dimanche 20 septembre 2009

Clonaldo



J'ai lu dans un numéro de Sport et Vie une intervention du docteur Jean-Pierre de Mondenard, rare spécialiste du dopage honnête (donc marginalisé) sur ce sujet, qui expliquait que le football était aussi contaminé que le cyclisme (et que tout sport médiatique) en matière de dopage. Pis, les dopeurs avaient toujours au moins un wagon d'avance sur les antidopeurs, si bien que le produit que l'on recherche ne risque guère d'être détecté, sauf chez les mauvais dopés (exemple notoire de Ben Johnson lynché et de Carl Lewis repêché aux JO de Séoul je crois). Une photo de Cristiano Ronaldo était montrée en exemple consternant, un Cristiano aux muscles intercostaux bodybuildés et surdéveloppés, avec un faciès glacé surhumain. Aujourd'hui qu'on en est aux techniques dopantes génétiques, ce genre de résultat n'est guère étonnant. Il est terrifiant : au lieu d'un sport professionnel sain et honnête (les valeurs sportives officielles), on subit l'inverse, miroir déformant - le sport professionnel comme reflet d'une société impérialiste et hypocrite, corrompue et perverse. Des athlètes qui consentent aux sacrifices par amour de leur sport, par talent et aveuglement, puisqu'ils sont les sacrifices humains d'une méthode impérialiste et libérale (LOL) qui tue ses meilleurs produits de référence. Les athlètes sont traités comme des esclaves, des objets de consommation, dont la carrière est éphémère et l'espérance de vie de plus en plus réduite aux attentes d'exploits. Ils foncent dans le piège diabolique de la peau de chagrin, en troquant leur vie contre quelques années d'adulation artificielle et destructrice. On susurre que Cristiano serait homosexuel, fêtard, superficiel... Au juste, je me fiche de ces rumeurs, à une époque où la mode des footballeurs brésiliens semble osciller vers la consommation conjointe de cocaïne et de prostitués travestis. Je remarquerai seulement que Cristiano Ronaldo porte le nom du meilleur footballeur brésilien depuis Pelé, le célèbre Phénomène*, autre dopé notoire (dénoncé par un médecin brésilien de la CBF qui a depuis dû démissionner pour avoir dit la vérité). Cette mode du double identitaire recoupe le clonage scientifique, dont on sait qu'il est fort proche du dopage génétique. Ronaldo est un nom qui ne meurt jamais en terre plate de ballon rond. Un peu comme Charles Quint régnait sur un empire au-dessus duquel le soleil ne se couchait jamais, Ronaldo est une marque de footballeur qui coure vite, frappe fort et réalise des prouesses techniques. Seule restriction dans ce jeu de dupes : la dépréciation qualitative évidente. Alors que Ronaldo était un génie, sauf pour les aveugles amateurs de ZZ, Cristiano n'est déjà plus qu'un faux génie, soit un très bon footballeur à l'égo aussi surdimensionné que des qualités intrinsèques sont surévaluées. A l'heure des bulles qui explosent, voici une bulle sportive qui a déjà explosé en Coupe du monde et dont on réalisera la perversité évidente dans les années qui viennent, singulièrement depuis le retentissant transfert-record de la bête de concours au Real de Madrid : les objets sont singuliers, a fortiori quand ce sont des êtres, et y compris quand ils sont clonés.

* accusé par Pelé de consommation de cocaïne et pris sur le fait en compagnie de prostituées travestis (depuis, un travesti toxicomane est décédé)

"La seule chose qui me gêne, c'est quand moi je joue mal. Heureusement, ça arrive rarement."
"J'ai encore un long chemin à faire. Je veux vraiment ré-écrire l'histoire du football, entrer dans la légende. Je suis conscient que je suis déjà parmi les meilleurs joueurs du monde mais je veux continuer à écrire des pages encore plus belles."
"Je n'ai rien à envier à Messi. Et puis je ne me compare pas aux autres. Je suis Cristiano Ronaldo - et figurez-vous que je peux gagner plus de trophées que quiconque, je ne me repose pas sur mes lauriers."
"Les supporters veulent voir un grand joueur, j'essaie de ne jamais les décevoir."

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