitoyables. Symptômes de propagandes, c'est seulement en tant que symptômes qu'elles possèdent un intérêt critique. Le reste n'est que flatulences nauséabondes. Quel est le crime de Guillon? Dans ses interventions du matin, notre satiriste forcené s'en prend à certaines personnalités politiques. Ainsi Guillon a-t-il moqué DSK. DSK avait dès sa réponse (immédiate) lancé l'impulsion des attaques en distinguant entre l'humour et la méchanceté. Etre méchant n'est pas un compliment, mais ce n'est pas non plus une tare. Après tout, le satiriste polémiste n'est pas un gentil, sinon il produit de l'hagiographie. Hein, Jr.?
Reprocher à un satiriste sa méchanceté, c'est comme reprocher à un chien d'aboyer. Niveau réflexion, c'est risible. C'est que l'intention poursuivie par Enthoven Jr. le propagandiste au service (latent) de DSK & Co. est de vilaine nature : faire taire Guillon le vilain. Pour tout esprit animé par le bon sens, interdire de parole Guillon parce qu'il serait méchant, haineux, agressif ou que sais-je? reviendrait à de la censure obvie. Raison pour laquelle le faux philosophe Enthoven Jr. n'hésite pas à jouer de son paradoxe bancal et faussé et à renverser l'évidence. Avec lui, cette fois, c'est Guillon le censeur, carrément comparé au procureur Starr dans l'affaire Lewinsky. Au nom de la censure, Guillon est présenté comme le censeur. Apologue de la paille et de la poutre, Enthoven Jr. imite Guillon par les traits qu'il lui reproche. C'est si savoureux que la mauvaise foi transparaît comme la tache derrière les auréoles.
Nous allons voir sur quel argumentaire biaisé s'appuie Enthoven Jr., histoire de démasquer ce clown de la pseudo-pensée, au sens où il présente Guillon en tant que clown moralisateur.
1) Pour commencer, Enthoven Jr. distingue entre rire (de tout) et se moquer (de quelqu'un). Distinction biscornue : si l'on rit de tout, l'on se moque forcément, et de quelqu'un a fortiori. Dès le départ, nous nous situons dans l'argutie de la fausse distinction. Mais Enthoven assène dans le vide : qui se moquerait censurerait au nom de la liberté. Nous sommes fixés : telle est la thèse (ultrastéréotypée type dissertation de bac) que lance notre impérissable auteur. On notera qu'il s'agit d'un postulat et nous prendrons soin de vérifier si Enthoven Jr. dépasse l'indémontré par la suite. S'il ne démontre pas, c'est que sa thèse est indémontrable, soit qu'elle repose sur l'erreur. Immédiatement, il cite trois exemple de moquerie : quand Guillon s'en est pris à DSK, à Aubry et à Apathie. Mais comment Enthoven justifie-t-il sa distinction, démarche sans laquelle il est dans l'arbitraire et dans l'apologie de la loi du plus fort - tout à fait oligarchique?
2) Enthoven Jr. distingue la liberté d'expression de la moquerie. La moquerie n'est pas la liberté d'expression. Premier argument : première analogie. Procédé contestable! La liberté de mouvement est rapprochée de la liberté d'expression. L'on ne peut taper son voisin au nom de la liberté de mouvement. Donc : on ne peut agresser son voisin au nom de la liberté d'expression. Problème : comparaison n'est pas raison. Problème connexe plus gênant : le rapprochement est faux. Car s'il est interdit d'user de violence physique ou verbale contre son voisin, il n'est nullement interdit de lui dire la vérité. La vérité blesse. En l'occurrence, Guillon s'est moqué de DSK pour ses penchants de coureur de jupon invétéré. C'est la vérité factuelle. Enthoven Jr. au nom de la lutte contre la censure voudrait ainsi censurer la moquerie parce qu'elle serait de la censure. Censurer le réel parce qu'il est moqueur. C'est un raisonnement scabreux et absurde. Un raisonnement de censeur.
3) Enthoven Jr. s'inscrit dans la formule célèbre de la liberté, définition issue des Lumières, notamment d'un Kant : la liberté d'un individu s'arrête où commence celle de l'autre. On notera qu'il accumule les citations avec l'application du bon élève, mais qu'il n'a toujours pas démontré le début de commencement de sa thèse. Au contraire, il poursuit son opération de divertissement qui est une opération typiquement nihiliste, au sens où Platon parlait des sophismes de son temps. Quoi qu'il en soit, Enthoven Jr. n'est pas Gorgias, comme nous allons le constater. Il use de grosses ficelles. Reprenant sa manie de la comparaison sans raison, voilà désormais qu'il rapproche la liberté d'expression de la liberté d'entreprendre. Le libéralisme économique et le libéralisme politique? Ce n'est pas très clair comme lien. C'est même passablement embrouillé. Confus. Quelle est la différence?
En tout cas, avec Enthoven Jr., comparaison est carrément déraison. Il compare sans sourciller l'ultralibéralisme à l'outrance de Guillon. L'ultralibéral est le renard dans le poulailler, quand Guillon est le sniper impuni dans la meurtrière. Enthoven Jr. serait-il le libéral modéré et raisonnable? L'ultralibéral raisonnable est raisonneur déraisonnable! Diable! Enthoven Jr. appellerait-il implicitement à des sanctions contre Guillon? Guillon démission! Guillon tête de con! Quel rôle joue Enthoven Jr. avec ce mauvais papier? Celui d'un coupeur de tête? D'un philosophe sans tête? Qui doit boire la cigüe? Le mauvais clown ou le philosophe de cour? En tout cas, cette nouvelle comparaison se révèle tout aussi scabreuse que la première. Si l'ultralibéralisme se caractérise par une fausse liberté sans limite, alors les limites des interventions de Guillon sont évidentes : Guillon ne peut pas tout dire, puisqu'il est assujetti à la vérité factuelle. Il peut se moquer, mais pas à partir d'éléments inventés présentés comme réels. Où l'on constate qu'Enthoven Jr. n'a toujours rien démontré dans son papelard... C'est un aveu éclatant d'absence d'arguments viables.
4) Quand on est un normalien digne de son rang, il faut bien à un moment ou à un autre ramener sa science. Enthoven Jr. n'oublie pas de le faire en citant Weil, qui était récemment louée partout pour le centenaire de sa naissance, et surtout dans Le Monde des livres, l'officine emblématique de la république des lettres française, jadis tenue par Savigneau la Douce. Weil est un penseur mineur d'ores et déjà. C'est une manie de l'académisme que d'exhumer des auteurs assez contemporains pour leur rendre leur hommage douteux, alors qu'on sait qu'ils ne tiennent pas la rampe. Weil la chrétienne appartient à cette catégorie de faux penseurs ou de penseurs mineurs. Enthoven Jr. la cite à la barre des témoins pour corroborer sa distinction non démontrée entre liberté d'expression légitime et moquerie illégitime.
Selon Weil, "la liberté d'expression totale, illimitée, pour toute opinion quelle qu'elle soit, sans aucune restriction ni réserve, est un besoin absolu pour l'intelligence." On ne peut qu'approuver. Et ajouter, outre que selon cette remarque les propos d'Enthoven Jr. ressortissent manifestement de la bêtise, que c'est le temps qui se chargera de disqualifier les opinions injustifiées, comme les opinions seulement moqueuses. Weil au demeurant s'en tient à une ligne en gros proche de la tradition américaine de liberté d'expression. Mais, dans son effort pour dupliquer fallacieusement la liberté d'expression et ses abus, l'humour et la moquerie, Enthoven Jr. apporte la distinction suivante, toujours selon Weil : "Les publications destinées à influer sur ce qu'on nomme l'opinion ne doivent porter aucun préjudice illégitime à aucun être humain."
Là on reste sans voix. Elève Enthoven Jr. : votre propos est particulièrement faible. Élevez un peu le niveau, sans quoi vous ne serez jamais qu'un symptôme de diplôme. Vous ne pouvez être un ennemi au sens nietzschéen, vous êtes trop bas et trop médiocre pour jouer au postnietzschéen. Vos arguties sont de la sous-propagande pathétique et puéril. En effet, on ne peut qu'approuver cette nouvelle remarque de Weil, mais outre qu'elle est particulièrement moralisante et angélique, elle n'apporte rien au débat, car les notions qu'elle propose engendrent un surcoût d'interprétation. Qu'est-ce qu'un préjudice illégitime? On ne le saura jamais. Donc les considérations de Weil sont inutiles.
Au nom de sa condamnation (prévisible et à venir) de la morale, Enthoven Jr. le défenseur du puissant et de l'officiel invoque le respect pour légitimer sa liberté d'expression. Le respect. Qu'est-ce que le respect? Aïe, aïe, aïe! Enthoven Jr. se garde bien d'apporter un commencement de définition à son propos ultraconformiste. Toujours l'indémontré, le postulé. Le postulant ultramoralisateur. Quoi qu'il en soit, Enthoven Jr. n'a toujours pas apporté un iota d'argument à sa pseudo démonstration. Echec sur toute la ligne. Dépense inconsidérée. Réaction agressive de censeur.
5) Ajoutant l'imposture à la dérobade, Enthoven Jr. fait comme s'il avait démontré son assertion initiale alors qu'il s'est contenté d'analogies fausses et fumeuses en lieu et place d'une démonstration logique. Voilà maintenant qu'il conclut : "En d'autres termes, il n'y a pas davantage de liberté sans loi qu'il n'y a de liberté d'expression sans respect". Phrase généraliste et passe-partout qui veut tout dire et ne rien dire à la fois. De surcroît, cette sentence sentencieuse (et moralisante) est fausse : car si la liberté implique la loi, Guillon se conforme à la loi platonicienne du vrai : se moquer en satiriste (bon ou mauvais) à partir d'éléments factuels. Sans doute Enthoven Jr. aimerait ajouter une pincée d'oligarchie dans sa recette de percepteur scolastique et ordonner que la loi du plus fort est toujours la meilleure. Enthoven Jr. substitue aux faits des intentions programmatiques assez inquiétantes. Il fait disparaître les faits derrière ses interprétations et c'est en quoi il est bien un petit nihiliste postmoderne disciple de Nietzsche (à sa sauce avariée).
6) "A force d'oublier ces distinctions essentielles" : peut-être parce qu'il projette d'embrasser la carrière d'humoriste (sur Arte? France Culture?), Enthoven verse dans l'humour involontaire. Enthoven Jr. se distingue par son absence de distinction. Jr. n'a rien distingué du tout. Il nous a diverti en lieu et place des fantomatiques distinctions invoquées. Il a passé son temps à faire semblant. Enthoven Jr. ne se rend pas compte que son jeu de dupes ne dupe que lui. "C'est la loi de la jungle" : qui est le roi de la jungle, entre Enthoven Jr. et Guillon? Le faux penseur qui divertit sans démontrer ou le vilain moqueur? Corrigeons Jr. sur sa phrase erronée : "A force d'oublier ces postulats et ces diversions essentielles." C'est mieux, mais c'est moins présentable.
7) "La chronique de Guillon relève du jugement de valeur sur un adultère" : c'est faux. Guillon se moque d'un travers connu de tous (DSK le coureur de jupons), qui ne peut qu'influer sur l'action politique de son auteur. Sortir avec une employée du FMI quand on en est à la tête n'est pas un acte anodin. Il donne lieu à des manipulations évidentes - dont la publication de cette affaire de moeurs. Par ailleurs, Guillon a le droit de faire du jugement de valeur sur un adultère puisque l'affaire a donné lieu à un scandale retentissant et embarrassant. Enthoven Jr. dit tout bonnement n'importe quoi. Serait-ce qu'il prend la défense de DSK parce qu'il a lui-même donné dans le scandale people en sortant avec Carla B., réputée maîtresse d'Enthoven Sr. le père, avant d'avoir un enfant avec le fils, puis, depuis, de devenir la femme de (du Saint Esprit)?
8) Après avoir versé dans le moralisme en citant Weil et en appelant au respect (comme les rappeurs capitalistes frustrés), Enthoven Jr. condamne sans ciller le moralisme de Guillon! Pour ce faire, il a recours à une dernière pétarade grotesque dans son feu d'artifices analogiques faussement logique et vraiment mouillé : il compare (encore!) le procureur Starr au chroniqueur Guillon. Une nouvelle fois : aucun rapport. Starr utilisait des moyens officiels et juridiques, qui se retourneront peut-être bientôt contre Guillon. Guillon est un trublion radiophonique, un clown du crique médiatique. Qui est le puissant? Qui détient le pouvoir? Guillon ou Starr? Guillon la guille dondaine s'est moqué de puissants, c'est très mal. La Cour le lui rappelle. On espère qu'aucune cour de justice ne s'en mêlera. Starr a exagéré sans aucun doute ses prérogatives, mais n'oublions jamais que Clinton a parjuré, ce qui est un délit officiel, et que cette affaire de sexe impudique a précédé de peu deux faits : la guerre de Serbie et l'abrogation du Glass-Steagal Act, qui encadrait la spéculation financière. L'ultralibéralisme est décidément pavé d'érotomanes et de jupons mités. La boucle est bouclée sur cette mascarade de comparaison, où Starr et Guillon ont à peu près autant à voir qu'un éléphant et un dauphin.
Afin d'éviter tout malentendu, précisons qu'Enthoven Jr. n'est pas un fan inconditionnel de rap hardcore. En conséquence, il ne mentionnait pas Joey Starr du groupe NTM, mais bel et bien Kenneth Starr, procureur zélé et hardcore de l'affaire NTL (Nique Ta Lewinsky). Quoi qu'il en soit, la qualité consternante de la réflexion d'Enthoven Jr. pourrait se résumer à sa dimension de démon people. Enthoven Jr. dit tout haut ce qu'une certaine frange de l'oligarchie pense tout bas. Cette gauche ultralibérale qui s'est alliée à la droite financière, Enthoven en est l'un des porte-paroles, notamment en compagnie de son complice Barbier le Barde, également surnommé Barbier le Barbare par les Antillais, mais aussi le Barde express - par les amateurs de chanson.
Ex people de Carla et défenseur people de DSK. Censeur people au nom de la démocratie. Définition du people : la pensée oligarchique au nom de la démocratie. Définition d'Enthoven Jr. : le nihilisme décadent au nom de la philosophie people. Travers inquiétant qui en dit long sur notre époque de tares. Enthoven Jr. s'est contenté d'asséner, de divertir et de cultiver, dans le sillage de son papa éditeur, de BHL et de Bruckner. Au moment de la crise, où l'on a le plus besoin de critique, de pamphlets et de contestations, de satires, Enthoven Jr. se lève pour censurer la critique dès qu'elle dérange. Enthoven Jr. joue le rôle d'un avocat du pouvoir, pour excuser ses dérives et ses mensonges. Au lieu de se concentrer sur les vrais problèmes, dont DSK serait une emblème, Enthoven nous divertit en s'en prenant à Guillon, qui est le prétexte à une mascarade de procès. Que l'on comprenne la démarche d'Enthoven Jr. le fauxlosophe, relais trouble d'une propagande dégénérée, dont le véritable moteur est l'atlantisme tardif et terminal et dont le sionisme n'est qu'un auxiliaire poussif. Ce qui caractérise l'idiosyncrasie de l'oligarque pris la main dans le sac : la fausse distinction. Le coup de force. Le clou de farce?

"Raphael Enthoven tacle Stéphane Guillon dans l'Express
Les chroniques de Stéphane Guillon sur DSK, Martine Aubry et Jean Michel Apathie n'ont pas fini de faire couler de l'encre. Chroniqueur à l'Express, l'ex de Carla Bruni Sarkozy s'en prend avec virulence au trublion.

Vous pouvez lire en intégralité la chronique de raphael Enthoven ci dessous :

On peut rire de tout, bien sûr. Mais il y a une différence entre rire de tout et se moquer de quelqu'un. Ceux qui l'oublient fabriquent de la censure en croyant célébrer la liberté. Quand l'humoriste Stéphane Guillon, sur France Inter, tout à l'unisson d'une opinion cannibale, s'éclate sur la "braguette rapide" de Dominique Strauss-Kahn, le "physique de petit pot à tabac" de Martine Aubry ou le "balai dans le cul" de Jean-Michel Aphatie, il parle non pas en homme libre, mais en censeur.

Le fait de brandir la "liberté d'expression" pour justifier les sketchs de Guillon n'a aucun sens; autant invoquer la liberté de mouvement pour se donner le droit de taper sur son voisin. On dit, à juste titre, que la liberté d'un individu s'arrête où commence celle de l'autre. Mais ce qui est vrai de la liberté d'entreprendre ne l'est pas moins de la liberté d'expression: de même qu'un libéralisme sans limite ressemble à la liberté du renard dans le poulailler, l'outrance de Guillon ressemble à la liberté du sniper à l'abri derrière sa meurtrière.

Dans L'Enracinement, la philosophe Simone Weil écrit: "La liberté d'expression totale, illimitée, pour toute opinion quelle qu'elle soit, sans aucune restriction ni réserve, est un besoin absolu pour l'intelligence." Elle ajoute un peu plus loin (et sans se contredire en rien) que "les publications destinées à influer sur ce qu'on nomme l'opinion ne doivent porter aucun préjudice illégitime à aucun être humain". En d'autres termes, il n'y a pas davantage de liberté sans loi qu'il n'y a de liberté d'expression sans respect. A force d'oublier ces distinctions essentielles, on en vient à confondre l'audace et la haine, l'insolence et les mauvaises manières, et c'est la loi de la jungle.

Pis, c'est le retour de la morale. Si, pour ne citer que lui, le directeur du FMI avait été mis en cause pour abus de pouvoir ou harcèlement sexuel, l'ironie serait légitime. Mais, en l'absence avérée de toute confusion des genres, de la part de DSK, entre la sphère publique et la sphère privée, la chronique de Guillon relève du jugement de valeur sur un adultère. L'Amérique avait le procureur Kenneth Starr, au temps de l'affaire Clinton-Lewinsky. La France a désormais Stéphane Guillon. Ce sont deux versions de la censure: l'une est officielle et inquisitoriale ; l'autre, plus sournoise, plus drôle, moins identifiable et donc plus dangereuse, porte le masque grimaçant d'un clown."

vendredi 3 avril 2009

Banque Américaine d'Enfumage

Quelques pistes et interrogations suite aux révélations de Fracassi.
On pourra lire en lien l'interview instructive du réalisateur de Zéro, le film consacré au 911 : Franco Fracassi. J'en cite le passage à mon avis le plus novateur. Je sais bien que certains se sont plaints que le mouvement Reopen avait été infiltré par des éléments de manipulation. On sait précisément que certains cercles financiers atlantistes, comme ceux dirigés par Soros, ont joué ce rôle pervers récemment. Mais Soros est habitué à la perversité depuis la Seconde guerre mondiale et son rôle atroce en Hongrie. L'on tente au nom de l'antisémitisme éculé de taire l'implication écrasante de certains éléments israéliens dans le 911. Si je dis que Mouloud m'a tiré mon blouson, est-ce que je suis raciste? Idem pour le 911, certains juifs et l'ensemble des juifs de la planète. Quant aux informations de Fracassi, elles ne font que corroborer le rôle d'iceberg tenu par l'Arabie saoudite. Si les Saoudiens ont financé le 911, c'est la preuve que la piste BAE dévoilée par LaRouche et son mouvement politique est la bonne. L'implication du prince Bandar aussi. Lui et sa femme ont financé indirectement certains des pirates présumés du 911. Pourquoi le prince Turki le chef historique des services secrets saoudiens a démissionné après le 911? Oublie-t-on que la nomination d'Oussama à la tête de la nébuleuse al Quaeda est une décision qui émane de Turki? Laurent dans son livre explosif explique aussi que suite à l'arrestation de Zubaydah, présenté à l'époque comme le numéro 3 d'al Quaeda, avant qu'il ne soit remplacé par KSM, trois princes saoudiens sont morts dans des circonstances tragicomiques, en plus d'un maréchal pakistanais. Mir express. L'ISI n'est pas triste dans cette affaire. Maintenant, si la piste saoudienne est approfondie, l'affaire BAE indique très clairement que ce sont les services de sécurité conjoints du Royaume-Uni, des États-Unis, d'Israël, du Pakistan et d'Arabie saoudite qui ont collaboré activement à la mise en place du 911. Voilà qui dévoile le vrai visage de l'Arabie saoudite. Côté pile : un royaume richissime en pétrole et en obscurantisme, patrie du wahhabisme; côté face, les alliés fantoches et inavouables des Américains, des Israéliens, du sionisme et de l'ancien colonisateur anglais. Fracassi a le mérite d'insister sur la piste saoudienne, en même temps que le défaut de cacher l'implication de certains services israéliens de sécurité. Comme de ne pas insister sur le fait que l'implication saoudienne montre seulement que les Saoudiens sont le relai émergé des factions financières occidentales. Ainsi que l'a expliqué à maintes reprises le chef d'État-major russe en 2001 le général Ivashov, ce sont les oligarques des cercles financiers occidentaux qui ont commandité et monté l'opération. Ils ont procédé via des circuits de financement occulte du terrorisme lié à l'affaire BAE. Ils ont utilisé au plus bas étage les alliés islamistes, soit les Pakistanais, qui contrôlent directement al Quaeda, et les Saoudiens, qui ont lancé les combattants arabes dans les montagnes d'Afghanistan.
Juste au-dessus, on trouve la marionnette sioniste, avec en particulier son incarnation territoriale israélienne. Il serait temps de signaler qu'une enquête devrait prendre en compte les rôles joués dans
le 911 par Kissinger, Greenberg d'AIG ou Buffett. Juste quelques questions, hein? Il serait temps de concevoir que les factions qui ont piraté les nations et les institutions américaines (la FAA, le NORAD, le Pentagone, la CIA, le FBI, le NRO...) ont opéré via la privatisation des services de sécurité et de renseignement décrétée par Reagan. C'est ainsi que Kissinger Associates, créé dans les années 80 de l'insouciance, s'est associé avant le 911 à Hakluyt, vénérable institution anglaise, ou à Mac Larty, entreprise américaine pointue, liée notamment à la Présidence sous Clinton. On mentionnera aussi la connexion avec Kroll Associates, reconnu comme le service de renseignement de Wall Street, qui était tenu par Greenberg Sr. et qui s'occupait de la sécurité des WTC 1 et 2. Kissinger est un proche ami de Greenberg. Dans les années 80, il travaillait pour le compte d'AIG en Asie. Greenberg a failli être nommé à la tête de la CIA. Il travaille avec certains anciens hommes d'action des services de sécurité israéliens (notamment). Dernier détail en passant : le fils de Greenberg Sr., Greenberg Jr., était le 911 à la tête de Marsh & Mac Lennon, une entreprise d'assurance, comme AIG la moribonde. Le vol 93 a percuté les bureaux de Marsh entre le 93 et le 99ème étage de la Tour Nord du WTC. Plus de 300 personnes travaillant pour cette compagnie sont décédées. Pas Paul Bremer, qui travaillait pour une filiale de Marsh dans la Tour Sud et qui fut nommé par W. administrateur de l'Irak entre 2003 et 2004. Bremer a beaucoup travaillé avec Kissinger, au Département d'État, mais aussi à Kissinger Associates. Kissinger le proche des intérêts Rockefeller fut pressenti pour diriger la Commission 2004 sur le 911, avant de se retirer, devant le tollé général et pour conflits d'intérêts. Marsh a racheté Kroll en 2004. Depuis, AIG et les Greenberg connaissent de sérieux ennuis judiciaires.
Enfin, en parlant d'étages, les derniers étages, non du WTC, mais du 911 : les oligarques atlantistes. Apatrides et putrides. Ils ont machiné le 911 pour lancer l'adaptation du monde mondialisé à l'effondrement systémique. Cette stratégie passe par la guerre contre le terrorisme, le NOM, la crise systémique actuelle, bientôt les slogans de plus en plus eugénistes et malthusiens, la peur écologique, le bouc émissaire Israël... J'extrapole? Pas de bol. En tout cas, Fracassi a le mérite (entre autres) de rappeler pour ceux, nombreux, qui n'ont pas compris la portée du 911, ce que signifie le 911 : le vrai visage du 911, quand on prend la peine de dérouler ce complot complexe et terrifiant, dévoile la face monstrueuse de l'Occident. Occident colonialiste, esclavagiste, impérialiste, diabolique et pervers. Occident si habitué à réussir ses coups tordus, Pearl Harbour, Opération Northwood (abandonnée), JFK, attentat WTC de 1993, 911, j'en passe et des meilleures, qu'il a oublié que prendre ses rêves/désirs pour des réalités équivalaient à disparaître. Chose faite. Plutôt : en train de se faire.

http://www.reopen911.info/News/2009/04/03/revelations-de-franco-fracassi-realisateur-de-zero-sur-le-financement-du-11-septembre/

"D.R. : Vous le rejoignez sur certains points. Visiblement, les tours ne se sont pas effondrées par la simple percussion des deux avions. Vous parlez d’explosions à la base des deux Tours…

F.F : Tout à fait, mais avant de l’affirmer, nous essayons de vérifier les preuves… Le film ne reconstitue que 5 % du travail d’investigation que nous avons mené. 95% de notre travail n’est pas montré dans le film. Nous avons mené un grand nombre d’entretiens pour vérifier ce que nous disons. Pour les tours en question, nous avons enquêté en vérifiant la version officielle. Nous avons rencontré un scientifique que l’on voit dans le film, qui a travaillé sur le rapport officiel publié par l’Administration américaine ensuite. Il nous a affirmé que le travail de la Commission était « faux » et qu’il avait été « manipulé ». Nous avons ensuite recherché des témoignages directs. Les témoignages sont importants dans l’élaboration de la vérité, parce que par définition, ces gens se trouvaient dans les tours… Les témoignages que nous relatons disent qu’ils ont vu d’autres choses dans les tours que ce que rapporte la version officielle… dont William Rodriguez [le portier principal de la tour nord qui sauva 200 personnes - Ndlr] qui a été désigné héros national par le gouvernement américain. Nous avons rencontré Steven Jones, un physicien reconnu qui a notamment élaboré la théorie de la fusion froide. Steven Jones s’est penché sur les tours et personne n’a écouté sa version des faits qui est très différente de la version officielle. Nous avons enquêté à Rome, dans un laboratoire qui mène des recherches sur la fission nucléaire. Nous avons rencontré des scientifiques internationaux qui étaient étrangers au 11 Septembre. Nous les avons interrogés sur le matériel officiel, les thèses validées par la Commission d’enquête officielle. Ils ont mené un vrai travail scientifique et nous ont livré ensuite leur interprétation, voilà les faits que nous livrons.

D.R. : Vous maintenez donc que des explosifs ont été placés sur la base des deux tours jumelles ?

F.F : Oui…

Sur l’attaque du Pentagone, vous rejoignez la thèse de Thierry Meyssan selon laquelle jamais aucun Boeing ne s’y est écrasé…

F.F : Oui. Sur les vidéos qu’a transmises le Pentagone, on ne voit aucune trace de débris d’avions… On ne voit rien. Mais nous sommes allés plus loin, nous avons enquêté sur le système de défense propre au Pentagone, qui a été pris au dépourvu ce jour-là, nous avons enquêté aussi, et on ne le voit pas dans le film, auprès de Barbara Honegger, une journaliste réputée aux États-Unis, c’est elle qui a mis à jour le scandale de l’Irangate notamment. Barbara Honegger travaille actuellement pour le Pentagone justement. Elle est responsable de la communication du Pentagone. Eh bien, Barbara Honegger a pu rencontrer, dans le cadre de son nouveau poste, tous les intervenants du Pentagone et elle a eu accès à tous les documents internes de la maison. Elle a eu accès à la propre enquête que le Pentagone a mandatée en interne sur cette attaque. Qu’a dit Barbara Honegger suite à son propre travail d’investigation ? Elle a dit que tout le monde s’est posé les mauvaises questions au sujet de l’attaque du Pentagone, car l’important n’était pas de savoir ce qui était tombé sur le Pentagone, un avion de chasse, un missile ou un Boeing, mais bien de comprendre ce qui s’était passé à l’intérieur même du Pentagone, ce qui n’est pas la même chose. Dans l’enceinte même du Pentagone, on le voit très bien sur toutes les vues aériennes du bâtiment, on voit qu’il y a cinq anneaux constitutifs en partant du centre du Pentagone. La « chose » qui a percuté le Pentagone a donc détruit les trois premiers anneaux, le 5ème, le 4ème, et le 3ème. Or, la plupart de ceux qui sont morts au Pentagone durant l’attaque ont été tués dans le premier anneau du Pentagone, ce qui n’avait rien à voir avec l’attaque.

D.R. : De quoi sont-ils morts alors ?

F.F : Toutes les horloges internes du Pentagone se sont arrêtées précisément à 9 h 32. Les horloges internes s’arrêtent automatiquement en cas d’explosion. Or l’impact sur le Pentagone est arrivé à 9 h 37, donc 5 minutes après. Tous les témoignages de gens qui se trouvaient alors à l’intérieur de l’ édifice ont ensuite relaté une odeur de cordite. Ce sont des témoignages concordants. La cordite est un matériel important qui intervient dans la fabrication des bombes. Et on retrouve chez certains témoins l’utilisation du terme « bombe » pour relater les faits. Les rapports internes du Pentagone parlent d’une bombe, mais pas le rapport officiel de la commission d’enquête.

D.R. : Sur les vidéos, on voit nettement Donald Rumsfeld, patron du Pentagone, faire « le brancardier »…

F.F : Eh oui (rires)… Car à ce moment précis, tout le monde ignore ce qui se passe dans le ciel, Rumsfled devait s’occuper de la défense du pays et on le voit aider à transporter les blessés… C’est ahurissant. Il aurait dû se trouver à un poste de commandement, et non devant le Pentagone à transporter les blessés. Brancardier, ce n’est pas son métier, si ?

D.R. : La thèse officielle parle de l’écrasement d’un Boeing d’une ligne régulière. Si ce Boeing ne s’est pas écrasé sur le Pentagone, qu’est-il devenu avec ses passagers ?

F.F : Je l’ignore. Cependant, jamais personne n’a vu les corps des passagers, même pas les familles des victimes. Les familles ont su qu’il s’agissait de leurs parents grâce aux tests ADN, mais à aucun moment ils n’ont eu accès aux corps des victimes. Les corps ont été reconnus grâce aux empreintes ADN, mais personne ne les a vus.

D.R. : Cet avion a bien existé ?

F.F : Oui, tout à fait. Les passagers ont bien pris cet avion. Qu’est-il devenu ? Je n’ai pas de réponse. Où est-il passé ? Sont-ils morts ? Ou vivants ?

D.R. : Vous parliez du système de défense du Pentagone, en théorie, aucun avion ne peut franchir une ligne invisible située autour du Pentagone…

F.F : Aucun avion ne peut transpercer cette ligne sauf si on l’autorise à passer…

D.R. : Vous ne parlez pas du 4ème avion qui s’est écrasé quelque part…

F.F : Non. Nous avons enquêté sur cet avion, mais il nous apparaissait compliqué d’intégrer de manière simple et lisible le scénario de ce 4ème avion. On s’aperçoit que le film fonctionne sans ce 4ème avion et qu’il dure déjà 1 h et 45 minutes…

D.R. : Vous parlez ensuite des terroristes. Vous affirmez que sur les 19 terroristes morts et présentés par le gouvernement américain, 6 sont encore vivants et vivent toujours au Proche-Orient…

F.F : Oui (rires).

D.R. : Si, officiellement, ils sont morts, ils ne peuvent pas être vivants !

F.F : (rires)…C’est vrai. Nous les avons retrouvés nous aussi, mais ils ont refusé de témoigner. On comprend pourquoi…

D.R. : Vous les avez rencontrés personnellement?

F.F : Ce qui est sûr, c’est qu’ils existent et qu’ils sont bien vivants. Nous en avons rencontré un précisément. Et cette personne, nous pouvons en témoigner, elle vit toujours. Les cinq autres ont été retrouvés par différents médias locaux qui ont témoigné de leur existence. On ne les a pas rencontrés, mais ils existent. C’est un fait.

D.R. : Visiblement, ces terroristes étaient connus et surveillés par les services secrets américains ?

F.F : Et en plus, ils faisaient tout pour ne pas se cacher… Si vous devez prendre un avion en otage, vous essayez d’être discret, non ? (rires). Leur comportement est pour le moins étrange. On a comme l’impression que ces gens-là ont tout fait pour se rendre visibles aux yeux du plus grand nombre, comme pour, a posteriori, justifier de leur existence. Comme s’il fallait que le public sache qu’ils ont réellement existé. Comme si leur existence entrait dans le cadre d’une histoire… C’est notre hypothèse.

D.R. : Al-Qaïda, d’après vous, n’a jamais existé en tant que telle. Cette organisation est la création des services secrets américains et anglais…

F.F : Beaucoup de gens croient en Al-Qaïda, ce n’est plus une fiction actuellement, c’est évident, mais l’organisation terroriste, celle dont nous parlent les médias, n’a jamais existé. C’est autre chose. Dans chaque pays, on trouve des mouvements terroristes. Chaque organisation travaille de son propre côté. Ensuite, elles revendiquent leur appartenance à Al-Qaïda, c’est un peu comme une franchise…

D.R. : Une sorte de « Benetton » du terrorisme ?

F.F : C’est un peu ça, oui. Il y a Al-Qaïda et tous les groupuscules qui se trouvent dans différents pays. Ces groupuscules se revendiquent ensuite d’Al-Qaïda, mais l’organisation terroriste en tant que telle n’existait pas.

D.R. : Ben Laden existe-t-il vraiment ?

F.F : (rires)…Oui, je peux dire qu’il existe, lui. Mais est-ce qu’il est encore vivant, ça, je l’ignore.

D.R. : Dans le film, vous dites qu’on ne le retrouvera jamais…

F.F : Tant que le mythe existe, on a des raisons de le combattre, oui. Reconnaissez que la façon dont lui et le Mollah Omar ont fui d’Afghanistan est plutôt comique, non ? Il aurait fui sur un cheval blanc et le Mollah Omar sur une mobylette… (rires).

D.R. : On sait que les services secrets français ont envoyé des messages d’avertissement, à l’été 2001, à leurs confrères américains. Un journaliste français, J. Dasquier [NdR: il s’agit de Guillaume Dasquié], a été placé en garde à vue pour avoir révélé cette information.

F.F : Tous les services secrets étrangers ont averti leurs confrères américains. Savez-vous même que les services secrets de l’Azerbaïdjan ont averti la CIA ? On se croirait dans le film Borat (rires…). Tout le monde savait qu’il y avait ce risque d’attentat, curieusement, sauf les services secrets américains.

D.R. : Combien de temps vous a pris la réalisation de cette enquête ?

F.F : Deux ans et demi.

D.R. : Qui a financé le film ?

F.F : Le film a coûté précisément 650.000 euros. Le film a été produit par une petite société indépendante que nous avons montée avec mon associé. Nous avons lancé une souscription en Italie qui a regroupé plus de 2000 personnes et donateurs. C’est grâce à cette souscription que nous avons pu financer le film. Le film leur appartient aussi. Tout cela est très contractuel.

D.R. : Vous utilisez Dario Fo comme narrateur principal…

F.F : Il est Prix Nobel de Littérature, quand même ! C’est une figure incontournable de la scène culturelle européenne et mondiale. Dario Fo est connu dans le monde entier. C’est pourquoi nous avons pensé immédiatement à lui, d’autant qu’il parvient à être très didactique, il met beaucoup de fougue dans ce qu’il dit. Il a beaucoup de talent… C’est un homme de théâtre très respecté.

D.R. : Que s’est-il passé lorsque vous avez recherché des distributeurs ?

F.F : Personne n’a voulu distribuer le film ! En Italie, nous avons démarché tout le monde, toutes les sociétés de distribution, du coup, nous avons dû créer notre propre société de distribution.

D.R. : Pourquoi personne n’a-t-il été intéressé ?

F.F : On nous a dit qu’on avait bien travaillé, mais… le sujet visiblement était trop brûlant… Curieusement, la société [Piemme – Ndlr] qui a acheté les droits de distribution en DVD en Italie est une société qui appartient au groupe Berlusconi. Alors que tous les médias du groupe Berlusconi nous ont attaqués lorsque le film est sorti… Paradoxal, non ? D’un côté, il nous attaque, de l’autre il vend le DVD…(rires), c’est incroyable, non ? Nous avons fait une émission sur La Cinq, une chaîne du groupe Berlusconi… mais il n’a pas voulu la diffuser… Allez comprendre (rires)…

D.R. : Votre film a été diffusé lors du Festival du cinéma de Rome ?

F.F : En 2007, oui. Notre film a été celui qui a accueilli le plus grand nombre de spectateurs ! En deux jours de vente de billets seulement, il a été complet. Trois autres projections ont été ajoutées pour accueillir toutes les demandes du public… La presse italienne nous a commentés, comme toutes les télévisions. Ensuite, le film a été présenté dans d’autres festivals d’Amérique latine, il a toujours été très bien accueilli.

D.R. : Et en France ?

F.F : Aucune grande société n’a voulu le distribuer. Du coup, la distribution est assurée par l’association Reopen911. Le tabou est plus grand ici, j’ai l’impression. La plus grande diffusion a été assurée en Russie et dans l’ensemble des anciens pays soviétiques. Puis au Moyen-Orient. On a même retransmis le film sur la première chaîne russe, la diffusion a fait tout de même 35 millions de spectateurs, un record pour cette chaîne ! Ensuite, ils ont vendu le DVD à des centaines de milliers d’exemplaires ! Dans le monde arabe, Al Jazeera l’a diffusé sur son antenne, le film a recueilli plus de 10 millions de téléspectateurs…

D.R. : Et aux États-Unis ?

F.F : (rires)…Le film est sorti en salle uniquement à San Francisco ! (rires). Le DVD est vendu uniquement à San Francisco, c’est comme ça. Il faut savoir aussi que iTunes a acquis les droits de sa diffusion Internet aux États-Unis.

D.R. : La France reste-t-elle imperméable aux thèses contestataires ?

F.F : Je ne sais pas pourquoi, parce qu’habituellement les journalistes français travaillent très bien.

D.R. : Au fond, personnellement, quelle est votre thèse, sachant que dans le film vous ne présentez aucune thèse?

F.F : À qui profite le crime? Ça, tout le monde s’en est rendu compte…

D.R. : Le complexe militaro-industriel américain?

F.F : Pas uniquement. Je ne pense pas que le 11 Septembre ait été organisé exclusivement par une organisation américaine ni par l’Administration américaine… Il y a beaucoup de gens et de sociétés dans le monde qui ont profité du 11 Septembre. Ce sont eux qui ont organisé ces événements. Ces gens et ces sociétés se trouvent en Amérique, bien sûr, mais aussi en Arabie Saoudite, en Angleterre, au Pakistan… Il ne s’agit pas précisément des pays, mais des intérêts privés, financiers, industriels, militaires ou économiques, agissant dans tous ces pays.

D.R. : Vous rejetez l’idée que le 11 Septembre serait une organisation des services secrets américains ?

F.F : Oui, pour moi ça ne tient pas, c’est autre chose. Probablement, il y a au sein des services secrets américains des gens qui ont participé à tout cela, oui. Dans l’Administration américaine, des gens ont certainement participé à cela, il y a aussi dans les milieux militaires américains, au Pentagone, des gens qui y ont participé, mais aussi dans d’autres services étrangers. Il faut savoir que l’argent ayant financé les attentats provient directement du gouvernement de l’Arabie Saoudite. Ils ont payé 10 milliards de dollars pour cela. Nous avons la preuve, nous avons les chèques, les traces bancaires, qui confirment tout ceci.

D.R. : Vous parlez de l’implication directe du gouvernement saoudien ?

F.F : Oui.

D.R. : À qui a-t-il versé cet argent ?

F.F : C’est là où les circuits se compliquent. On a retrouvé l’argent à la Bank of New York, mais il est bloqué par un procureur américain [Ndlr: Robert M. Morgenthau]. Ensuite, le maire de l’époque, Rudy Giuliani, intervient directement pour faire débloquer l’argent qui part vers l’Europe, on le retrouve sur le compte d’un citoyen allemand qui réside en Suisse, qui a un passé de nazi et qui s’est, depuis, converti à la religion musulmane, il possède même une banque en Italie. Vous voyez, tout devient complexe. Cet individu récupère l’argent saoudien en provenance de New York, puis le redistribue en partie en Bosnie, qui, à l’époque, est encore en conflit, et au Kosovo pour soutenir les mouvements de résistance islamiques. Une partie de cet argent va également en Afrique pour inonder d’autres mouvements terroristes. Enfin, une autre partie de cet argent retourne aux États-Unis, à Houston exactement, là où l’on retrouve la société Enron, qui sera au centre d’un énorme scandale financier. C’est de différents comptes bancaires d’Enron que provient l’argent qui est ensuite utilisé par les terroristes sur le sol américain [1] !

D.R. : Vous avez les preuves de ce que vous avancez ?

F.F : Nous avons la trace du passage de cet argent et des différents chèques émis, oui. Ce n’est pas une thèse, ce sont des faits prouvés.

D.R. : Des intérêts internationaux seraient donc au centre de cette manipulation. Mais concrètement, comment tout ceci se met-il en place ?

F.F : Des plans ont été concrètement rédigés et validés par ces gens depuis le milieu des années 90.

D.R. : Thierry Meyssan parle, lui, d’un complot strictement américain pour mettre la main sur le pétrole…

F.F : Ce n’est pas faux non plus. Mais ce n’est qu’une partie de l’ensemble. Pour comprendre toute la portée du 11 Septembre, il faut avoir une analyse globale. Le 11 Septembre n’est pas un événement strictement américain. C’est un événement mondial dont les répercussions sont internationales. Depuis le siècle dernier, on a eu seulement deux événements de portée mondiale et globale. Le G8 de Gênes, en juillet 2001, et le 11 Septembre en 2001. Ce sont deux choses complètement différentes, mais elles vont exactement dans le même sens. Elles contribuent à la même logique. Avec le 11 Septembre, on aboutit à une économie de guerre, au monde du terrorisme. {Avec] le G8 à Gênes, on aboutit à la fin du mouvement anti-globalisation. À Gênes, on a complètement ouvert les portes au marché et aux multinationales. Les multinationales n’ont plus aucune limite et elles parviennent à imposer leur propre idée du marché. Les deux événements sont liés puisqu’ils aboutissent finalement à la crise mondiale que l’on constate aujourd’hui.

D.R. : Cette crise n’est-elle pas, au fond, une bonne nouvelle pour repartir de zéro justement !

F.F : (rires)…Le monde ne fonctionne pas comme ça…

D.R. : Ça bouge au niveau des paradis fiscaux par exemple…

F.F : Le monde est plus compliqué que ça, je crois…

D.R. : Votre thèse nous amène à penser qu’à un moment donné, des gens issus de l’Administration américaine acceptent l’idée de sacrifier 3000 personnes sur leur propre sol…

F.F : Et d’après vous, qu’est-ce qui s’est passé à Pearl Harbor ? Où est le problème ? À Pearl Harbor, c’étaient des Japonais, à New York, ce sont des Arabes… tout simplement. Si vous passez une annonce dans un journal quelconque « recherche volontaires pour tuer 3000 personnes contre des milliards de dollars et le pouvoir mondial absolu »… Pensez-vous que vous ne trouverez personne pour répondre favorablement à votre annonce ? Il faut faire tomber nos propres tabous. Beaucoup de gens n’ont rien à faire du décès de 3000 personnes ! Plus de 5000 soldats américains sont morts en Irak ! Des centaines de milliers d’Irakiens sont morts ! Des dizaines de milliers de soldats américains sont morts au Vietnam ! Qui s’en soucie? Jusqu’à preuve du contraire, aucun parent de la famille Bush n’est mort en Irak… À partir du moment où aucune personne proche de ces gens n’est tuée sur place, ils n’en ont rien à faire !

D.R. : Votre objectif aujourd’hui ?

F.F : Nous voulons, avec ce film, ouvrir la pensée des gens, apprendre à recommencer à penser librement sans barrières. Les médias ont arrêté de penser sur le 11 Septembre et ils ont entraîné avec eux l’ensemble de la population. Il faut donner des clés, des éléments précis et réels, pour que les gens se remettent à réfléchir. Chaque personne est différente, chacun peut avoir son libre arbitre par rapport à notre film, c’est normal, mais il ne faut plus s’arrêter de penser. Pour cela, il faut des éléments concrets, des preuves. Ce film apporte des éléments. En ce qui nous concerne, nous travaillons sur un sujet qui est la conséquence du 11 Septembre.

D.R. : Quel sujet ?

F.F : Nous travaillons sur Al-Qaïda. Nous menons une enquête sur le mouvement de Ben Laden. Nous espérons avoir les moyens financiers pour mener à bien cette enquête.

D.R. : L’association ReOpen911 milite pour une réouverture de l’enquête sur les attentats de New York. Qu’en pensez-vous ?

F.F : J’aimerais qu’il y ait une enquête honnête et indépendante, mais, au fond de moi, je doute qu’il y en ait une un jour… Je crois que la vérité serait si terrible à assumer qu’elle pourrait détruire nos propres sociétés. La crise actuelle ne serait rien comparée au traumatisme que causerait cette vérité. Car elle remettrait en cause notre modèle de société. La vérité serait terrible, je crois. D’un côté, je redoute le moment où l’opinion publique apprendra cette vérité, d’un autre côté, il faut qu’elle sorte ne serait-ce que pour les victimes, puisque nous sommes tous les victimes du 11 Septembre. Je suis une victime du 11 Septembre, vous êtes une victime aussi… (rires)"


Bouba coeur de pierre

"Concernant les derniers évènements à Gaza, je crois personnellement que lorsque des organisations comme le Hamas bombardent pendant des années le territoire d’Israël, elles suscitent forcément des réactions d’Israël et exposent les populations palestiniennes à des représailles. Ce qui est irresponsables et très dangereux.
Concernant Israël, je le vois et l’admire comme un pays en pleine expansion et qui a d’énormes ­possibilités grâce à l’intelligence de sa population, surtout quand on voit comment le pays a mis en valeur ses terres, en comparaison aux terres de ses pays voisins… Israël est l’expression même de l’homme livré à la nature. D’où l’importance à mes yeux, de la connaissance et de l’intelligence humaine."
Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris, entretien à SVP Israël, le guide israélien du tourisme et des affaires (N°22).

mercredi 1 avril 2009

L'accident de l'Occident

Les gens d'Occident ne sont pas à la hauteur de leur devoir de préservation et de perpétuation de leur civilisation. J'entends par civilisation l'expression d'un ensemble religieux homogène et non la sortie de la religion qui est implicite dans les écrits de certains savants fous de l'Occident mondialiste. Les masses de plus en plus laborieuses et chômeuses cherchent tous les moyens pour se divertir, au sens pascalien, et sont incapables d'affronter la fin du système occidental. Se divertir quand on va crever, fallait y penser!
Système immanentiste. Système libéral, communiste, laïc, démocratique, capitaliste, mondialiste... Le système immanentiste décline ses attributs à n'en plus finir. Le système désigne autant une constitution politique qu'une mentalité d'ordre religieux. On peut la retranscrire en termes ontologiques, puisque l'ontologie est l'expression rationnelle du religieux révélé. Que dirait-on d'un passager du Titanic qui réfuterait l'accident inévitable sous des prétextes futiles et dérisoires? Qu'il n'est pas capable de comprendre? Qu'il a été formaté pour ne pas comprendre? Dans le cas de l'Occidental, celui-ci peut d'autant moins comprendre qu'il a été formaté par une mentalité consistant à seulement imiter et à ne jamais créer.
Dans cette logique de pensée, il est impensable de créer, d'innover, de différencier. Seul compte celui qui répète le plus servilement, le mouton académique, celui qui ne saurait sortir du système au sens où l'on ne sort pas la tête de l'eau. Quand on a intégré ce mime de pensée, on répète un raisonnement typiquement absurde et dégénéré, selon lequel il est impossible de sortir du système. Le système est immuable et éternel.
Système : si l'on entend par ce terme le système humain, alors il est effectivement impossible pour un homme de sortir du système. Mais si l'on entend de manière plus plausible et lucide le système politique, philosophique, culturel et religieux de type occidental, alors il est mégalomane et stupide d'estimer que ce modèle occidental ne peut disparaître. Etre ou disparaître, là est la question. Je sais bien que dans l'euphorie de la chute du Mur, après 1989, l'inénarrable Fukuyama, croyant sans doute l'homme débarrassé de la chute biblique, a posément expliqué que l'histoire était terminée et que désormais nous vivions une sorte d'éternité post-systémique. Dans son versant belliqueux, le défunt et peu regretté Huntington expliqua sans sourciller que le summum de la civilisation était incarnée par l'Occident - et que la civilisation musulmane n'était pas adaptée à l'heure actuelle pour rejoindre ce modèle supérieur d'excellence.
Dans tous les cas, les penseurs inscrits dans la lignée de l'immanentisme, les penseurs occidentaux depuis Spinoza, sont persuadés de la supériorité du modèle occidental, singulièrement de leur modèle de pensée. Cette constatation ne signifie pas que leurs raisonnements soient sans valeur, mais que la pensée philosophique est indexée à l'Occident. Et quand l'Occident passera la main?
Ce jour est proche. Le déclin de l'Occident est si palpable qu'il n'est plus seulement une lubie comme à l'époque de Spengler. Le déni des populations a beau se décliner en multiples prétextes, le déclin est là. C'est la crise, mais c'est bien plus que la crise. N'oublions jamais que nous avons eu le 911, qui est l'annonce que le système s'effondre. Le 911 est dans l'esprit de ses concepteurs/commanditaires la tentative désespérée de conjurer l'effondrement de l'Occident. C'est en voulant éviter cet effondrement que les expérimentateurs délirants du 911 ont accéléré et précipité la chute (au sens biblique). Tu parles d'une fin de l'histoire! Ironie de l'histoire : un peu comme avec le cas Œdipe, qui pour éviter de coucher avec sa mère et de tuer son père s'empresse de coucher avec sa mère et de tuer son père.
Pour éviter l'effondrement systémique, une seule solution : l'effondrement systémique. Est-ce ce qu'on appelle un impair? Impair de pair? Ceux qui ne parviennent à concevoir la fin du système parce que cette fin est quasi aussi inconcevable que leur mort personnel, ces nigauds du divertissement et du festif tremblent à présent de rage face au réel. Face à la réalisation de leur horizon impossible? En ces moments troubles où le navire s'écroule, les coups de sang, les pétages de plomb et les sueurs glaciales augmentent de fréquence. Il est inacceptable d'envisager l'inévitable impossible. On se raccroche aux moindres recoins du système, sans se rendre compte que la crispation encourage le délitement. Le déni aussi. C'est en refusant l'évidence que l'on accrédite le plus l'évidence.
Revenons à Fukuyama. Notre universel penseur serait un médiocre expert du système ultralibéral de phase terminale s'il n'était terriblement emblématique de la mentalité progressiste qui prévaut en Occident. Fukuyama n'est pas un conservateur pur et dur. C'est un modéré, qui se présente explicitement comme partisan du soft. Le soft power de Brzezinski - encore un autre penseur universel? C'est dans ces rangs de la pensée académique et prestigieuse que se recrutent les zélateurs du système. Cette voix exprime le ventre mou. Les progressistes soft veulent faire progresser le système.
C'est leur titre de gloire et la preuve personnelle qu'ils sont bons, généreux et altruistes. De ce fait, leurs nobles motivations sont plus avouables que les fins conservatrices. Les conservateurs explicites avouent généralement qu'ils poursuivent la quête de leur intérêt personnel, qui se résume en gros à l'enrichissement et au bien-être. Raison pour laquelle les penseurs se réclament tant du progressisme alors qu'ils n'en sont pas (comme dirait Proust). Penser, c'est faire progresser le système, en tout cas depuis Marx et consorts.
Cette mentalité implique que toute motivation collective ou politique disparaisse pour laisser place à la seule considération de l'intérêt privé. En termes ontologiques, c'est cette implacable et consternante réalité, le nihilisme. Nihilisme : individualisme. L'individualiste n'est jamais individualiste. Il est altruiste, mais seulement altruiste en termes d'intérêts privés. Il est individualiste altruiste. Parfois, son altruisme individualiste prend la forme d'un hédonisme de bon aloi. On a l'air subversif et contestataire, alors qu'on ne fait en faits que renforcer et conforter le système.
Rien d'étonnant au succès massif et éclatant de l''hédoniste Onfray. Rien d'étonnant non plus à sa métamorphose de caractériel ombrageux en être boursoufflé, dont les seules préoccupations résident dans la culture mesquine de l'égotisme affligeant. C'est cela, l'hédoniste. L'hédoniste exprime le système nihiliste qui a remplacé une bonne fois pour toutes les motivations politiques par le privé. Summum du nihilisme : comme Onfray, avancer que le politique coïncide avec sa négation, soit avec le petit plaisir personnel. C'est ainsi que l'histrion de la philosophie antichrétienne et subversive se trouve édité par le moins subversif et le plus institutionnel des éditeurs, l'ami intime de BHL, excusez du peu, le ponte de la bienpensance parisianiste, hédoniste et spinoziste, le sieur Jean-Paul Enthoven.
Quand on ne discerne plus que des buts privés et individuels, quand la mentalité individualiste vous a tellement imprégné que vous êtes inconsciemment persuadé du bien-fondé d'une assertion délirante comme la vanité de tout but d'ordre collectif, que tout ce qui n'est pas d'échelle individuelle est voué à l'échec, alors vous êtes mûr pour appartenir à la caste des Occidentaux privilégiés qui se prélassent tandis que le navire coule.
Les Occidentaux terminaux, qui croient incarner la perfection de l'Occident, sont aussi ridicules et ubuesques qu'un passager du Titanic qui cinq minutes avant le naufrage théoriserait pompeusement sur l'impossibilité logique, ontologique, métaphysique, esthétique, voire religieuse (s'il n'est pas athée) que son superbe navire coule. Il est impossible que le Titanic coule : il est impossible que l'Occident s'écroule. Il est impossible que le capitalisme soit en faillite. Il est impossible que le libéralisme soit fini. Il est impossible que l'immanentisme soit mort.
On parie?

C'est quoi, ça?

"Vraiment oui, de la conscience à un Turc !"
Molière, Les Fourberies de Scapin.

En me rendant sur le site Alterinfo, j'apprends que le directeur de la publication de ce site Internet subit des ennuis judiciaires assez sérieux. Rions un bon coup. Tendons le cou. Zeynel Cekici, c'est son nom. C'est quoi, ça? Il a fait quoi? Il a violé une grand-mère sans défense? Pire que ça, il est accusé d'antisémitisme. Antisémitisme? Tête de Turc! Heureusement que notre homme n'est pas Saoudien, sinon je m'extasierais. Rendez-vous compte : un Sémite accusé d'antisémitisme! Oyez, oyez, bonnes gens : que diable ce Turc de Cekici allait-il faire dans cette galère?
Je visite régulièrement le site d'Alterinfo et je n'ai jamais rien lu de répréhensible ou de choquant. Sec ici. Alors, venons-en aux faits. Cekici, il est pédophile? Zoophile? Pornophile? Dans une époque où l'on peut télécharger librement des films de cul dégénérés, violents et sataniques, notre pervers Cekici est accusé d'antisémitisme... Gare au gorille! Bientôt, les singes seront antisémites! Les poules auront des dents. Cekici sera un ET dégénéré. En attendant, pas sûr que ce soient les putatifs antisémites qui soient les ânes de la fable. Moi, j'aime bien Alterinfo. J'ai tout faux. J'ai la mauvaise info. L'idée d'un portail Internet de l'information alternative me plaît. Ca change des matrices de la presse officielle. Des stéréotypes et des discours de propagande. C'est ça, antisémite?
Après tout, Internet pour le meilleur, c'est la liberté d'expression et de ton qui devrait être encouragée... Banco! Pour le pire, je crois bien que c'est la tentative de moraliser et de censurer Internet. Pas le nouvel antisémitisme d'Internet - et autres fadaises pour cerveaux retournés par la phobie de la pédophilie. L'arrière-cour de la Cour. L'espace d'échange, d'expression et de communication le plus innovateur est sans doute trop peu formaté pour ne pas susciter les velléités de contrôle règlementaristes appliqués aux médias traditionnels. On veut formater l'espace d'Internet avant de formater l'espace intergalactique. Tout espace qui sauve l'espèce est un danger potentiel pour les espèces?
Les médias classiques sont contrôlés. Ils dispensent une parole de liberté censurée et formatée. Ils plongent tel un joueur de football mesquin dans le spectre dérisoire de l'accusation d'antisémitisme. Qui n'est plus antisémite parmi ceux qui ont le malheur de contester l'Occident? Quand se rendra-t-on compte que l'accusation infamante d'antisémitisme sert à protéger l'Occident, soit le ventriloque d'Israël? Que les Juifs se passeraient bien de pareils avocats? On est antisémite quand on critique l'Occident. Crime de Cekici : avoir osé critiquer l'Occident. Cekici est-il d'Occident ou d'Orient? Un Occidental oriental ne critique pas l'Occident. Il fait des mauvais sentiments. Des mauvais centimes.
Le Tibet, la Chine, la Tchétchénie, la Géorgie... Résultat des courses (au trot) : les premières victimes sont les Juifs que l'on prétend défendre. Cekici, s'il te plaît, fais pas ton Juif! Perversité, quand tu nous tiens : Cekici du ghetto de Mulhouse. Un jour, l'antisémitisme ne voudra plus rien dire, sera un vocable disqualifié car trop souvent utilisé, comme l'histoire du berger chez Esope qui crie au loup pour s'amuser et que plus personne ne secourt quand pour de bon le loup montre le bout de son nez carnassier. Faut dire déjà que l'antisémitisme au sens étymologique ne veut pas dire grand chose. C'est un peu comme si l'on accusait d'antioccidentalisme quelqu'un soupçonné de propos antifrançais.
Moralité : cessez d'accuser d'antisémitisme les contestataires, car les antisémites existent bel et bien, eux. Cessez d'instrumentaliser l'antisémitisme, car la Shoah a eu lieu, elle. Au nom des vraies victimes, cessez la victimisation. Au nom des Juifs, cessez l'antiantisémitisme. En ce moment, maudits procéduriers, en harcelant le riche Cekici, vous lui accrochez une nauséabonde étoile au revers de son veston. Par pitié, offrez-lui un kebab! Chiche! Qu'on enterre la hache de la discorde et qu'on se fende la gueule!
Les arguments du même tonneau sentent le frelaté. Le vinaigre. A force de sombrer dans le hors sujet comateux, plus personne ne mordra à l'hameçon des antiantisémites amatueurs, au sens où l'on parle d'antiracistes professionnels. On considérera le propagandiste BHL à l'image du Dray antiraciste compulsif. Touchez pas à ma montre! Remettez les pendules à l'heure! Hein, Foucault?
Maintenant, le texte : cela tombe bien, je ne l'ai pas lu. L'ignorance m'évitera les préjugés. Il est aberrant de reprocher à un portail d'information alternative d'avoir laissé passer un article qui pourrait être antisémite. A ce compte, on attaque tout le monde surtout la bonne foi, à moins de s'en tenir à une ligne d'une telle prudence qu'elle frise la censure. C'est peut-être là le problème : confondre antiantisémitisme et censure. Après tout, n'est-ce pas ce que fait la presse officielle, qui ne critique plus et se contente d'égratigner, en prenant bien soin de ne pas toucher aux lignes de pouvoir et de s'en prendre aux méchants désignés par le pouvoir? Les mafieux, les violeurs, les pédophiles : la médiocrité s'en tient aux sujets privés. Pas de politique, pas de critique, pas de religion.
Le titre de l'article que je n'ai pas lu parle de lui-même : "L’impérialisme du capital juif". Moi, je comprends : l'auteur énonce que le capital juif est impérialiste ou pourrait montrer des signes allant en ce sens. En aucun cas, il n'est dit que le Juif est impérialiste ou capitaliste. Que tous les capitalistes juifs sont impérialistes. L'accusation de racisme, soit d'antisémitisme selon l'appellation impropre en vigueur, ne tient pas la route selon le titre. Si l'on avait une formule du style : "L'impérialisme du capital français", eh bien, il coulerait de source que l'attaque n'est ni raciste, ni dirigée contre le peuple français.
Ca suffit, les clowns! Stop aux clones! Face à ce faux débat, à cette parodie de morale, on a savonné la planche (à billets) : Internet est le véhicule du nouvel antisémitisme. La rengaine est bien connue. Au passage, elle émane d'un penseur comme Pipes, qui propage des idées proches des néoconservateurs et de W. De l'extrême-droite? Je laisse juge sur la dérive de l'Occident : après Pipes, c'est maintenant la presse généraliste faussement gaucho qui s'empare de la formule. Désemparés, Barbier de Séville. L'Express au galop : avouez qu'il y aurait de quoi verser dans le jeu de mots. Le feu de maux.
En tout cas, l'attaque contre Alterinfo et son directeur antisémite exprime bien les tentatives de contrôle que les groupes médiatiques officiels aimeraient opérer face à un outil d'expression qui les dépasse et qui a l'insigne mérite d'opposer la critique véritable face à leur critique encadrée et encartée. La fausse critique enrage face à la vraie critique. La fausse innocence face à la vraie. Rien n'est plus insupportable pour un escroc que le spectacle de l'honnêteté outragée.
Critique de propagandiste professionnel. Au lieu de (dé)bloquer sur les défauts d'Internet, matons les errances d'Alterinfo. On pourrait aligner les arguments qui montrent (aussi) ses vertus, en particulier le fait que la ligne idéologique qui y est dispensée ne se retrouve nulle part ailleurs dans les médias officiels. Nul par ailleurs. Ligne antisioniste, en gros. Mais l'on sait que Pipes et les censeurs travestis en antiantisémites aimeraient que l'antisionisme soit assimilé à de l'antisémitisme.
Et l'antisémitisme devenu un délit fait le lit... Cekici honore sans doute, dans tous les sens du terme, les premiers plâtres de la salve répressive. Il a le mérite de personnaliser une critique qui touche au tabou de notre époque : la critique d'Israël. Mazette! Gazette! Gaza! Je sais bien que le sujet est sensible et complexe, mais la bêtise ne fait rien à l'affaire. Dans le traitement que Cekici subit, et dans le procès qui l'attend, la bêtise a frappé. Toujours en premier. Les premiers seront les derniers, il faudra l'expliquer à Barbier. Je suis désolé, mais Barbier à mes oreilles, ça sonne creux comme Barbie. Pas le tortionnaire nazi, hein, mais la poupée. Gonflable, il va sans dire. Barbier, il fait pschitt. Il se défgonfe en prenant le parti du plus fort.
Il croit que l'Histoire se répète, mais ce sont les principes qui se répètent. Les injustices ne touchent pas toujours les mêmes. Heureusement ou malheureusement? Barbier, un nom qui en dit long sur sa mouture démocratique : la censure. Arrête ta tirade, Barbier. C'est Cekici qui a le rôle principal. Tu veux jouer les jeunes premiers, mais tu n'as pas la carrure. La gueule de l'emploi. Tu incarnes le censeur démocratique censurant au nom de la démocratie.
J'aimerais quand même qu'on se souvienne que dans notre époque trouble, Barbier le directeur direct de l'Express ou BHL le chroniqueur chronique du Point ont pu écrire des formules atroces à propos des massacres de Gaza, de la guerre juste d'Israël... Face aux mastodontes normaliens, normal que ce soit le petit Cekici qui trinque : il est musulman. Cekici qui rince. Qu'il grince! Le temps ne fait rien à l'affaire : on s'en prend toujours aux faibles, aux démunis, aux opprimés. «Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir».
Pas besoin d'en dire plus sur le sujet et sur la justice de notre temps, au sens platonicien du terme. Pas de chance, Cekici n'est pas aussi bien vu en cour que Barbier, et c'est ce qui explique ses tracasseries. Cekici serait-il le Juif de son temps, au sens où l'on a persécuté les Juifs du fait de leur religion ou de leur culture? Cekici serait-il un Dreyfus? Un martyr? Un Juste injustifié? Qui est juste : le puissant ou l'honnête? Qui est bafoué? Qui est brimé? A-t-on jamais contemplé une crapule martyrisé?
Cekici d'Internet victime de la censure. La censure d'Occident. La censure libérale. Le centaure de la censure. Que Cekici se souvienne que la roue tourne, surtout celle du jugement! Cekici sera réhabilité comme toutes les victimes et les humiliés. L'erreur est de croire que le pire châtiment est d'être condamné. Demandez à Fiodor. Le pire est de ne pas l'être. Surtout quand on a fauté. Crime et châtiment. Con et damné. L'erreur crasse? L'erreur qui casse?
Expliquer finalement que les déboires d'Alterinfo sont dus au manque de professionnalisme journalistique d'Internet. L'expression de journalisme amateur est particulièrement mal choisie. Car elle laisse penser qu'Internet n'est que la pâle copie des journalistes professionnels qui s'expriment dans les médias officiels. La norme résiderait dans le journalisme. Tout faux!
Tout au contraire! Les ennuis de Cekici sont emblématiques d'une nouvelle forme d'expression, que l'on tente de bâillonner parce qu'elle dérange. Tout ce qui dérange mérite attention. Ce qui dérange porte l'évolution. Révolution. Internet vieillit le journalisme. Internet détruit les journalistes comme porte-paroles de la pensée officielle. Internet interne les journalistes dépassés. Internet vaut mieux que le journalisme, qu'on se le dise! Internet supplante le formatage, l'amalgame, le stéréotype, le mimétisme, le copié-collé. Internet est original et créatif, et c'est cette évidence que l'époque sclérosée ne saurait endurer.
Vite! Un procès! Vite! Des tracasseries! De la procédure qui dure! Du longtemps! Le temps ne conserve que la qualité. L'académisme? L'arrivisme? Les perroquets? Les lèche-bottes en touche? Les tordus droits dans leurs bottes? Un exemple : la vérité sur le 911 bat en brèche la version officielle. C'est dérangeant. Terriblement irritant pour ceux qui aimeraient enterrer le scandale et assurer l'héritage de l'Occident occis. Une question : les mensonges dispensés dans l'assassinat de JFK auraient-ils été possibles avec Internet? Sans Internet, qui serait au courant pour le 911?
Internet est une tempête de liberté dans un monde de vent. Éventez la fausse liberté! Il est normal que les censeurs essaient de bâillonner la voix sans maître. Que les pionniers de l'information non journalistique, que les amateurs de la matrice tiennent bon : on ne peut rien contre la vérité. On ne peut rien contre la vanité. Contre les amatueurs du journalisme. Les professionnels tueurs à gages. La vérité engage. L'Avé ripé en rage. Et si l'on objectait qu'il faut combattre les calomnies, les propos haineux, les intolérances, les outrecuidances, Internet la Maléfique, je répondrai posément que la plus sûre réponse tient dans l'argumentation. Pas dans la procédure judiciaire. La censure. Sang sûr. Les propos imbéciles se détruisent d'eux-mêmes. Nul besoin de détruire Internet pour s'en prendre à l'imbécilité!
A ce compte, à quand la disparition de la presse officielle sous prétexte qu'elle aurait menti une ou deux fois? A quand l'apologie de l'amalgame et des procès en sorcellerie? Raison pour laquelle Cekici mérite notre soutien et notre respect : le procès d'Alterinfo n'est pas le procès d'Internet. Il est le procès des médias officiels, méthodes de propagande, méthodes de contrôle, méthodes de censure, travesties sous les atours séduisants de la tolérance, la liberté, l'antiracisme... Que Cekici tienne bon : on a toujours tort d'avoir raison. Et si l'on doutait de ce paradoxe évident, en voici un autre : nul n'est prophète en son pays. Cekici le Turc français. Le musulman démocrate. L'étranger étrange. C'est ça qui dérange?